| 24 février 2024 | par

Esteban Masson, partie 2 : « Y aller crescendo et progresser tout au long de la saison »

© CHHD photography

Dans cette deuxième partie de l’interview, Esteban Masson, qui partage le volant de la Lexus RC F GT3 n°87 avec José Maria Lopez et Takeshi Kimura, se confie sur son implication au sein du programme LMGT3 chez Akkodis ASP. Il évoque également avec Endurance24 son avenir en sport automobile, plus particulièrement en Endurance.

A l’aube des débuts de l’écurie française en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, on imagine aisément le travail méticuleux accompli cet hiver.

« Oui, surtout au niveau de l’équipe. Cela a représenté beaucoup de travail durant l’intersaison. J’ai eu la chance de participer à deux tests, donc j’ai roulé deux journées avec la voiture, une journée à Barcelone et une journée au Castellet, ce qui n’est finalement pas énorme. Mais en même temps, il y a tellement de travail en amont des roulages et en dehors de la piste à faire que ça prend énormément de temps à l’atelier pour toute l’équipe. Les tests sur piste ont été très concluants et très importants pour cette saison qui arrive. Forcément, il y a beaucoup de choses à mettre en place parce que c’est un nouveau championnat pour nous, avec une nouvelle voiture, et un nouveau règlement. Tout ça est différent, que ce soit pour les pilotes ou l’équipe. Le travail va être très important sur la première partie de la saison. »

Outre le passage d’une monoplace à la GT3, le format Pro-Am de la catégorie LMGT3 du WEC qui s’articule autour du pilote Bronze est également une nouveauté pour le Champion de France F4 2021 et le Champion Eurocup-3 2023.

« C’est forcément une façon de travailler un peu différente parce qu’on ne règle pas la voiture pour nous-mêmes, mais c’est quelque chose qui s’est fait assez naturellement. On essaie de s’adapter, notamment au bronze. C’est une grosse partie du travail également de pouvoir s’entraider entre pilotes et avec l’équipe au niveau du setup. Les courses vont se gagner avec le pilote bronze. Il s’agit de l’accompagner du mieux possible et adapter la voiture à son pilotage. Des erreurs, tout le monde va en faire. L’objectif est d’en faire moins que les autres, côté team et du côté des pilotes pour se donner les meilleures chances de bien figurer. »

© Akkodis ASP

Le troisième pilote de l’équipage n’est autre que José Maria Lopez, double Champion du Monde FIA WEC (2019 et 2021) et vainqueur des 24 Heures du Mans (2021) dans la catégorie reine.

« C’est une chance de l’avoir aussi à nos côtés. Il a participé au championnat ces dernières années, donc il a aussi une connaissance à ce niveau-là qui va être importante pour nous, pour moi et pour toute l’équipe. Et ça va être intéressant de partager tout ça. L’équipe connaît bien le GT3, donc ils peuvent le guider. C’est un excellent pilote, donc ça va être intéressant. Autant pour moi que pour l’équipe, le but est de s’entraider tous ensemble pour pouvoir faire au mieux sur toute la saison et surtout de progresser. On verra où on en est au début de la saison. Et puis le but, ça va être d’y aller crescendo et de progresser tout au long de la saison. »

L’implication de Toyota Gazoo Racing dans ce programme LMGT3 est conséquente. Esteban et ses coéquipiers ont eu l’occasion de prendre place dans le simulateur du constructeur nippon qui a modélisé la Lexus RC F GT3. Dans le cockpit de la Toyota GR010 Hybrid, excusez du peu !

« Après le test au Castellet, on est allé directement chez Toyota pour faire du simulateur. C’est là où ils étaient vraiment super contents du travail qu’on a effectué. Et voilà, on va être amené à en refaire de temps en temps. C’est un travail qui est aussi intéressant et que j’aime bien faire. Et comme je le disais, plus je vais pouvoir être impliqué dans le travail de l’équipe, mieux je me sentirai. »

© CHHD photography

Le soutien de TGR Europe, associé à l’expertise de l’équipe de Jérôme Policand, forme un ensemble solide. Bien qu’il soit encore trop tôt pour parler d’objectifs précis, la première épreuve au Qatar permettra d’y voir plus clair.

« On y va tous pour gagner je pense, c’est le but. Honnêtement, on verra où on en est au début de l’année et c’est vraiment de là où on partira pour progresser et qu’on soit bien placé ou pas, il va falloir continuer de travailler toute l’année. Mais ce que je veux dire, c’est qu’on aura une meilleure idée de la hiérarchie au début de l’année, parce que forcément, c’est une nouvelle voiture aussi qui intègre le championnat comme il peut y en avoir d’autres également. C’est dur de juger pour l’instant. Forcément, vu qu’il y a eu aucune comparaison, celle-ci se fera forcément aux premiers essais, au Prologue. » 

Du haut de ses 19 ans, Esteban Masson compte bien profiter de ce premier programme en Endurance pour nourrir de nouvelles ambitions, en essayant de se faire remarquer par un constructeur.

« C’est une première année pour moi dans une discipline complètement différente. Mon objectif va être plutôt similaire à celui de l’équipe. Ce ne serait pas très constructif de se baser que sur une course. Donc j’attends de voir mon début de saison pour pouvoir juger vraiment où j’en suis aujourd’hui.  

Je vais faire mon maximum pour n’avoir aucun regret.

A court terme, mon objectif est de progresser sur toute la saison, d’avoir une implication au niveau de l’équipe et de mes coéquipiers la plus importante possible pour pouvoir les aider, mon bronze notamment, et l’équipe à bien figurer. La régularité sera très importante et mon but à long terme, depuis tout petit, est d’être pilote professionnel, vivre de ma passion. Je vais faire mon maximum pour n’avoir aucun regret. »

Arnold Robin à gauche, Esteban Masson à droite © Akkodis ASP

Didier André, son manager, se montre plus loquace quant aux ambitions de son protégé.

« J’ai eu un échange très constructif avec Esteban afin de savoir si ce contrat chez Akkodis était vraiment un aboutissement ou si c’était le début de quelque chose qui pouvait l’emmener plus haut. Actuellement, il a la possibilité de travailler pour un constructeur, en l’occurrence, c’est le premier constructeur mondial avec des programmes automobiles chaque année.

Il faut clairement viser l’Hypercar

C’est pour ça qu’on a mis en place un programme avec Esteban où il vit à côté d’Annecy puisqu’il est 3 à 4 jours par semaine chez 321 Perform, où il fait aussi bien de la préparation physique, mentale que du travail neurologique. Esteban va débuter les cours de japonais, c’est important. Alors je ne lui demande pas de parler couramment le japonais, mais au moins savoir dire quelques phrases, quelques mots, par respect. »

Après avoir décroché son bac en 2022, Esteban Masson est pleinement concentré sur sa carrière en sport automobile. Il a passé en 2023 son DEJEPS, diplôme d’État au sein de la Fédération Française de Sport Automobile, lui permettant d’accompagner des pilotes, notamment des gentlemen drivers, en toute légitimité.

 

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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