Max Favard, le team manager de Duqueine Team en LMP2 (Oreca 07), est également le directeur opérationnel de Duqueine Automotive, entité qui construit et gère les Duqueine D08 qui roulent en LMP3 partout dans le monde. Après un tour d’horizon sur la saison European Le Mans Series en LMP2 et des 24 Heures du Mans 2023, Endurance24 a abordé le sujet des Duqueine D08-M30…
La grosse nouveauté pour Duqueine Automotive cette année a été l’arrivée de Jean-Karl Vernay. Pilote Hyundai en ETCR la saison dernière, le Français a pris cette saison une deuxième casquette. Le pilote de 35 ans exerce toujours (chez Isotta pour disputer le WEC en 2024, lire ICI) mais il est aussi en charge du service compétition client pour le compte du constructeur de LMP3 depuis le début de l’anéne 2023. Max Favard revient sur ce choix. « L’idée est de redynamiser l’activité automotive et, au sens plus large, l’activité de Duqueine dans le Motorsport. Jean-Karl est devenu mon bras droit sur l’ensemble des discussions, que ce soit la partie écurie ou la partie automotive, cela veut dire qu’au courant de l’année, on a même élargi son périmètre. L’avantage de l’avoir est qu’il reste pilote de course, donc une option. Ensuite, il a la connaissance du marché global dans le Motorsport, donc pas seulement de l’endurance avec son expérience TCR et ETCR, même chez les constructeurs. Il a une vision du haut niveau, il nous amène son expérience et sa vision du motorsport avec le business developer tout en gardant l’état d’esprit d’un compétiteur. Sa mission principale est de déployer et de contribuer au développement du LMP3. Cette année, on a démarré avec une bonne dynamique via le travail qui a été effectué l’an dernier sur la German Cup. On a capitalisé sur ça et déployé parce que, du coup, il y a eu trois voitures de plus entre le début et la fin de saison. Beaucoup de discussions sont ouvertes car on est déjà en train de préparer 2024. Il y a vraiment une proximité, je pense que pour les team managers, il est important d’avoir quelqu’un qui comprend et qui assiste, avec un carnet d’adresses complet. S’il y a une problématique quelconque, que ce soit pilote, voiture, Jean-Karl va essayer de trouver une solution. En ce moment, il y a une bonne dynamique et le but est de réinsuffler les Duqueine sur le marché européen parce que celui des USA s’est réduit un petit peu (cette catégorie n’est plus acceptée en IMSA dès 2024, ndlr).»

JEAN KARL VERNAY / MPS Agency
Les Duqueine LMP3 sont présentes un peu partout dans le monde et dans différents championnats comme aux USA. En cette fin d’année 2023, l’heure est donc au bilan qui semble mitigé pour le constructeur français. « Je dirais un peu frustrant parce qu’on a une super équipe aux États-Unis, AWA, qui a fait d’excellents résultats. Ils ont gagné les 24 Heures de Daytona pour la dernière fois où les LMP3 étaient acceptées. Ils terminent troisième et quatrième au championnat et ont décidé de partir en GTD avec deux Corvette. Ensuite, en Europe, la German Cup a été super satisfaisante. On s’aperçoit que, quand on a les équipes et le nombre de voitures, il y a un super niveau. Les écuries sont très contentes et veulent se développer. Ce championnat, pour nous, est le petit foyer qu’on veut essayer de faire grossir. Les structures sont très satisfaites de nos produits, de notre service et on espère se déployer dans le futur.
En ELMS, on a DKR Engineering et WTM by Rinaldi Racing avec des résultats en qualif ou en course très solides. Cette dernière a fait une super saison Asian Le Mans Series qui n’a pas payé, mais ils enchaînent les quatre pole positions d’affilée. En course, ils ont joué de malchance avec quelques faits de course, mais globalement, une saison où on a su démontrer la performance de la LMP3, encore plus que les années précédentes, mais il manque encore un petit nombre d’équipes car on ne peut se satisfaire de deux voitures sur une grille de 12.»

