Richard Verschoor : « Je veux être une vraie force pour McLaren »

Nouveau venu dans le monde de l’endurance cette saison, Richard Verschoor découvre le LMP2 au volant de l’Oreca n°30 du Duqueine Team, qu’il partage avec Doriane Pin et Giorgio Roda. Le Néerlandais, qui prépare en parallèle l’arrivée de McLaren en Hypercar en 2027, revient pour Endurance24 sur une saison d’apprentissage et sur son ambitieux double programme.

Passé par la Formule 2 et habitué au format sprint, Richard Verschoor a dû tout réapprendre en basculant vers l’endurance cette année. Un apprentissage accéléré dont il mesure aujourd’hui les fruits : « Étant nouveau dans l’endurance, ma courbe d’apprentissage a été vraiment importante. Je suis très content de la saison que je fais en LMP2. Ça n’a pas toujours été simple de s’adapter à la voiture, mais en ce moment, ça se passe très bien. Il me reste du travail sur la gestion du trafic, mais je pense que ça s’est bien passé aujourd’hui. »

Cette montée en puissance s’accompagne d’une dynamique d’équipe qu’il juge précieuse au sein du Duqueine Team, engagé dans la lutte pour le titre en LMP2 Pro/Am aux côtés de Doriane Pin et Giorgio Roda : « Si on regarde notre progression depuis le début, l’équipe a fait un très bon travail, chapeau à Duqueine et à toute l’équipe. En interne, tous les pilotes tirent dans le même sens, avec Doriane et Giorgio. On veut tous le meilleur pour l’équipe, et je pense qu’on peut y arriver. On est dans le coup, on est dans la lutte pour le championnat, ce sera notre objectif, mais on sait aussi qu’il reste des choses à améliorer. »

© Bruno Vandevelde / MPS Agency.

Un podium qui s’envole à Imola

Les 4 Heures d’Imola aura pourtant offert un condensé des joies et des frustrations de l’endurance. En quête d’un troisième podium consécutif cette saison, l’équipage de la n°30 pensait tenir son affaire. Après un incident en début de course impliquant Giorgio Roda, coûteux d’un tour, la voiture a su profiter d’une Safety Car pour revenir dans le match. « Le rythme était en fait très bon, plus fort que ce qu’on attendait nous-mêmes », souligne Verschoor. « Doriane a fait un super boulot, elle est revenue en P6. J’ai pris le relais en P6. On a fait une bonne stratégie, j’avais un bon rythme pendant mon relais, et on est remontés jusqu’en P3. »

Mais un problème d’embrayage lors d’un arrêt a réduit ces efforts à néant : « Ça nous a fait perdre beaucoup de temps à l’arrêt. Toutes les voitures qu’on avait doublées dans les deux heures précédentes nous sont repassées devant. J’étais vraiment frustré, parce qu’on a gâché un podium potentiel, qui était vraiment à notre portée je pense.

Ce n’était pas simple non plus avec les pneus, on a dû les faire durer très longtemps. Mais encore une fois, je pense qu’on a fait une stratégie superbe cette saison, on l’a fait toute l’année, y compris au Mans, donc l’équipe peut en être fière. Maintenant, il faut qu’on trouve comment éviter ce genre de souci, comme cet embrayage, parce qu’au final, ça nous a coûté la course. »

© McLaren

Cap sur McLaren et l’Hypercar en 2027

En parallèle de son programme ELMS, Richard Verschoor travaille au développement du futur programme Hypercar de McLaren, qui fera son entrée en WEC en 2027. Une mission qu’il aborde avec enthousiasme : « C’est très agréable de travailler avec eux, c’est un environnement très professionnel. On pousse fort pour préparer la voiture et toute l’équipe pour 2027. McLaren participera au WEC, et Le Mans sera notre grand objectif, donc pour l’instant tout est question de préparation. Honnêtement, je suis très impressionné par la façon dont l’équipe travaille déjà, même si c’est une nouvelle structure, ça se passe vraiment bien. »

Conscient que son avenir au sein du programme dépendra des choix de la marque de Woking, le Néerlandais entend se rendre indispensable : « C’est à eux de décider de ce qui se passera pour mon avenir. Mais je fais de mon mieux, et je veux être une vraie force pour McLaren. »

Reste que le passage à l’Hypercar représente un changement de paradigme complet pour un pilote formé à l’école du sprint en monoplace : « Il y a beaucoup plus de choses à maîtriser sur une Hypercar que sur une LMP2, ou que dans le sprint auquel j’étais habitué. Il y a beaucoup d’aspects différents que je dois encore apprendre, mais je suis très motivé pour le faire, et je ne pense pas qu’il y ait meilleur endroit que McLaren pour ça. Ils ont les meilleurs éléments dans l’équipe, et on le sent vraiment à chaque essai qu’on fait. Pour moi, en tant que pilote, c’est la position idéale. »

Florian Defet

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club