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Accrochage Estre / Aitken : « Le pilotage de certains a dépassé les limites »

À 11 minutes du damier de Road America, Kévin Estre (Porsche n°6) et Jack Aitken (Cadillac n°31) se sont percutés au premier virage alors qu’ils luttaient pour le podium, scellant la course sous jaune. Alors qu’IMSA a ouvert une enquête, les deux pilotes livrent des visions bien différentes d’une fin de course sous haute tension.

L’accrochage survenu au premier virage lors de l’ultime relance du Motul SportsCar Endurance Grand Prix continue de faire polémique. À onze minutes du terme de ces six heures d’épreuve à Road America, Kévin Estre (Porsche 963 n°6 / Porsche Penske Motorsport) et Jack Aitken (Cadillac V-Series.R n°31 / Whelen Cadillac Racing) luttaient pour la 2e place derrière le futur vainqueur Filipe Albuquerque lorsqu’un contact au freinage les a expédiés tous deux dans les barrières du Turn 1.

Un crash à haute vitesse qui a scellé le sort de la course sous régime de Full Course Yellow. Classées respectivement aux 8e et 9e rangs de la catégorie GTP, les deux voitures font l’objet d’une enquête approfondie de l’IMSA, la direction de course ayant précisé que les résultats officiels restaient provisoires dans l’attente d’une analyse complète de l’incident.

Un passif en piste avant le chaos final

Cet accrochage au sommet intervient dans une fin de course électrique où Jack Aitken s’était déjà retrouvé au cœur des tensions avec le clan Porsche. Plus tôt dans l’épreuve, le pilote de la Cadillac n°31 s’était en effet transformé en véritable bête noire pour la Porsche 963 n°7 pilotée par Felipe Nasr : à la lutte et butant sur la voiture sœur de Penske Motorsport, Aitken avait percuté le Brésilien au freinage du virage 6, envoyant ce dernier se tanker dans le bac à graviers. Une manœuvre qui avait alors été classée comme simple incident de course par les commissaires, sans qu’aucune pénalité ne soit attribuée à la Cadillac.

Estre : « Je ne pense pas qu’il y ait 100 % de faute à attribuer à qui que ce soit »

En proie à des joutes particulièrement musclées tout au long de la dernière heure, Kévin Estre est revenu sur sa version des faits via ses réseaux sociaux, évoquant un incident de course partagé dans un contexte de bataille intense :

« Un abandon pour nous dans les dix dernières minutes de la course alors que nous nous battions pour le podium. À la relance, la n°31 a tenté une attaque par l’extérieur sur le côté gauche au virage 1. Il avait juste le nez là… J’aurais pu laisser un peu plus de place, il aurait aussi pu rendre les gaz. Je ne pense pas qu’il y ait 100 % de faute à attribuer à qui que ce soit. »

« C’est sûr qu’avec des « si », j’aurais dû laisser un peu de place sur la gauche. Nous avons eu un contact dès qu’on a touché aux freins, puis nous sommes tous les deux devenus de simples passagers pour finir dans les barrières, et c’est tout. C’est triste parce que nous faisions une super course jusque-là. Mais une chose est sûre : nous devons piloter comme des fous en ce moment pour être dans cette position. C’est comme ça. »

Aitken dénonce un comportement hors limites

Ce choc a une portée comptable majeure pour Jack Aitken, qui voit son avance en tête du championnat GTP se réduire par rapport à Laurin Heinrich (Porsche n°5 / JDC-Miller Motorsports), ce dernier ayant récupéré la 2e place de la course après la pénalité infligée post-course à l’Aston Martin Valkyrie n°23.

Le pilote de la Cadillac n°31 regrette une agressivité exagérée en piste :

« C’est vraiment dommage parce que, même si nous n’étions peut-être pas tout à fait là où nous le souhaitions en termes de rythme pur, l’équipe a fait un travail fantastique pour nous placer dans la bagarre pour la victoire et le podium. Et je pense simplement que le pilotage de certains autour de nous a dépassé les limites. C’est regrettable car beaucoup d’efforts sont déployés, et nous aurions pu empocher un autre très bon résultat pour poursuivre notre solide saison. Mais nous allons ramasser les morceaux, tourner la page et tout donner pour les deux dernières courses. »

Un agacement partagé par son coéquipier Earl Bamber, très incisif envers l’attitude de leur rival en piste :

« C’est un peu triste pour le sport automobile que d’autres doivent s’abaisser à de tels niveaux, jusqu’à sortir des voitures pour conserver leur position. L’IMSA demande une course propre et équitable, et nous pensons nous battre très loyalement. On a le sentiment que nos concurrents veulent tester les limites absolues de cela et, malheureusement, cela a sorti Jack. »

Florian Defet

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club