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Harry Tincknell (Aston Martin) : « Nous abordons la course avec confiance. »

Un an après avoir découvert les exigences du double tour d’horloge sarthois. L’écurie Aston Martin THOR Team franchit un cap cette année, notamment en terme de performance depuis la Journée Test. Au volant de la spectaculaire Valkyrie LMH n°007 Harry Tincknell aborde l’édition 2026 avec sérénité.  

Si l’on regarde en arrière, terminer la course l’année dernière était déjà une immense victoire pour l’équipe. Quel souvenir gardez-vous de cette arrivée ?

« C’est une question que tout le monde me pose ! L’année dernière, notre objectif principal était en effet de rallier l’arrivée. Mais nous voulions aussi finir en attaquant au volant de la voiture. Il ne s’agissait pas juste d’éviter les vibreurs et de rouler prudemment pour économiser la mécanique, on voulait vraiment piloter. C’est pour ça que nous étions très heureux du résultat de l’année dernière. Je pense que cette année, bien sûr, la concentration est encore plus élevée. Personne dans l’équipe n’a dit qu’il visait simplement un top 10. Tout le monde veut tout donner et se battre pour la gagne. Au final, si nous continuons sur notre lancée et que nous ne commettons aucune erreur, nous pourrons définitivement aller chercher de gros points. Et qui sait ? Il se passe toujours beaucoup de choses au Mans. C’est très agréable de prendre le départ avec une voiture que nous connaissons bien mieux désormais. Nous abordons la course avec confiance. »

Est-ce que votre préparation a été différente ?

« Non, nous n’avons pas fait de tests spécifiques ici cette année. En revanche, nous avons eu les courses de Daytona et de Sebring en début de saison. Même si ces courses n’ont pas été parfaites, elles nous ont permis de récolter de très bonnes données et nous avons énormément appris. Nous avons aussi disputé les autres manches du championnat. Donc oui, notre programme de tests s’est fait directement en compétition. »

L’une des caractéristiques cruciales d’une voiture ici, c’est sa capacité à gérer les pneumatiques. Est-ce qu’il est difficile de gérer l’usure ?

« Je pense que c’est tout l’inverse, en fait. La voiture est étonnement très douce avec ses pneumatiques. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons parfois un peu de mal à les mettre en température au début. Nous n’avons pas autant de systèmes d’assistance que d’autres voitures. La voiture ne martyrise pas ses pneus, ce qui est un immense avantage, particulièrement quand on enchaîne les doubles relais. Nous avons vu, par exemple en fin de relais, que nous pouvions continuer à attaquer fort. De plus, notre stratégie nous permet d’embarquer plus de carburant, et à mesure que le réservoir se vide, on peut solliciter les pneus encore plus fort. C’est un peu plus simple pour nous. »

© FIA WEC / DPPi

La Valkyrie a beaucoup de succès auprès du public, Est-ce que vous ressentez cet engouement ? 

« Oui c’est génial ! Oui, on le ressent clairement. Pendant les sessions d’autographes, s’il y a bien des mots que tout le monde nous répète, c’est : « Votre voiture est notre préférée, elle est incroyable et elle a un bruit fantastique ! ». On voit aussi passer tous ces messages de soutien sur les réseaux sociaux.

Nous ressentons toute cette énergie, c’est certain. Cette course attire un nombre impressionnant de fans britanniques qui traversent le tunnel sous la Manche pour descendre au Mans. Pour Aston Martin et pour notre équipe britannique, c’est un peu comme une deuxième course à domicile. »

Quelles sont vos impressions sur la concurrence pour la course ?

« Mes impressions sont que les Cadillac, les Toyota et les BMW sont extrêmement rapides et performantes dans le trafic et sur les phases de relance. De notre côté, nous manquons un peu de vitesse de pointe pure dans ces situations, ce qui va rendre les dépassements assez difficiles pour nous en course. En revanche, notre appui aérodynamique est très puissant. Même si nous souffrons un peu en ligne droite face à elles, j’espère que  notre agilité nous permettra de rester rapide. C’est l’un de nos points forts : la voiture est très réactive dans les enchaînements. Quand on regarde les écarts, c’est extrêmement serré. Même les Genesis sont très rapides. Mais nous sommes confiants dans notre rythme de course. Nous avons beaucoup travaillé sur les longs relais pour essayer d’atteindre les 13 tours par relais. Peu d’équipes peuvent en faire autant, et si on arrive à concrétiser cela, ce sera un avantage stratégique énorme. »

Benjamin Siret