© Bruno Vandevelde / MPS Agency
Champion LMP3 Pro de la Michelin Le Mans Cup en 2025, engagé cette saison en European Le Mans Series avec R-ace GP, Hugo Schwarze a déjà un pied chez Toyota Racing en tant que pilote de simulateur officiel. À tout juste 20 ans, qu’il fêtait vendredi, jour de notre entretien, l’Allemand s’affirme comme l’un des grands espoirs de l’endurance. Rencontre.
C’est une blessure au hockey sur gazon qui pousse Hugo Schwarze vers le SIM racing, avant qu’une première expérience en karting fin 2021 ne révèle une vitesse naturelle. La suite s’enchaîne à un rythme effréné : vice-champion du championnat junior Ginetta dès 2023, top 10 en GB3 pour sa première saison en monoplace en 2024, puis le titre en Michelin Le Mans Cup dès 2025. La suite, on la connaît.
Champion en titre de la Michelin Le Mans Cup en LMP3 Pro avec R-ace GP, Hugo Schwarze a franchi un cap cette saison en s’attaquant à l’European Le Mans Series avec la même équipe, mais deux nouveaux coéquipiers : Fabien Michal et Pierre-Alexandre Provost.
« L’an dernier, j’ai construit des fondations solides avec R-ace GP, et c’était bien de pouvoir continuer dans un championnat supérieur, » s’est-il confié à Endurance24. « C’est assez exigeant : les courses de quatre heures sont plus complexes en termes de stratégie. Mais ça se passe bien, le rythme a toujours été là. J’ai signé la pole à Barcelone avec cinq dixièmes d’avance, et le rythme de course a toujours été très bon. Nous sommes troisièmes du championnat et je suis convaincu que nous pouvons finir dans le top 3. Évidemment, l’objectif est de gagner. »
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Le passage de la Le Mans Cup à l’ELMS a nécessité une adaptation : « L’an dernier, le rythme pur était le facteur décisif pour gagner les courses. En Le Mans Cup, la qualification compte énormément parce que les courses sont plus courtes. Maintenant, avec un pilote bronze dans la voiture, ça change complètement la donne. Parfois, tu montes dans la voiture après avoir signé la pole, et tu es troisième à la fin du relais. C’est ça l’endurance, et honnêtement, j’adore ça : il y a plus de multitâche, plus de concentration exigée du pilote. »
Unique Duqueine D09 du plateau face aux Ligier JS P325, la n°85 évolue dans une position singulière sans être encore parvenue à ouvrir le compteur de victoire de la D09 en ELMS.
« C’est difficile de dire quelle est la différence exacte entre les voitures. L’an dernier, nous avions un super rythme de qualification mais nous manquions un peu de rythme de course. Cette année, c’est exactement l’inverse : nous avons plus de mal en qualifications, mais en course, nous sommes très forts sur la gestion des pneus. Pourquoi ? C’est une excellente question, nous ne le savons pas. Être la seule Duqueine a des avantages et des inconvénients : nous avons toute l’attention de Duqueine, mais pas la possibilité de développer autant la voiture que s’il y avait plusieurs équipes. »
Au-delà de son programme ELMS, Hugo Schwarze cultive une relation aussi privilégiée que discrète avec Toyota, dont il est pilote de simulateur officiel. « Ils sont basés à Cologne et j’y vis aussi, donc c’était une bonne combinaison. J’y suis plusieurs fois par semaine pour les aider à développer leurs voitures de course et leurs voitures de route performantes. »
Selon nos informations, l’Allemand travaille sur l’ensemble des programmes de la marque, aussi bien concernant le développement de la nouvelle GT3, que l’Hypercar. Une école exceptionnelle pour un pilote de son âge : « LMP3 est une super voiture et l’ELMS un super championnat. Mais travailler avec des ingénieurs Hypercar et GT3 du plus haut niveau, et développer ma propre voiture, ça m’apprend énormément, notamment sur la mise au point. »
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Cette collaboration s’est concrétisée en piste cette année avec un programme sur la Nordschleife, couronné par une première participation aux 24 Heures du Nürburgring au volant d’une Toyota GR Supra GT4 EVO2 : « C’était ma toute première course de 24 heures. Nous étions quatrièmes à 1h20 de l’arrivée quand notre différentiel a lâché. C’était très décevant, surtout après une longue nuit quasiment sans sommeil, alors que tout se passait si bien. Mais l’essentiel était d’engranger de l’expérience. J’espère pouvoir disputer d’autres courses de 24 heures l’an prochain. »
Son plan de carrière est pour le moins limpide : « Ce que je veux atteindre, c’est l’Hypercar, et j’y vais en passant par un constructeur. Avoir cette connexion avec Toyota est déjà une grande étape dans ma carrière, surtout à 20 ans. » Et de dérouler son scénario idéal : « Mon rêve, ce serait de courir l’an prochain en LMP2 et en GT3 en WEC en même temps. Puis l’année suivante un programme similaire. Et l’année d’après, qui sait, peut-être l’Hypercar. »
Un scénario pourrait d’ailleurs accélérer les choses. La nouvelle Toyota GT3 fera son arrivée sur la scène internationale en 2027, notamment en WEC avec Akkodis ASP. Parmi les pilotes actuels de la structure française en LMGT3, Hadrien David, classé Silver cette année, pourrait passer Gold compte tenu de ses performances remarquées. Un changement de statut qui ouvrirait une porte à Hugo Schwarze, lequel a de bonnes raisons de conserver sa catégorisation Silver l’an prochain. Les astres pourraient s’aligner.
En attendant, le pilote sait que sa fin de saison sera scrutée : « Pour l’instant, c’est ELMS et LMP3, mais on regarde déjà vers l’avenir. Vous savez comment c’est en sport automobile, il faut planifier très tôt, toujours avoir un pied dans la porte quelque part. C’est toujours une période difficile pour les pilotes, parce qu’on est un peu incertain de ce qui va se passer. Mais je suis confiant : j’ai livré de bonnes performances cette année et je vais continuer à pousser. Je suis convaincu que je recevrai de bonnes offres, » conclut Hugo Schwarze.
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