Quelques heures avant que Ferdinand Habsburg ne place l’Alpine A424 n°35 en tête des qualifications des 24 Heures du Mans, Nicolas Lapierre se montrait déjà satisfait des progrès réalisés par le constructeur français lors de la Journée Test. Nouveau package aérodynamique, hiérarchie difficile à décrypter et stratégies de course : le directeur sportif d’Alpine Endurance Team s’est confié à Endurance24.
L’optimisme affiché par Nicolas Lapierre dimanche à l’issue de la Journée Test n’était visiblement pas usurpé. Mercredi soir, Ferdinand Habsburg a confirmé les progrès de l’Alpine A424 en signant le meilleur chrono des qualifications Hypercar en 3:22.742, offrant à l’équipe française une place de choix avant l’Hyperpole.
Quelques jours plus tôt, le directeur sportif d’Alpine Endurance Team expliquait déjà que les évolutions apportées à la voiture avaient permis d’atteindre les objectifs fixés par l’équipe, notamment en matière d’équilibre aérodynamique et de comportement.
Qu’avez-vous pu observer lors de la Journée Test avec ce nouveau package, notamment concernant le train avant ? Est-ce que cela apporte les effets escomptés ?
« Pour l’instant, clairement, on est dans la zone où on voulait être. Le ressenti du pilote est plutôt positif par rapport à ça. On a vraiment recentré le comportement de notre voiture, c’était l’objectif. Ce package aéro nous a apporté ce qu’on attendait, en tout cas dans les conditions dans lesquelles on a roulé dimanche.
Maintenant, il faut vraiment confirmer cela avec une piste qui va se gommer un peu plus et des températures qui vont évoluer. Il faudra voir aussi ce que ça donne de nuit, mais globalement, on est assez satisfaits des évolutions jusqu’ici. »
De manière plus concrète, comment se matérialise cette amélioration dans le retour des pilotes ?
« C’est un changement de balance aérodynamique suivant les phases du virage. Pour ne pas être plus spécifique, c’est simplement plus de grip aux endroits où il nous en manquait. »
D’un point de vue de la vitesse pure, avez-vous le sentiment d’être là où vous souhaitez être ?
« Pour l’instant, c’est honnêtement difficile de tirer une vraie hiérarchie. On a du mal à voir ce que font les autres. Il y a eu beaucoup de pneumatiques différents qui ont été utilisés pendant la Journée Test. Comme on n’est pas limités en nombre de pneus lors de cette journée, il est compliqué de savoir ce que les autres ont réellement chaussé.
Nous, ce qui est sûr, c’est qu’on s’est concentrés sur notre voiture. On a obtenu l’évolution et la balance que l’on attendait. Je pense qu’à partir des essais libres, on aura une idée un peu plus claire de notre position. Après, il y a toujours des voitures qui trouvent du rythme en course, donc il reste un point d’interrogation. Mais entre mercredi et jeudi, on devrait déjà avoir une vision plus précise de la hiérarchie. »
Vous disposez tout de même des données GPS et des vitesses de pointe. Avez-vous l’impression que certains concurrents cachent leur jeu ?
« C’est sûr. Après, “caché”, ils sont surtout sur différentes stratégies de consommation d’essence. Il y a pas mal de stratégies possibles ici et c’est ce qui rend cette course aussi intéressante.
De notre côté, ce qui est certain quand on compare nos chiffres à ceux de l’an dernier, c’est qu’on a progressé. On voit clairement que sur beaucoup de zones d’accélération et en vitesse maximale, on a fait un pas en avant conforme à nos attentes. Donc là-dessus, on est satisfaits. »
Entre la consommation, les pneus et les températures, cette édition s’annonce particulièrement stratégique. Est-ce quelque chose que vous allez explorer davantage cette semaine ?
« Oui. Alors ce n’est pas une possibilité de tripler les relais, il faut le faire ! L’allocation pneumatique ne permet pas de ne faire que des doubles relais. Il faudra forcément tripler à certains moments.
Et puis on l’a vu l’an dernier, certaines équipes faisaient 12 tours, d’autres 13 tours par relais. Cela explique aussi les différences de vitesses de pointe parce que certaines voitures faisaient davantage de lift and coast que d’autres.
Cette année, on a également une gamme de pneumatiques dont les fenêtres d’utilisation se recoupent beaucoup plus. L’an dernier, c’était très défini. Là, on voit le pneu dur entrer davantage en jeu et une répartition Medium/Soft beaucoup plus variable selon les équipes. Stratégiquement, cela ouvre beaucoup plus de possibilités. »