Paul-Loup Chatin connaît une saison exceptionnelle en 2023. Il est engagé dans deux championnats, l’IMSA et l’ELMS, où il est bien placé pour décrocher le titre, surtout dans le premier cité. De plus, il a brillé sous les feux des projecteurs en juin dernier en obtenant la pole position en catégorie LMP2 lors de l’Hyperpole des 24 Heures du Mans, surpassant tous les spécialistes. Espérons que ces performances lui ouvriront enfin de nouvelles opportunités !
Le fait d’arme de Paul-Loup Chatin cette année est évidemment cette pole position avec son Oreca 07 n°48 IDEC Sport. Il s’agit là de sa 2e pole en Sarthe, fait dont peu de pilotes peuvent se targuer. « Ça fait obligatoirement partie de mes plus beaux souvenirs. Avec IDEC Sport, c’est notre deuxième pole position aux 24 Heures du Mans après 2018. Je pense qu’il y a peu d’équipes qui ont réussi à faire ça, c’était spécial en plus l’année du Centenaire et en portant les couleurs Delage, une marque historique. C’est sûr que s’il y avait une pole à faire, c’était celle-ci. Pourtant, on s’est concentré sur la course tout en faisant la qualif sérieusement, mais sans que ce soit notre fil directeur de la semaine. Lors de l’Hyperpole, on a pu mettre tout bout à bout, c’était magique.»
La suite a moins souri au pilote tricolore et ses coéquipiers, Paul Lafargue et Laurents Hôrr, pourtant auteurs d’une superbe course. « Honnêtement, on n’a pas eu de chance. Au Mans, on fait une semaine quasi parfaite tant en performance qu’en management des faits de course. Paul était dans la voiture lors des deux orages et il est l’un des seuls pilotes à avoir réussi à rester en piste sans faire d’erreur. A deux heures de la fin, on est troisième, le plus dur est fait. On se met à espérer du podium et on l’a toujours dit, vu le niveau de la catégorie LMP2, vu les « Silver » qu’il y a dans certaines équipes, pour nous, avec Paul, un vrai Silver qui travaille tous les jours, qui n’a pas un passé de monoplace, ce podium aurait été comme une victoire pour nous, surtout après l’Hyperpole. Malgré tout, on finit avec une belle sixième place (crevaison alors que la voiture venait de franchir le premier virage. Ndlr) qui reste un beau résultat, on garde un beau souvenir de ce centenaire. »

© MPS Agency
Il a ensuite fallu se recentrer sur le championnat ELMS qui n’avait qu’une seule épreuve disputée. Pour le moment, tout reste jouable pour IDEC Sport même si Algarve Pro Racing a toutefois pris ses distances. « On fait une belle saison en ELMS pour l’instant, on est quatrième au championnat, toujours à la lutte pour la victoire finale avec deux podiums en quatre courses. La petite déception est le Paul Ricard où on était en tête à 15 minutes de la fin et malheureusement, il y a eu un fait de course (crevaison) et on finit seulement en cinquième position. C’est le sport automobile, on l’accepte. Il reste encore deux courses sur un seul meeting, pour essayer d’aller chercher la plus belle place possible au classement général (soit le titre soit la 2e place qui donne une invitation au Mans en sachant qu’IDEC n’en est qu’à quatre points). »
L’un des gros changements cette année chez IDEC Sport est l’arrivée d’un nouveau pilote, l’Allemand Laurents Hörr. « On a vécu déjà deux super belles années avec Patrick Pilet, une personne qu’on aime tous dans le team. Après, il y a des changements qui se sont faits et Laurents est un très bon pilote qui évoluait depuis cinq ans au plus haut niveau possible du LMP3, en gagnant à peu près tout. Il avait l’expérience de la LMP2 l’année dernière au Mans avec DKR Engineering. Il y a eu cette opportunité de le faire venir avec nous cette année pour une saison complète, il le méritait et ça se passe très bien. Il a bien compris que l’objectif était de gagner ensemble, qu’il y avait un esprit de famille IDEC où l’individualité n’a pas sa place. C’est une écurie, une famille où on perd ensemble, on gagne ensemble. Il s’est mis au service de l’équipe et ça amène une bonne sérénité qui est positive pour tout le monde ! »

© MPS Agency
L’autre actualité du Français est l’IMSA où il jouera le titre le week-end prochain lors de la finale à Petit Le Mans. Il évolue au sein de PR1 Mathiasen Motorsports (Oreca 07 n°52) en compagnie du rapide « Ben Keating, un super bronze. J’ai beaucoup de chance de l’avoir à mes côtés parce que j’ai aucun stress quand il est dans la voiture, je sais qu’il va me donner la voiture à une très bonne position, sans aucune égratignure. En IMSA, le Bronze fait 50 % du travail. » En Géorgie, ils seront rejoints par le Silver Alex Queen, un jeune et rapide pilote. Avec son coéquipier habituel, Paul-Loup Chatin est en bonne position pour rafler le titre. « Ca se passe bien en IMSA. On fait une belle année, sans erreurs et avec de bons choix stratégiques. La déception de l’année est Daytona, où on devait vraiment se battre pour la victoire mais on a eu un problème de démarreur dans la dernière heure qui a malheureusement réduit nos chances à néant et nous a fait perdre aussi des points. Depuis, on s’est battu pour revenir, on a gagné à Road America. Il reste une manche, on est deuxième du championnat à 20 points du leader, c’est-à-dire presque rien au niveau de ce championnat car il y a énormément de points à chaque fois. Trois équipes vont se battre pour le titre. »

© MPS Agency
Pour le pilote de 31 ans, la combinaison ELMS / IMSA est parfaite. «C’est toujours bien de faire l’IMSA, un championnat qui demande d’autres qualités que l’ELMS. Avec le format des courses américaines, on sait que 80 % de la course se joue dans la dernière heure. On retrouve un peu dans certaines courses la nécessité d’avoir des pilotes qui sont capables d’aller à la bataille pour décrocher des victoires en fin de course. Etre en IMSA permet aux pilotes de montrer, qu’ en plus d’être réguliers, ils sont capables de se battre d’aller chercher ce petit dépassement qui permet de gagner une course ou de monter sur le podium. Faire l’ELMS et l’IMSA, deux des plus beaux championnats au monde, est important pour moi. »
Maintenant, quel va être le futur de Paul-Loup Chatin ? Va-t-il enfin trouver un volant à la hauteur de son talent en catégorie reine ? Cette « erreur » doit être réparée quand on sait qu’il est l’un des meilleurs pilotes LMP2 à l’heure actuelle, ses derniers résultats le prouvant. « C’est compliqué. On le voit, il y a beaucoup de constructeurs en Hypercar et finalement peu de places pour des pilotes qui viennent du LMP2. En tout cas, je fais tout pour. »

Avec son coéquipier IMSA après l’Hyperpole du Mans / © MPS Agency
![[ENDURANCE24]LOGO_2021_RVB-3](http://endurance.pulsdev.fr/wp-content/uploads/2021/11/ENDURANCE24LOGO_2021_RVB-3.png)





