| 24 juillet 2026 | par

Valentin Hasse-Clot au cœur du nouveau projet Car Blanche et YRB Racing

Comme sa « Car Blanche », Valentin Hasse-Clot s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière. © MPS AGENCY

Quelques semaines après la naissance officielle de YRB Racing et Car Blanche, Valentin Hasse-Clot s’est confié à Endurance24 sur les coulisses de ce nouveau projet dont il est désormais l’un des principaux acteurs : le français revient sur la création de cette nouvelle structure, son avenir en IMSA, ses ambitions en GTD Pro et les objectifs fixés pour cette nouvelle aventure.

Valentin, votre aventure en IMSA a débuté en 2025 avec l’équipe Van Der Steur Racing, c’est donc votre deuxième saison. Comment s’est montée cette aventure avec YRB Racing ?

« En fait, l’IMSA a toujours été un objectif pour moi. Malheureusement, il n’y avait qu’une seule équipe et pas de place pour moi. En 2023, j’ai rejoint Van Der Steur Racing en GT4, un bon investissement dans le temps, il faut bien commencer quelque part. Après une saison et demie avec Rory Van Der Steur, on a monté ensemble le programme GTD fin 2024 avec une sixième place à Daytona dès notre première course. Mais pendant un an et demi, on est restés les petits poucets du championnat, avec le strict minimum : zéro essai, un vrai programme client. Difficile à tenir dans un environnement aussi professionnel que l’IMSA. Le manque de résultats a poussé le père de Rory Van Der Steur, propriétaire de l’équipe, à envisager de vendre, au moment même où j’ai fait la bonne rencontre avec un groupe de personnes en début d’année. Il a vendu à ce groupe de personnes, et l’équipe a changé de main pour devenir YRB Racing. »

© Brandon Badraou / IMSA

Qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre la structure ?

« Je n’ai rejoint personne, je suis resté dans la même structure. J’avais une relation privilégiée avec le père de Rory Van der Steur, et je comprenais entre les lignes que s’il y avait un jour un acheteur, il vendrait l’équipe. Il se trouve que moi, avec mes nouvelles relations, et eux, motivés à l’idée d’avoir une équipe de course, les choses se sont faites assez naturellement, les bonnes choses au bon moment, le timing parfait. Et même si ça a été des années compliquées, je suis éternellement reconnaissant envers la famille Van Der Steur, qui m’a donné cette opportunité d’évoluer aux États-Unis et d’être dans la position où je suis aujourd’hui. C’est vraiment grâce à eux. »

Depuis le rachat de la structure, on entend beaucoup parler de YRB Racing. Pourtant, en piste, c’est surtout le nom « Car Blanche » qui attire l’attention. Finalement, quelle est la différence entre les deux ?

« Le nom de l’équipe, c’est YRB Racing. On a appelé notre voiture Car Blanche pour marquer le début d’une nouvelle histoire, comme une page blanche. Ce n’est pas une entreprise, juste un nom qu’on a inventé. Au début on s’est dit que ça allait être une transition, et puis en fait sans le faire trop exprès ça a l’air de plaire aux gens alors on est resté comme ça. »

© Brandon Badraou / IMSA

Cette Car Blanche, sans sponsor, en blanc uni, surprend beaucoup de monde. C’est temporaire, ou le concept est de rester en blanc ?

« Pour l’instant, on est Car Blanche. La nouvelle équipe n’a pas encore de couleur. Je ne sais pas si ça va évoluer, mais pour l’instant on aime bien comme ça : ça n’a jamais été vu, une voiture sans sponsorisation toute blanche. Ça nous plaît et au moins c’est unique, facile à sticker, et on est facilement identifiables en piste. »

Comment se sont passés vos débuts ? L’équipe est montée sur le podium dès sa première course avant de passer en GTD Pro.

