Luc Donckerwolke : « Pour Genesis, j’estime qu’il n’y a pas de limite entre la marque et le design. »

On lui doit entre autres la Lamborghini Diablo GT, la Murciélago, la Bentley EXP 10 Speed 6 et la Continental GT, autant de chefs-d’œuvre qui ont redéfini les codes de leur époque. Pendant vingt ans au sein du groupe Volkswagen, Luc Donckerwolke designer belge né au Pérou a été l’homme que l’on envoie quand une marque a besoin d’un électrochoc. En 2016, il a tout recommencé depuis la Corée pour prendre en charge le design de l’ensemble du groupe Hyundai Motor, troisième constructeur mondial, et construire Genesis de toutes pièces, sa marque premium.

Dix ans plus tard, Genesis Magma Racing, dont il est l’architecte discret, a fait ses débuts en Hypercar et il n’aura fallu que deux courses pour marquer les premiers points en WEC d’un programme coréen historique. Drivers Club l’a rencontré à l’aube des 24 Heures du Mans.

Luc, vous avez passé vingt ans au sein du groupe Volkswagen AG, chez Lamborghini, Seat, Audi et Bentley. Comment avez-vous vécu ces années ?

« Dès qu’on est un peu exposé, on reçoit beaucoup d’offres. On m’a proposé LEGO, Philips, des choses amusantes. Mais j’avais une roadmap et, dans le groupe VAG, l’opportunité de travailler pour de grandes marques avec de vrais défis. J’ai eu la chance d’être envoyé là où tout le monde reconnaissait qu’il y avait un problème. C’est le plus beau rôle, parce qu’on peut faire beaucoup plus de choses que quand tout fonctionne déjà. »

Qu’est-ce qui vous a convaincu de tout quitter pour la Corée et ainsi de rejoindre Hyundai Motor Group ?

« Je savais que je devrais retourner à Wolfsburg (où se trouve le siège de Volkswagen AG en Allemagne. Ndlr) après Bentley, où les opportunités de dessiner vraiment allaient se réduire. La grande partie du plaisir que j’ai, c’est de dessiner. La Corée m’avait contacté de façon très persistante, mais très correcte, très polie. Ils m’avaient même envoyé des voitures pour que j’apprenne à connaître la marque, notamment des modèles à hydrogène qui m’ont très impressionné. Et puis j’étais au salon de Genève 2015, je venais de présenter la Bentley EXP 10 Speed 6, j’étais en train de finir la Continental GT. Je me suis dit : je suis en train de faire les plus beaux projets. Après ça, qu’est-ce qu’il va se passer ? C’est à ce moment-là que j’ai envoyé un email à mon interlocuteur chez Hyundai. Ok, je viens en Corée, on discute. J’ai pris l’avion, j’ai signé mon contrat, je suis rentré, j’ai remis ma démission. C’était en mai 2015. »

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Florian Defet

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club