| 23 février 2024 | par

Esteban Masson (Akkodis ASP), partie 1 : « Un tournant dans ma carrière ! »

© Antoine Evora / Akkodis ASP

La carrière d’Esteban Masson prend un nouveau tournant au Qatar, où il quitte le monde de la monoplace pour tenter sa chance en Endurance. Il commencera en LMGT3, avec l’espoir de prétendre un jour à un baquet en Hypercar.

Esteban Masson, à seulement 19 ans, s’apprête à faire le grand saut dans le Championnat du Monde d’Endurance de la FIA. Il pilotera la Lexus RC F GT3 n°87 d’Akkodis ASP aux côtés de José Maria Lopez, transfuge du programme Hypercar, et du gentleman driver nippon, Takeshi Kimura.

Le Franco-Canadien, Champion de France F4 en 2021 et Champion Eurocup-3 (F3R) en 2023, peut compter sur les conseils avisés et le soutien indéfectible de son manager Didier André, ancien pilote accompli qui connaît parfaitement l’endurance.

À l’occasion de la première manche de la saison au Qatar, Endurance24 a eu l’occasion de s’entretenir avec le jeune homme dont l’expérience en GT se limite aux 8 Heures de Bahreïn 2023, chez Kessel Racing. Découvrez la première partie de cet entretien au long cours…

Esteban, quel a été le déclic de ce passage de la monoplace à l’Endurance ?

« Mon parcours en monoplace a commencé en 2021 quand on a fait le choix (avec Didier André. Ndlr) de partir en Championnat de France F4. Mon parcours en monoplace fut assez fructueux avec deux titres en trois ans. Après le titre décroché l’an dernier en Eurocup-3, j’ai eu l’opportunité d’intégrer le WEC et la décision a été de choisir entre continuer en monoplace ou alors partir vers l’endurance.

Sachant que les budgets en monoplace pour faire une saison en FIA F3 sont astronomiques aujourd’hui, je n’aurais peut-être même pas eu l’occasion de réunir un budget nécessaire pour faire une saison à la « hauteur » en tant que rookie.

Courir en championnat du monde où les plus gros constructeurs […] sont présents

C’est une opportunité qui ne se refuse pas. J’ai la chance de pouvoir courir en championnat du monde où les plus gros constructeurs et les plus importantes équipes sont présents. Ça a pesé dans la balance et le choix s’est fait avec toute l’équipe. »

Esteban Masson (Akkodis ASP), partie 1 :

© MPS Agency

Comment cette opportunité avec l’équipe Akkodis ASP s’est-elle présentée ?

« Grâce au réseau de Didier, à un moment où il allait être compliqué de bien faire les choses en monoplace, l’opportunité s’est présentée. C’était le moment d’envisager peut-être un changement de trajectoire. J’ai ainsi pu faire ce test avant la dernière manche du championnat Eurocup-3, à Barcelone avec l’équipe Akkodis (au lendemain de la finale du GT World Challenge Europe Endurance Cup). C’est grâce à ce test que l’opportunité de la dernière course à Bahreïn est arrivée. Et après cette course et le test, nous avons eu l’opportunité de signer chez Akkodis pour cette saison de WEC sur la Lexus. »

Cette journée d’essais à Barcelone a véritablement été l’élément déclencheur de ce programme. Pouvez-vous nous en dire plus ?

« Je me suis retrouvé dans la Mercedes-AMG avec laquelle Raffaele Marciello venait de remporter le titre la veille. J’appréhendais un peu car je ne connaissais ni la voiture ni l’équipe. À mon arrivée, tout le monde m’a mis à l’aise. Ce n’était pas facile car j’étais le seul qui n’avait aucune expérience en GT à ce moment-là et j’ai roulé contre des pilotes qui en avaient. L’objectif était de m’améliorer constamment, de m’adapter aux conditions et à la voiture. Je dirais que j’ai fait une soixantaine de tours, ce qui n’est pas énorme, et je n’ai même pas fait de longs runs.

Tout le travail que j’ai fait avec Didier et toute l’équipe au cours de ces cinq dernières années a porté ses fruits

L’objectif a été atteint et je tiens à dire que j’ai pris énormément de plaisir. J’étais très heureux toute la journée. Tout le travail que j’ai fait avec Didier et toute l’équipe au cours de ces cinq dernières années a porté ses fruits à ce moment-là, qui a marqué un tournant dans ma carrière. »

Esteban a dû mettre en pratique sa capacité d’adaptation pour exprimer son talent au volant d’une GT, dont le pilotage est bien différent de celui d’une monoplace.

« C’est forcément beaucoup plus lourd, on n’est pas centré dans le cockpit, il y a beaucoup moins d’aéro et c’est plus puissant. Le pilotage en soi et les sensations sont différentes. On sent un peu moins les choses venir. Par contre, j’ai été agréablement surpris par l’aéro, notamment avec les GT3. J’ai été agréablement surpris par cela et par leurs performances dans la gestion des pneus. Je dirais que globalement, il y a beaucoup plus de gestion à avoir parce que la dégradation est plus élevée en fonction des circuits. » 

Esteban Masson aux 8 Heures de Bahreïn © MPS Agency

En quelques semaines seulement, le jeune homme a eu l’occasion de s’essayer à la Ferrari 488 GTE Evo, la Mercedes-AMG GT3 Evo et la Lexus RC F GT3. De quoi accumuler de l’expérience en peu de temps.

« En trois roulages que j’ai faits en GT, j’ai roulé dans trois voitures différentes. En peu de temps, j’ai assimilé des comportements et des sensations un peu différentes sur ces GT. Je ne serai jamais assez reconnaissant envers toutes les personnes qui ont mis tout cela en place. Et je suis très content d’avoir pu essayer autant de choses en si peu de temps. Cela a été très bénéfique et je pense que cela va beaucoup m’aider pour le début de la saison, notamment la course que j’ai faite à Bahreïn. C’était vraiment une super opportunité. Et c’est aussi ce qui a pesé dans la balance sur le fait que j’étais un bon atout pour l’équipe cette saison. »

Ne manquez pas la suite de notre entretien avec Esteban Masson demain. Dans la deuxième partie de l’interview, il partagera ses impressions et ses attentes à l’approche du Prologue. Il nous dévoilera également ses ambitions à moyen terme.

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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