| 10 octobre 2022 | par

Un avant, un pendant, et un après Grand Prix Explorer

© GP Explorer

Pourquoi t’es aigri ?

On a rarement eu autant de réactions sur une publication de nos amis de la page Facebook 23h56 du Mans, et c’est plutôt révélateur. Alors on a décidé, avec 23h56, d’expliquer la lecture du post. Et un peu plus. Analyse :

Des tribunes pleines en photo sur la ligne droite des stands et ce dès 9h du matin un samedi ? Mais que se passe-t-il ?

Déjà dire qu’il y avait plus de monde qu’en ELMS avait bien entendu une double lecture : celle de la réussite dès 9h du matin du défi de Squeezie et le constat que les championnats de nos coeurs peinent parfois a faire aussi bien. Rien de plus au final.

© GP Explorer

On ne va pas vous le cacher que « payer 40 balles pour voir des F4 » sur le papier ne nous faisait pas bien rêver. Pour des puristes de sport méca, il est clair qu’au départ cela pouvait poser question de faire le déplacement ou pas. Seulement voila, cet événement n’était pas calibré ni destiné à ce public. Habitué ou non du sport auto, le GP Explorer était destiné à la communauté de chaque « influenceur », et le sport auto n’était que support.

Alors il y avait quoi pour 40 balles ? Une journée complète sur le circuit, essais, qualifs, course et des animations au village, dont le concert de Big Flo et Oli. Comparez les prix de certains évènements et festivals et vous verrez qu’il n’y a rien d’aberrant. Sachez qu’un Rennes-Lyon vous coutera 47 euros dans un virage du Roazhon Park..

L’autre questionnement était bien entendu le contenu de la journée. Comment occuper 40 000 spectateurs pendant une journée sur le circuit ? À titre personnel nous sommes allés au premier ePrix de Paris (qui n’a jamais eu vocation à remplacer la F1…) en 2016. La seule chose qu’on peut vous dire c’est que le fiasco, on l’avait senti dès notre arrivée… Hier matin sur les réseaux il n’y avait rien de négatif sur ce qu’il se passait sur place… Allez quelques bouchons en entrant au circuit…

Pour souvenir la dernière fois qu’on a parlé du circuit du Mans au journal de 20h, c’était pour le crash de McNish en 2011. Alors voir le circuit plein de manière positive à une heure de grande audience, on prend.

Pourquoi râler ?
 
Parce que ce sont pas de « vrais pilotes » ? Certes, quand on est habitué à voir une Hypercar foncer à toute berzingue à l’entrée des Hunaudières, il est compréhensible de ne pas vouloir voir tourner que des « petites » F4. Mais tout de même, plusieurs mois de formation complète, similaire à celle des jeunes pilotes – et pas que sur simulateur dans leur chambre.
 
Il en résulte pour Depielo, le poleman de samedi, un temps en 1’41 »958. À titre de comparaison, il se murmure qu’un jeune de F4 a récemment tourné en 1’37 sur le Bugatti. Pas si mal le gap, non ? Gagner le GP Explorer ne fait pas d’eux des Champions du Monde de F1, tout comme gagner Questions pour un Champion ne fait pas de vous un Prix Nobel.
 

© GP Explorer

Si l’organisateur du GP a réussi à faire venir autant de « petits jeunes », c’est parce que tout a été pensé pour les fans. Une nouvelle génération prend place autour du tracé, plus connectée, plus diverse aussi. Face à des protagonistes qui leur ressemble, qui leur parle. Certes, la plupart des spectateurs n’ont jamais mis les pieds sur un circuit. Peut-être, et alors ? Il y avait un QCM sur les Group C à remplir pour rentrer dans l’enceinte ? Non. Et vous, la première fois que vous étiez sur un circuit, où en étaient vos connaissances ?

Ce qu’on a lu et entendu de la « génération cible », c’est l’envie de revivre ou faire un événement comme ça. Certains repartiront ravis sans pour autant réitérer l’expérience sport auto, et alors ? Quand on va au Puy du Fou, on ne finit pas tous avec l’envie de devenir cavaliers… Oui, certains iront voir le site de la FFSA pour s’informer sur l’école du sport auto. Oui, certains iront faire du kart entre potes après ça… Oui, certains vont garder un magnifique souvenir de l’arène du Mans et auront envie d’y retourner.

L’envie c’est ça qui manque actuellement à cette jeune génération de venir voir une Hypercar tourner. L’envie de suivre untel ou untel pendant 24H – de vibrer comme ils ont pu le faire ce week-end.

© GP Explorer

À notre époque, on a rêvé d’être pilote en jouant à GT4 et on espérait gagner la GT Academy pour y parvenir. Bien sur, le résultat n’a pas été là mais nos premières économies ont été dépensées sur le circuit à suivre Loeb sur sa Pescarolo. La même voiture que dans le jeu… Sony avait réussi ce lien entre la jeune génération et le sport auto… Qui râlait ? À L’époque on avait pris une claque, une sacrée claque en venant dans La Sarthe et nul doute que les spectateurs d’hier ont pris leur claque aussi. Une claque différente, mais une claque quand même. Celle qui te dis « j’y étais » et qui te dis « j’y retournerai ».

L’autre réussite, ce sont les partenaires, parfois complètement inconnus du milieu du sport auto, à l’heure où les équipes et les pilotes de nos disciplines favorites peinent parfois à trouver le budget nécessaire, et de remplir les tribunes… Que doivent faire pilotes et promoteurs pour qu’il en soit ainsi dans les événements traditionnels ?

Clairement, les vives réactions du post et le succès incontestable du GP Explorer prouvent qu’il y aura assurément un avant et un après du côté de l’ACO. N’en déplaise à certains, il n’y a que du positif à en retenir. D’autant plus avec la volonté affichée de tirer toutes les bonnes conséquences de ce weekend, comme un passage de relais entre l’avant et l’après centenaire des 24 Heures du Mans.

2024, on déjà hâte…

Écrit en collaboration avec 23h56 du Mans

Co-fondateur du site Endurance24⎥Rédacteur et photographe depuis 2018.
À propos de l'auteur, Pierre-Louis Le Mouëllic

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