WTM / MPS Agency
Alors ce manque d’équipes va-t-il être comblé sur 2024 au niveau de l’ELMS, de la Michelin Le Mans Cup et quelles sont les perspectives en Allemagne. « Au niveau de l’Allemagne, ça devrait se renforcer encore, mais il ne faut pas oublier que nous avons déjà 70% de la grille. En ELMS, c’est là où c’est le plus compliqué, non pas parce que les équipes ne veulent pas venir, mais c’est plus le nombre de places disponibles qui les freine. Aujourd’hui, on a plusieurs écuries qui nous ont fait savoir qu’elles veulent faire l’ELMS. Après, avec la grille qu’il y a, on verra le nombre de places possibles. Dans tous les cas, nous travaillons pour essayer d’accompagner les teams au plus près. Du côté de la Michelin Le Mans Cup, c’est pareil, ça va être un petit peu en fonction du nombre de demandes, mais c’est sûr qu’on aimerait rééquilibrer un petit peu les choses (avec Ligier, ndlr). On ne demande pas un 50/50, mais au moins pouvoir avoir quelques voitures de plus pour 2024. Et après, il y aura la nouvelle en 2025 qui devrait arriver.»
En 2024, il n’y aura plus de LMP2 en WEC sauf aux 24 Heures du Mans où il va y avoir un nombre (15 places) limité. Alors que le LMP3 est dans les têtes chez Duqueine Automotive, on reste cependant conscient que le LMP2 reste une catégorie attrayante. Mais comme beaucoup d’équipes, Duqueine Team s’interroge. « C’est vrai qu’on se pose tous des questions. Sachant que nous, pour l’instant, on a un programme unique en tant qu’écurie. Il faut vraiment se poser les bonnes questions. On discute avec Oreca, bien sûr, par rapport à leur vision des choses. Le côté FIA F3, c’est à dire avec un agrément pour tant de voitures par team, tant de teams pour le championnat et tout cela pour trois ans amène une sérénité et une capacité à pouvoir anticiper les choses. Avec ce système en Endurance, on éviterait de se faire manger par des gros programmes qui arrivent et qui mettent à mal certaines petites équipes. Je sais qu’il y a des discussions en cours dans ce sens. Même financièrement parlant, en plus de ça, on peut se projeter plus facilement car tous les ans on repart à zéro à chaque fin d’année.
Chercher des sponsors quand on n’est pas assuré d’avoir une place au Mans n’est pas évident, on est obligé de signer les pilotes avec un risque. Ce n’est pas une partie de plaisir qu’on fait depuis plusieurs années. J’avoue qu’ il y a pas de visibilité à plus de un ou deux ans. Même la voiture a été remodelée, son homologation repoussée ce qui en soi, est bien financièrement d’un côté pour les équipes, parce que ça permet d’exploiter le matériel existant sur le plus long terme, mais d’un autre, on n’a aucune certitude sur où aller. Aujourd’hui, si on doit prendre des décisions, elles ne sont qu’hypothétiques, c’est-à-dire qu’on doit faire des choses sans être sûr d’avoir l’assurance et la garantie de faire les choses. On se plaît en Endurance et on veut continuer dans cette voie. Même s’il y a une nouvelle LMP2, on aimerait être dans cette nouvelle génération de LMP2, mais avoir cette vision sur deux ou trois saisons serait plus simple pour pouvoir se projeter et construire un programme solide. »

DKR ENGINEERING / MPS Agency
Interview réalisée avant l’annonce de l’implication de Duqueine Team en WEC via Isotta…
Photo de Une issue du Facebook de l’équipe
![[ENDURANCE24]LOGO_2021_RVB-3](http://endurance.pulsdev.fr/wp-content/uploads/2021/11/ENDURANCE24LOGO_2021_RVB-3.png)





