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BMW déjoue les plans de Cadillac pour triompher aux 6 Heures de São Paulo

Au terme d’une épreuve intense et stratégique à Interlagos, le BMW M Team WRT décroche une superbe victoire grâce à la BMW M Hybrid V8 n°15. Épargné par la pluie malgré des menaces constantes en fin de course, l’équipage germano-belge a su résister à la pression de Ferrari et capitaliser sur les erreurs de Cadillac pour s’imposer en patron sur le sol brésilien.

La réussite est totale pour le clan bavarois. Souvent frappé par la malchance cette saison, l’équipage de la BMW n°15 a rendu une copie parfaite ce dimanche 12 juillet, s’élançant depuis la 4e place sur la grille. Pour la première fois dans l’histoire du WEC au Brésil, une voiture s’impose sans être partie de la première ligne. Dries Vanthoor offre le succès à la marque munichoise en s’imposant avec seulement 2,2 secondes d’avance sur le trio de la Ferrari n°51 (James Calado, Alessandro Pier Guidi, Antonio Giovinazzi).

La dernière heure de course a d’ailleurs donné lieu à une intense passe d’armes stratégique face à cette Ferrari n°51, qui s’est littéralement réveillée dans la seconde moitié de l’épreuve avec la baisse des températures. Les Rouges signent un podium solide, acquis de haute lutte malgré une grosse frayeur pour James Calado dans la cinquième heure : piégé par des pneus froids à la sortie de la voie des stands, le Britannique a percuté le mur de pneus. S’il a embarqué un morceau de panneau publicitaire coincé sur sa face avant durant tout un relais, sa 499P n’a souffert d’aucun problème de refroidissement ou de rythme.

Lors du dernier passage par les stands à 21h42, les mécaniciens de WRT n’ont injecté que 62 % d’énergie dans la BMW n°15. Le « splash » a permis à Vanthoor de reprendre la piste juste devant la Ferrari. Une opération comptable idéale qui permet à BMW de signer sa deuxième victoire de la saison (après Spa) et de revenir à un seul point de Toyota au championnat des constructeurs avec la sixième place de la BMW n°20. L’épreuve s’est avérée ultra-serrée, en témoignent les 11 Hypercars qui terminent dans le tour du leader au terme de six heures bouclées avec un unique Full Course Yellow et aucun Safety Car.

Regrets pour Cadillac, chaos de fin de course pour Ferrari

Derrière le duo de tête, les deux Cadillac V-Series.R nourriront d’immenses regrets après avoir verrouillé la première ligne de la grille. Leurs espoirs de victoire se sont envolés dès la première salve d’arrêts aux stands. La n°12 de Will Stevens et Norman Nato a été ralentie par un écrou de roue avant-droit grippé. Malgré un tête-à-queue de Nato en pleine bataille et une pénalité de 5 secondes pour un contact avec la Lexus n°87 au virage 8, Stevens a franchi la ligne en 3e position à seulement cinq secondes du vainqueur. La voiture sœur, la n°38 (Bamber/Bourdais/Aitken), termine 4e après avoir elle aussi perdu du temps en dépassant son emplacement dans les stands lors du premier arrêt, avant d’écoper de deux pénalités en piste pour des contacts.

La fin de course a d’ailleurs été le théâtre d’un ultime chaos à 20 minutes du terme dans les S de Senna. Robin Frijns (BMW n°20) a percuté l’arrière de la Ferrari officielle n°50 d’Antonio Fuoco, l’envoyant en tête-à-queue. Cet accrochage a fait les affaires de la Ferrari n°83 d’AF Corse : Robert Kubica a récupéré la 5e place finale. Frijns a sauvé la 6e place devant l’Aston Martin n°007, tandis que Fuoco a chuté au 8e rang

Le calvaire absolu du clan Toyota

Pour le constructeur japonais, ces 6 Heures de São Paulo resteront comme un week-end à oublier au plus vite. Absolument rien n’a souri aux GR010 Hybrid. Dès la première heure, la n°7 (Mike Conway / Kamui Kobayashi / Nyck de Vries) et la n°8 (Sébastien Buemi / Brendon Hartley / Ryō Hirakawa) ont été pénalisées de 5 secondes pour un écart lors de la procédure de départ. Les choses ont empiré sous Full Course Yellow avec un drive-through infligé à la n°7, la reléguant définitivement loin des leaders.

