Magnussen (BMW) : « C’est le niveau où on veut être, et on veut le maintenir »

À la veille des premiers tours de roue du Lone Star Le Mans, les pilotes BMW M Team WRT René Rast et Kevin Magnussen ont dressé le portrait d’un week-end texan qui s’annonce brûlant à tous les sens du terme, entre chaleur écrasante et enjeux de championnat.

À cinq points seulement de Toyota au classement constructeurs grâce à deux victoires, BMW M Team WRT aborde le Lone Star Le Mans avec la conviction qu’un titre mondial Hypercar est à sa portée. Mais avant même le premier tour de roue, c’est un tout autre sujet qui occupe les esprits du côté de l’équipe belge : la chaleur annoncée sur l’ensemble du week-end à Austin.

La chaleur, sujet numéro un

Impossible d’évoquer ce Lone Star Le Mans sans parler du thermomètre. René Rast ne s’y trompe pas : « Il fait clairement très chaud dehors. La météo sera clairement un facteur clé. Il y a différentes stratégies possibles en termes de gestion des relais. On peut soit doubler les relais, doubler les pilotes, soit faire des relais simples pour chaque pilote. Ça dépend vraiment de la façon dont on se sent dans la voiture. Si la voiture est difficile à conduire, en plus de la chaleur, on vise probablement des relais simples. Si elle est plutôt agréable à conduire et qu’il y a une bonne fenêtre, alors on peut peut-être doubler. »

© Drew Gibson

Sur le potentiel de la BMW M Hybrid V8 à Austin, l’Allemand refuse également de s’avancer : « En 2024, c’était un bon circuit pour nous. On était assez compétitifs ici. L’année dernière, on l’était beaucoup moins. Donc on verra. Évidemment, on espère pouvoir se battre pour un bon résultat, mais rien n’est acquis. Il faut vraiment attendre les EL1 pour voir où on en est. »

Un paramètre joue toutefois en sa faveur selon lui : « Je pense que les conditions plus chaudes conviennent un peu mieux à notre voiture. On l’a vu lors de plusieurs courses cette saison. Chaque fois qu’on a eu des conditions plus chaudes, notre voiture performait un peu mieux. Donc on ne sait pas encore ce que ça va donner dans ces conditions de forte chaleur ici. »

« L’autre aspect clé, c’est la voiture elle-même. Dans ces conditions de forte chaleur, la voiture souffre beaucoup aussi — pas seulement le pilote, mais toute l’équipe également. Pour les arrêts aux stands, il faut s’assurer que tous les mécaniciens soient bien hydratés et bien reposés pour la course. Il y a donc beaucoup d’aspects qui s’ajoutent au stress habituel de la course. »

© Andrea Lorenzina / DPPI

Même son de cloche du côté de Kevin Magnussen, victorieux à Sao Paulo avec Raffaele Marciello et Dries Vanthoor, qui pointe un facteur technique appelé à peser lourd sur la course : « Le pneu dur. Je pense qu’on n’a pas toujours été très fans de ce pneu, mais avec ces températures, il va entrer en jeu. Et je pense qu’il va falloir bien gérer les pneus. Maintenant, toutes les équipes ont moins d’énergie disponible dans les voitures, ce qui veut dire que les relais vont être légèrement plus courts. Ça a donc un effet sur la durée pendant laquelle on peut rester en piste, et sur le nombre de fois où il faut s’arrêter aux stands pendant la course. » Le Danois anticipe ainsi « au moins plus d’arrêts aux stands, mais sans avoir plus de pneus » à disposition.

Maintenir la dynamique

Sur le plan sportif, l’ancien pilote de Formule 1 affiche une certaine sérénité : « Il le faut. C’est le niveau où on veut être et on veut le maintenir. Bien sûr, il va y avoir des hauts et des bas. Notre saison a été très solide. BMW a gagné deux courses, et ce n’est pas un championnat facile où gagner des courses. Donc quand un constructeur gagne deux courses, on sait que ça se passe bien. Je pense qu’il faut juste essayer de continuer, essayer d’être réguliers et essayer de gérer une bonne position au championnat. »

Florian Defet

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club