Après une première sortie au Castellet fin juillet, la future 9X8 a enchaîné la semaine dernière avec un test d’endurance de 24 heures à Portimão. Interrogé à l’occasion des 6 Heures de Fuji, Emmanuel Esnault est revenu sur ce rendez-vous, ainsi que sur les pilotes mobilisés pour l’occasion.
« On a fait une deuxième session, une session de 24 heures à Portimão, la semaine dernière. C’était plutôt positif », a résumé le Team Principal de Peugeot TotalEnergies. « Portimão est un circuit assez complet, avec des bosses et des vibreurs à négocier, et un tracé intéressant avec un changement de sens et différents virages à moyenne et haute vitesse. On est arrivé à un peu moins de 2 000 kilomètres, ce qui était plutôt positif. Le premier test en avait comporté 1 600. »
« Entre le moment où le concept a été lancé et aujourd’hui, il y a eu des changements assez importants dans la réglementation technique, qui ont fait que notre package ne collait plus parfaitement. À ce stade, d’après ce qu’on a vu sur la piste, dans les données, et dans les retours des pilotes, ça a l’air positif. On ne veut pas être trop optimistes, on ne prend rien pour acquis, mais c’est une bonne base pour travailler et développer. »
Un seul exemplaire de la voiture était cette fois-ci en piste, dans une configuration très proche de celle du Castellet, avec seulement « des mises à jour logiques, ou de petites évolutions, mais mineures ». Toutefois : « Il y a un ou deux sujets identifiés comme des points de vigilance, pour s’assurer que ça n’affectera pas la fiabilité. »
Interrogé sur l’ampleur des changements apportés à la 9X8, Esnault reste prudent sur le contenu technique, mais balaie d’emblée l’idée d’une simple retouche aérodynamique. « C’est plus que de l’aéro, c’est une évolution de la voiture. Le contenu technique exact sera dévoilé plus tard, parce que, comme vous le savez tous, c’est lié à l’homologation FIA et ACO. Une fois qu’on aura homologué la voiture, on communiquera un peu plus. » Selon nos informations, le moteur ferait justement partie des éléments ayant fait l’objet d’une attention particulière.
Les pilotes font quant à eux état d’une meilleure « capacité à absorber les bosses et les vibreurs » et d’une meilleure « consistance, stabilité aérodynamique ». Deux axes qu’Esnault présente comme prioritaires : « Si on regarde le championnat, et son processus d’homologation, c’est un championnat de voitures avec aéro. L’aéro est l’un des axes principaux, vu les vitesses qu’on atteint. C’est un élément clé. »
© Julien Delfosse / DPPI
Portimão marquait aussi la première sortie de Robert Shwartzman au volant de la 9X8. Un baptême que le pilote russo-israélien attendait manifestement avec impatience : « La première impression est très positive. On le connaît depuis plusieurs années, à travers des expériences précédentes. Il était vraiment content de retrouver une voiture de course après douze mois sans en piloter. Il a été bon tout de suite. Il a enchaîné des tours très réguliers et il était dans le rythme. Il a clairement livré. […] Il coche beaucoup de cases. Il a montré un vrai intérêt et un vrai enthousiasme pour notre projet, une opportunité qu’on ne voulait pas manquer. »
Une seule voiture était engagée à Portimão, avec six pilotes qui se sont relayés au volant : Loïc Duval, Jean-Eric Vergne et Nick Cassidy d’un côté, Robert Shwartzman, Paul di Resta et Alex Quinn de l’autre. Théo Pourchaire, Stoffel Vandoorne et Malthe Jakobsen n’ont pas pris part à la session.
Un groupe de six qui pourrait bien préfigurer l’effectif 2027, sans qu’Esnault ne veuille s’avancer sur le sujet : « Ce sont les pilotes qui étaient au volant de la voiture, c’était la question posée. Le reste sera annoncé en temps voulu. » Interrogé pour savoir si toutes les pièces du puzzle étaient désormais réunies, sans besoin de renfort extérieur, il a ajouté : « On sait où on va. On a une idée claire de ce que sera le plan, et de la façon de le construire correctement. »
Reste une inconnue de taille : lequel, de Théo Pourchaire ou de Nick Cassidy, sera finalement amené à se consacrer pleinement à son programme en Formule E, les deux pilotes ayant des engagements dans la discipline électrique au sein de la galaxie Stellantis pour la saison 2026-2027.