Le coup de grâce est survenu pour la n°8 lors d’un accrochage avec la Genesis n°17, brisant sa suspension et sa barre de traction avant-droit. Après un quart d’heure de réparations dans son box et une pénalité supplémentaire pour avoir poussé une voiture hors-piste, la n°8 a repris la piste attardée. Symbole de ce dimanche noir, les deux Toyota n’ont jamais été dans le rythme des meilleurs et terminent l’épreuve sans même figurer dans le tour des leaders.

Stratégie infructueuse pour Alpine, Peugeot hors du coup

Du côté des constructeurs français, la déception est de mise. Alpine a tenté un coup de poker tactique agressif en décalant ses deux voitures. La n°35 (António Félix da Costa / Charles Milesi / Ferdinand Habsburg) s’est arrêtée dès le 27e tour pour inverser sa séquence, tandis que la n°36 (Frédéric Makowiecki / Jules Gounon / Victor Martins) a écourté son deuxième relais à 21 tours. Si ce choix a permis de voir brièvement les deux A424 aux avant-postes au gré des arrêts, le manque de neutralisations et, surtout, une crevaison sur chacune des deux montures ont ruiné leurs efforts. L’Alpine n°35 termine ainsi à une modeste 10e place, juste devant la n°36 (11e).

Enfin, la physionomie de la course a été tout aussi compliquée pour Peugeot. Outre un manque cruel de rythme, les 9X8 ont cumulé les lourdes sanctions : un Stop & Go de 30 secondes pour excès de vitesse pour la n°94 (Loïc Duval / Malthe Jakobsen / Théo Pourchaire) et un drive-through pour non-respect des drapeaux bleus pour la n°93 (Paul di Resta / Stoffel Vandoorne / Nick Cassidy). À l’image des Toyota et des deux Genesis GMR-001, les Lionnes ne terminent pas dans le tour des leaders, concluant un meeting difficile pour l’écurie française.

© Fabrizio Boldoni / DPPI

LMGT3 : Masterclass tactique de TF Sport, la bérézina de Ford

Dans la catégorie LMGT3, la Corvette Z06 GT3.R n°34 de l’écurie Racing Team Turkey by TF Sport s’est imposée au terme d’un brillant coup de poker stratégique. Alors que tout le plateau s’élançait avec son pilote Bronze, la structure de Tom Ferrier a choisi de placer d’entrée son pilote Silver, Salih Yoluç. Ce relais incisif a permis de construire une avance cruciale avant de passer le témoin à Peter Dempsey, laissant Charlie Eastwood conclure en tête. Malgré une crevaison lente à une heure du but, la n°34 signe un deuxième succès consécutif après Le Mans, avec huit secondes d’avance sur la BMW M4 GT3 n°69 du Team WRT, portée par un Dan Harper incisif en fin de course.

La déception est immense pour Proton Competition. Après avoir dominé le début d’épreuve, les Ford Mustang ont tout perdu. Seb Priaulx a tenté un pari risqué à bord de la n°77 en économisant du carburant pour s’épargner un ultime arrêt. À l’agonie avec des pneus usés, le Britannique a sombré à 24 minutes du terme face à la BMW, avant de recevoir un drive-through pour non-respect des limites de la piste. La voiture sœur n°88, malgré la grosse remontée de Logan Sargeant, doit se contenter de la cinquième place.

Ce naufrage de l’ovale bleu a fait le bonheur des Porsche 911 GT3 R de l’écurie Manthey, la n°92 grimpant sur la troisième marche du podium juste devant la n°91, quatrième après avoir débordé Sargeant dans les derniers instants. À l’inverse, le dimanche a tourné au calvaire pour le poleman : l’Aston Martin n°23 de Heart of Racing a manqué son départ, enchaîné un tête-à-queue et un contact destructeur pour son diffuseur, terminant bonne dernière. Enfin, lourdement lestés après leur triomphe manceau, les leaders du championnat sur la Corvette n°33 ont sauvé les meubles à la huitième place, préservant l’essentiel avant la prochaine manche à Austin, le 6 septembre.

Rendez-vous le 6 septembre pour les 6 Heures du Circuit des Amériques, à Austin…

Classement des 6 Heures de São Paulo

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Florian Defet

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club