© FIA WEC / DPPI
BMW M Team WRT a remporté ce samedi aux 6 Heures de Spa-Francorchamps sa toute première victoire dans l’ère Hypercar du Championnat du Monde d’Endurance FIA WEC. Un succès historique construit moins sur la performance pure que sur une lecture stratégique parfaite de la course par l’équipe belge dirigée par Vincent Vosse.
Parties seulement des 10e et 11e positions sur la grille, les deux BMW M Hybrid V8 semblaient loin de pouvoir jouer la victoire. Mais très rapidement, WRT a décidé de bouleverser la course.
Dès le premier arrêt, la n°20 de René Rast, Sheldon van der Linde et Robin Frijns a adopté une stratégie décalée avec un ravitaillement écourté permettant de replacer rapidement la voiture en tête et surtout en air libre.
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« On avait parlé de cette stratégie avant le départ, mais on ne savait pas quelle voiture allait faire ce pari », explique René Rast. « Au final, ça a été nous et on a eu de la chance car on a gagné grâce à ça. Nous savions que cette stratégie, si tout allait dans notre sens, allait payer. »
Le pilote allemand reconnaît lui-même ne pas avoir imaginé un tel scénario avant le départ. « Si quelqu’un m’avait dit ce matin qu’on se battrait pour un doublé BMW, je ne l’aurais pas cru. En qualifications, il nous manquait un peu de rythme et on souffrait dans le trafic. Mais l’équipe a réalisé un miracle au niveau de la stratégie. »
Une fois replacée en tête, la BMW n°20 a pu exploiter pleinement son potentiel. D’ailleurs, lorsqu’on observe le rapport sur les meilleurs 50 % de tours maximaux de chaque pilote, les trois pilotes de la n°20 ont été au-dessus du lot : « Ils m’ont rapidement placé en tête et là, la voiture volait littéralement », poursuit Rast. « On avait un super rythme tout au long de la course dès qu’on était dans l’air libre. »
Libérée du trafic Hypercar, la BMW a enchaîné les tours rapides tout en réduisant sa consommation énergétique. Tour après tour, l’écart s’est creusé jusqu’à atteindre plusieurs dizaines de secondes avant les neutralisations.
Cette maîtrise stratégique a rappelé les grandes heures de WRT en GT3, discipline dans laquelle l’équipe belge s’est forgée une réputation de référence.
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Le pari restait néanmoins extrêmement risqué. Sheldon van der Linde reconnaît que l’arrivée d’une neutralisation au mauvais moment aurait pu totalement ruiner la course de la BMW n°20.
« Nous savions que c’était une stratégie risquée, mais quand on part à l’arrière du peloton, il faut tenter ce genre de pari », explique le Sud-Africain. « Si une Virtual Safety Car était sortie au mauvais moment, nous aurions probablement replongé dans le trafic. »
Mais cette fois, tous les éléments se sont alignés. « C’est un véritable conte de fées. Cela arrive au moment idéal pour l’équipe. Cela fait trois ans que nous sommes engagés dans ce programme et nous étions déjà passés très proches de la victoire. »
Les différentes neutralisations en fin de course ont toutefois totalement relancé le suspense. La deuxième BMW, la n°15 de Kevin Magnussen, Dries Vanthoor et Raffaele Marciello, s’est alors retrouvée dans un rôle de protection stratégique derrière la voiture sœur.
Contrairement à la Ferrari 499P n°50 d’Antonio Fuoco équipée de quatre pneus neufs lors du dernier arrêt, Magnussen n’a quasiment pas changé de pneus, conservant une stratégie minimale pour rester en piste.
Le Danois a alors résisté à tous les assauts de la Ferrari afin de sécuriser le doublé BMW et permettre à Robin Frijns de s’échapper définitivement. Grâce à ce doublé, BMW arrivera aux 24 Heures du Mans en tête du championnat du monde d’endurance des constructeurs.