« On a disputé notre première course sous nos nouvelles couleurs avec mes nouveaux coéquipiers. L’avantage, c’est qu’on m’a donné la chance de les choisir moi-même. Dès cette première course, à Watkins Glen, on est montés sur le podium à la troisième place. Dès la course suivante, au Canada, on est passés en GTD Pro. Le résultat ne l’a pas reflété avec la dixième place, mais on a fait un très bon week-end en termes de performance, on avait la quatrième meilleure moyenne en course, toutes GTD et GTD Pro confondues. On va continuer notre préparation sur les quatre dernières courses de l’année. »

© Brandon Badraou / IMSA

© Brandon Badraou / IMSA

Qu’est-ce qui vous attend d’ici la fin de la saison, il y aura une bascule entre GTD et GTD Pro ?

« Oui, c’est ça. On connaissait déjà notre objectif de passer en GTD Pro : cette deuxième partie de saison est pour nous une transition, on se réorganise course après course pour arriver le plus structurés possible à Daytona, en janvier. On compose aussi avec les pilotes disponibles et ceux qui ne le sont pas. On a déjà une idée assez arrêtée de notre équipage pour l’année prochaine en GTD Pro à temps plein mais il faut jongler avec les programmes déjà en place de ces pilotes. C’est pour ça que d’ici la fin de l’année, vous risquez de revoir la voiture en GTD un week-end, puis en GTD Pro le week-end suivant. Ce n’est pas qu’on se cherche, c’est qu’on compose avec les calendriers déjà installés de certains pilotes. »

Techniquement, GTD et GTD Pro se ressemblent. Mais aborde-t-on une course de la même manière, ou est-ce un vrai changement de philosophie ?

« Je trouve que la seule vraie différence, c’est qu’en GTD, d’une façon ou d’une autre, on se bat pas mal contre les autres pilotes. On a des Bronze, des Silver, des Pro, des différences de niveau, donc tout est possible. En GTD Pro, tous les pilotes sont professionnels, il n’y a que des bons pilotes. La différence se fait donc sur les détails : les arrêts au stand, les entrées et sorties de pit lane, la régularité. Quand on en double un, généralement, c’est qu’il a fait une erreur. C’est une philosophie différente, où on porte beaucoup plus attention aux détails, à la stratégie de course, à tout ce qui se passe dans les stands. Parce qu’on ne peut pas compter, comme en GTD, sur un Silver devant soi qu’on irait chercher plus facilement. On ne peut pas compter là-dessus en GTD Pro. Quand on perd trois places, on ne les récupère pas. En GTD, il y a beaucoup plus d’aléatoire pendant la course ; en GTD Pro, il n’y en a pas : tout se joue sur la performance et le détail. »

© Brandon Badraou / IMSA

Une voiture sœur est évoquée pour l’année prochaine. C’est l’un des objectifs ?

« Pas à court terme. Il y aura sûrement une deuxième voiture à l’avenir, mais notre priorité, c’est d’être performants en GTD Pro dès le mois de janvier. Ça passera par donner la priorité à cette voiture-là. Je ne suis pas sûr qu’on verra deux Car Blanche à Daytona, mais à l’avenir, certainement. On a le temps, donc on ne va pas se précipiter. C’est un projet qui s’inscrit dans la durée, ça ne sert à rien de vouloir passer d’une voiture faite à moitié à deux voitures bien faites en quatre mois. En tout cas, c’est ce que je pense. »

Quels sont les objectifs que s’est fixés l’équipe pour ce programme ? L’équipe a-t-elle vocation à s’étendre à l’international ?

« L’objectif est clair : il faut gagner l’IMSA en GTD Pro. Est-ce qu’on y arrivera dès la première saison ? Je ne sais pas, mais en tout cas on y travaille. C’est pour ça qu’on fait ce projet. Est-ce que l’équipe regardera aussi du côté de l’Europe et de l’international ? Oui, mais pour l’instant, la priorité, c’est de se concentrer sur le GTD Pro, qui est déjà une grosse affaire en soi. Et puis a partir du moment où Le Mans est mon objectif, c’est aussi celui de l’équipe, j’ai tendance à embarquer tout le monde dans mes idées un peu folles. Mais j’insiste, pour l’instant, la priorité, ce sont les États-Unis. »

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