Inter Europol renoue avec la victoire au terme d’un final maîtrisé aux 4 Heures de Spa

Après une première moitié hachée par les voitures de sécurité, la deuxième partie des 4 Heures de Spa-Francorchamps s’est jouée sans la moindre interruption, laissant les pilotes décider seuls de l’issue. Inter Europol Competition en a profité pour renouer avec la victoire en LMP2, tandis qu’AF Corse s’est imposé au bout d’une lutte acharnée en Pro/Am.

Depuis la relance qui a suivi la mi-course, la voiture de sécurité n’est en effet plus intervenue jusqu’au drapeau à damier, permettant aux équipages de faire enfin la différence sur le chronomètre plutôt qu’au fil des arrêts aux stands. C’est Inter Europol Competition qui en a le mieux profité, avec une victoire qui met fin à une longue disette pour l’écurie polonaise : sa dernière victoire remontait au Castellet, en 2024, soit plus de deux ans d’attente – aussi surprenant que cela puisse paraître au regard de son palmarès aux 24 Heures du Mans, où l’équipe a réalisé le doublé cette année. Le trio formé par Tom Dillmann, Nick Yelloly et Jakub Smiechowski, qui évolue sur un tout nouveau châssis réclamé par les pilotes eux-mêmes avant les 4 Heures d’Imola, a ainsi initié une toute nouvelle dynamique en s’imposant en Belgique.

C’est pourtant Vector Sport qui abordait la dernière heure en tête, avec l’équipage de l’Oreca n°10 formé par Pietro Fittipaldi, Vlad Lomko et Ryan Cullen. Mais lors de la dernière salve d’arrêts aux stands, le choix d’Inter Europol Competition d’embarquer moins de carburant – réduisant d’autant le temps passé à l’arrêt – a permis à Tom Dillmann de ressortir en tête et de gérer sa consommation jusqu’à l’arrivée. Le Français a franchi la ligne avec 3,3 secondes d’avance sur Vector Sport, auteur d’une course sans le moindre accroc.

Dans la lutte pour le titre, les points de la troisième place, décrochée par Forestier Racing by Panis et son équipage mené par Esteban Masson, comptent double : la voiture a écopé de 5 secondes de pénalité pour un unsafe release lors du dernier arrêt.

Les leaders du championnat, l’Oreca n°22 de United Autosports, avaient pourtant réalisé un excellent début de course, parfaitement relayés par Griffin Peebles, Gregoire Saucy et Ben Hanley. Mais l’équipage a payé, quelques heures plus tard, un rebondissement survenu à 15h24 : au freinage de la dernière chicane, l’Oreca n°88 avait perdu le contrôle et traversé la piste, menaçant de percuter la n°22 alors engagée dans la lutte pour la tête de la catégorie. En évitant le contact, l’équipage United Autosports avait cédé plusieurs positions, au bénéfice de Vlad Lomko et de Vector Sport, ainsi que d’Oliver Gray sur la n°29 de Forestier Racing by Panis. Un scénario qui a fini par coûter le podium à United Autosports, cinquième à l’arrivée, derrière la pole position de l’Oreca n°18 d’IDEC Sport, confiée à Valerio Rinicella, Jamie Chadwick et Laurents Hörr.

© Kristof Vermeulen / MPS Agency

Comme Inter Europol Competition, AF Corse a su reprendre la tête de sa catégorie dès la relance qui a suivi la dernière voiture de sécurité, plaçant l’Oreca n°83 aux commandes du LMP2 Pro/Am. Matthieu Vaxiviere a dû ensuite contenir le retour de Louis Delétraz sur l’Oreca n°99 d’AO by TF dans le dernier relais. À deux minutes du drapeau à damier, le Suisse revient dans l’aspiration du Français dans la ligne droite de Kemmel, mais un ultime blocage de Vaxiviere provoque le contact : Delétraz part en tête-à-queue. L’Oreca n°20 d’Algarve Pro Racing de Malthe Jakobsen hérite ainsi de la deuxième place, tandis que Delétraz retombe au troisième rang. Sur la ligne d’arrivée, c’est donc Matthieu Vaxiviere qui l’emporte, associé à Antonio Fuoco et François Perrodo.

© Bruno Vandevelde / MPS Agency.

En LMP3, Rinaldi Racing s’est imposé avec la Ligier n°5 de José Fernandes Cautela, Alvise Rodella et Mikkel Gaarde Pedersen, qui creusent encore l’écart en tête du championnat. La Ligier n°17 de CLX Motorsport termine deuxième, devant la Duqueine n°85 de R-ace GP, pourtant partie en pole position.

© Kristof Vermeulen / MPS Agency

En LMGT3 enfin, c’est GR Racing qui savoure : la Ferrari 296 GT3 Evo n°86 signe la première victoire de la structure de Michael Wainwright depuis 2015. L’équipage, composé de Wainwright, Mex Jansen et Lorcan Hanafin, avait opté pour une stratégie différente de la majorité de ses rivaux, permettant au Britannique de ressortir en tête de son dernier arrêt aux stands. Il a ensuite résisté au retour de la Porsche 911 GT3 R n°77 de Proton Competition, l’emportant avec 2,772 s d’avance. La Mercedes-AMG n°62 de Team Qatar by Iron Lynx, avec le Belge Maxime Martin à son bord, complète le podium.

Une course marquée par cinq interventions de la voiture de sécurité, toutes concentrées dans la première moitié de l’épreuve.

Rendez-vous à Silverstone du 11 au 13 septembre pour la suite de la saison 2026 de l’European Le Mans Series.

Classement des 4 Heures de Spa

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Florian Defet

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club