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À l’occasion de la reprise du championnat à Austin, Mathieu Jaminet dresse le bilan de mi-saison du programme Genesis. Le pilote français de la GMR-001 n°19 revient sur les enseignements du début de saison, le travail réalisé cet été et les axes de progression identifiés tant sur le plan technique qu’opérationnel.
Pour sa première saison en Hypercar, Genesis a déjà inscrit ses premiers points en WEC, à Spa, grâce à la n°17 sœur d’André Lotterer, Pipo Derani et Mathys Jaubert, 8e. Au Mans, seule la n°19 de Mathieu Jaminet, Paul-Loup Chatin et Daniel Juncadella avait rallié l’arrivée, en 13e position, la n°17 ayant abandonné après 16 heures de course sur casse de suspension. La n°19 n’a de son côté pas encore marqué de points, mais affiche une belle dynamique en qualifications : à São Paulo, Mathieu Jaminet avait hissé la Genesis à la 6e place de l’Hyperpole, à seulement trois dixièmes de la pole position.
Quel bilan tirez-vous de cette première partie de saison ?
« Globalement, le bilan est positif. On a rencontré des soucis de jeunesse, ce qui n’est pas surprenant d’un point de vue fiabilité aussi tôt dans un programme, mais on n’a pas eu de vraies mauvaises surprises. On a pu montrer à certains moments de plutôt belles performances, et on voit qu’on se rapproche du groupe de tête, en tout cas du milieu du paquet, course après course. Ça, c’est hyper positif.
Malgré tout, on a encore de grosses lacunes dans certains domaines, et il faut travailler très dur : en six mois, tu ne rattrapes pas deux, trois, quatre saisons d’expérience des autres équipes. Il va falloir mettre les bouchées doubles sur cette deuxième partie de saison pour continuer à réduire l’écart, parce que les premiers pas sont toujours plus faciles à faire. C’est comme pour un pilote : être dans la seconde, c’est facile, mais dans le dernier dixième, c’est là que ça devient extrêmement compliqué à aller chercher. C’est un peu la même chose au niveau de l’équipe : maintenant, on entre dans le cœur du sujet, où il faut trouver la performance et exécuter à un haut niveau pour obtenir des résultats. Et ça, ça demande d’autres compétences, d’autres qualités, et beaucoup de travail. »
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Vous évoquez des lacunes : dans quel(s) périmètre(s) se situent-elles précisément ?
« Pour nous, la voiture est nouvelle, donc on commence tout juste à l’identifier vraiment. Un doute que j’avais depuis le tout début, c’est la capacité à absorber les bosses et les vibreurs : ça a clairement l’air d’être une de nos faiblesses. À l’inverse, on semble plutôt à l’aise dans les virages rapides et moyens-rapides, on l’a vu au Mans, et sur d’autres circuits qu’on a roulés.
Sur les bosses, avec en plus la chaleur ici, il peut y avoir de la dégradation au niveau des pneus. C’est un point sur lequel on doit travailler, à la fois sur le châssis et sur les systèmes, pour améliorer la gestion de cette dégradation. Là-dessus, on sait qu’on est encore bien derrière et qu’il y a du travail. »
Concernant la fiabilité, où vous situez-vous après ce début de saison ?
« Pour São Paulo, on a essayé, comme toujours, de travailler à la fois la performance et la fiabilité. On ne peut pas être au four et au moulin. Sur la fiabilité, on a fait de beaux progrès : au Mans, puis à São Paulo, les deux voitures ont fini sans souci technique majeur, une première cette année. Je pense que la fiabilité sur des courses plus courtes devient un sujet un peu moins prioritaire à l’heure actuelle, parce qu’on est désormais capables de rouler plusieurs heures sans trop de soucis techniques. C’est top. Maintenant, le focus de cette deuxième partie de saison va naturellement se porter sur la performance, puisqu’on sait qu’on est capables d’aller au bout. »
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Ces lacunes se corrigent-elles au niveau de la structure de la voiture, ou est-ce davantage lié à votre expérience et votre ressenti de pilote ?
« De mon expérience, il y a des choses qui se corrigent sans faire de grosses évolutions matérielles. C’étaient déjà des faiblesses identifiées sur ma précédente voiture, en 2023 notamment. Il y a eu du travail fait via des jokers, bien sûr, mais on peut aussi progresser énormément sans en utiliser. Aujourd’hui, on a des outils à disposition, comme les bancs dynamiques (7-post rig), qui permettent vraiment d’améliorer le contrôle et le châssis de la voiture. Et pour tout ce qui concerne le freinage ou l’amélioration de la gestion pneumatique, ça relève du système : c’est développé en interne, et là-dessus on est assez libres de construire notre propre logiciel, qui fonctionne plutôt bien. Sans révolutionner la voiture, on peut déjà corriger de bons points noirs, trouver de la performance, et faciliter le pilotage pour se sentir plus constant. »
Le test privé organisé cet été au COTA est-il un vrai avantage en vue de ce week-end ?
« Je pense que c’était hyper important. C’est la première fois qu’on a pu réellement tester sur un tracé que l’on va ensuite retrouver en course. Il y avait bien eu un test à Imola, mais compliqué par la météo, et le prologue avait des objectifs différents. On a fait deux jours qui se sont globalement bien passés : je dirais que c’est le test le plus abouti qu’on ait eu jusqu’à présent dans le programme, notamment sur le plan opérationnel. On a aussi pu clairement identifier, ou confirmer, deux ou trois lacunes de la voiture sur lesquelles on avait déjà des doutes.
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Ce week-end, j’espère qu’on va pouvoir se rapprocher du top 10 de manière régulière. En qualifications, on n’était pas trop mal ces deux dernières courses. En revanche, on a pêché un peu en rythme de course, en partant devant pour reculer ensuite. Si on arrive à se qualifier autour de la 5e-8e position, à faire une course propre, sans erreur opérationnelle, et à tenir cette place, ce serait une petite victoire. »
Avez-vous des objectifs clairs, pas nécessairement chiffrés, pour cette deuxième partie de saison ?
« Honnêtement, pas vraiment, à part celui de continuer à progresser. Comme on le dit depuis le début de saison, on fait de petits pas chaque week-end, et il faut continuer comme ça jusqu’à la dernière course. J’espère que ça va se poursuivre ce week-end, puis à Fuji, tant qu’on avance petit à petit et qu’on se rapproche du top 10, voire du top 5. Ça voudra dire qu’on travaille à peu près correctement. »