Robin Frijns (BMW) : « Nous avons construit une voiture pour la course »

Leader du championnat du monde d’Endurance avant les 24 Heures du Mans, BMW M Team WRT a confirmé son excellente forme en décrochant la pole position avec Dries Vanthoor et une place en deuxième ligne grâce à Robin Frijns. Quelques heures avant l’Hyperpole, le Néerlandais s’était confié à Endurance24 sur les ambitions du constructeur bavarois et les progrès apportés à la BMW M Hybrid V8.

Les signaux étaient déjà au vert avant même le début de l’Hyperpole. Rapides lors de la Journée Test puis des essais libres, tout en veillant à rester sous les radars, les BMW M Hybrid V8 ont confirmé leur potentiel jeudi soir avec la pole position de Dries Vanthoor sur la n°15 et la quatrième place de Robin Frijns sur la n°20.

Quelques heures auparavant, le pilote néerlandais expliquait pourquoi BMW avait fait le choix de privilégier la performance en course plutôt que la vitesse pure sur un tour.

Vous arrivez ici au Mans en tant que leader du championnat. Est-ce que cela ajoute une pression supplémentaire au moment d’aborder une telle course ?

Robin Frijns : « C’est une bonne chose, car cela prouve que nous avons fait du bon travail jusqu’à présent. Mais pour moi, cela reste un événement normal. Pour tout vous dire, je ne pense à notre statut de leader que lorsqu’on me pose la question, comme maintenant ! Le reste du temps, pendant les séances ou la semaine de course, je n’y pense pas du tout. Le Mans est une course à part, séparée du reste du monde. C’est l’épreuve que tout le monde veut absolument gagner, et c’est aussi celle qui distribue le plus de points. Si nous repartons du Mans en ayant conservé notre position de leader, alors nous aurons accompli une excellente opération. »

Mercredi, l’Hyperpole ne semblait pas être votre objectif prioritaire. Pourquoi ce détachement face aux qualifications ?

« Évidemment, on préfère toujours s’élancer le plus haut possible sur la grille. Mais pour être honnête, en fin de compte, je ne m’en soucie plus vraiment. Lors des deux dernières courses, nous nous sommes qualifiés dans le top 10. À Spa, nous avons même réussi à nous imposer en partant de la 11ème place. La position sur la grille ne fait pas tout en endurance. »

© FIA WEC / DPPI

 

Comment faire la différence face à la concurrence ?

« Si nous avions la recette magique, la vie serait bien plus facile ! Énormément de facteurs peuvent influencer les résultats d’une voiture. Il est certain que cette chaleur va avoir un impact, mais dans quelle proportion ? Impossible de le savoir à l’avance. Tout le monde est dans le même bateau et roule dans les mêmes conditions. On verra des voitures souffrir un peu plus que d’autres. Mais si on regarde ce qui s’est passé à Spa, nous étions en difficulté lors des essais libres et des qualifications. Pourtant, le jour de la course, il a fait plus chaud et notre voiture fonctionnait soudainement beaucoup mieux. J’espère que nous connaîtrons le même scénario ici au Mans. »

Quelles sont les principales différences sur la voiture par rapport à l’année dernière ? On sait que vous disposez d’un nouveau package « Evo ».

« Généralement, nous étions plus forts en qualifications l’année dernière et les saisons précédentes. Il était plus facile de décrocher une bonne position ou des points le samedi avec l’ancienne configuration. Mais BMW et le team se sont concentrés sur la construction d’une voiture typée pour la course. Nous faisons de l’endurance : c’est bien d’être rapide sur un tour au départ, mais si vous n’avez pas une base solide et constante pour la course, c’est très difficile de tenir la distance. La voiture est aujourd’hui plus agréable et plus saine à piloter, elle a une bien meilleure fenêtre de réglages pour les longs relais. Nous avons sacrifié un peu de performance pure en qualif pour gagner en constance en course. Si c’était à refaire, je signerais pour exactement le même choix. »

« L’objectif était le top 5 »

Quelques heures plus tard, Robin Frijns a finalement hissé la BMW M Hybrid V8 n°20 à la quatrième place de l’Hyperpole, juste derrière la Cadillac n°12 et l’Alpine n°35

« L’objectif était d’être dans le top 5 et au final nous sommes quatrièmes. Cela signifie que nous sommes un peu à l’écart de la jungle du départ, ce qui est une bonne chose. Mes temps au tour étaient assez loin de ce qu’ils auraient dû être. Je n’étais pas vraiment satisfait de mes tentatives en Hyperpole 2. Je ne suis pas là où je devrais être, donc nous devons comprendre où nous pouvons encore progresser pour la course. »

Une analyse lucide qui illustre bien l’état d’esprit du clan BMW : satisfait d’avoir placé ses deux voitures aux avant-postes, mais déjà focalisé sur l’essentiel, les 24 heures qui les attendent samedi.

Benjamin Siret