Après trois victoires consécutives de Ferrari dans la Sarthe, Toyota Racing semble aborder les 24 Heures du Mans 2026 avec davantage d’arguments que lors des deux dernières éditions. Entre évolution de la TR010 Hybrid, performances convaincantes en ce début de saison et expérience unique de l’écurie japonaise, les cartes paraissent rebattues.
Depuis 2023, Toyota regarde Ferrari soulever le trophée des 24 Heures du Mans. Une situation inhabituelle pour le constructeur japonais, qui avait auparavant imposé sa loi sur l’épreuve avec cinq succès consécutifs entre 2018 et 2022.
Mais à l’aube de cette 94e édition, le sentiment est différent. Les premiers rendez-vous de la saison ont montré une TR010 Hybrid de nouveau capable de jouer les premiers rôles.
La victoire et la troisième place décrochées à Imola en sont la meilleure illustration. À Spa-Francorchamps, Toyota semblait également en mesure de monter sur le podium avant qu’une erreur stratégique ne vienne compromettre les chances de la n°8 de Ryo Hirakawa, Sébastien Buemi et Brendon Hartley.

© FIA WEC / DPPI
« Je pense que nous avons réalisé un bon début de saison avec cette victoire à Imola », analyse Hirakawa auprès d’Endurance24. « C’était important parce que nous avons une nouvelle évolution de la voiture cette année et il fallait démontrer qu’elle était performante. À Spa, nous avons été un peu malchanceux avec la stratégie, nous aurions pu terminer deuxièmes. Je pense donc que nous avons pris un bon départ. »
Une Toyota plus proche des meilleurs
L’hiver a été marqué par l’utilisation du joker d’évolution autorisé par le règlement Hypercar. Sans révolutionner la voiture, Toyota a cherché à optimiser certains domaines où la TR010 Hybrid souffrait face à ses rivales.
« On a essayé d’optimiser tout ce qu’on pouvait », explique Sébastien Buemi. « Il y a des limites en termes de traînée et d’appui, donc ce n’est pas comme si on pouvait ajouter énormément d’appui ou modifier radicalement la voiture. On a essayé de trouver de la performance, c’est un peu mieux, mais tout le monde a progressé.
À Imola, on était bien. À Spa, sans notre erreur, on aurait pu terminer deuxièmes. Ça montre que sur les deux premières courses nous étions à nouveau rapides en course. »
Une différence notable par rapport à l’an dernier, où Toyota semblait davantage subir qu’attaquer. « L’an dernier, on était à la peine. Même si en course on arrivait à être solides grâce à notre exécution, on n’avait pas vraiment le rythme. Ici, il faut être rapide pour espérer gagner. Avec l’expérience et les améliorations apportées à la voiture, on devrait être devant. »

© MPS Agency
« L’an dernier, nous n’avions aucune chance. » Ryo Hirakawa ne cache pas que la situation est bien différente de celle vécue en 2025. « Au minimum, il faut que nous soyons dans la bataille. L’année dernière, honnêtement, il n’y avait aucune chance. La voiture était trop lente. Cette année, je pense que nous avons une voiture compétitive. Nous avons une chance. Ce n’est pas seulement une question de vitesse. La voiture ne doit pas casser. Elle doit être performante et constante pendant toute la course. Ensuite, à nous, les pilotes, de faire le travail. »
Dans un plateau Hypercar plus dense que jamais, la moindre erreur pourrait coûter très cher. « Le niveau est tellement serré que si vous commettez une erreur, vous vous retrouvez immédiatement à l’arrière. Même en qualifications, si vous manquez un virage, vous perdez plusieurs positions. Il faut être rapide mais aussi extrêmement constant. »
Ferrari toujours favorite ?
Malgré cet optimisme retrouvé, Toyota refuse d’endosser le costume de favori. « Ferrari a gagné trois fois de suite », rappelle Buemi. « Si on parle des favoris, ce sont eux. Ils ont montré qu’ils savaient gagner ici et ils ont toujours un avantage en vitesse de pointe. Toutefois : « On a travaillé dur. Le joker d’évolution, on l’a utilisé pour essayer de trouver de la performance. On joue une grande partie de notre saison sur Le Mans, c’est la course la plus importante à gagner. »
L’autre inconnue concerne les nouveaux pneumatiques Michelin, qui pourraient influencer les stratégies. « La mise en température est meilleure, mais il y a aussi un prix à payer en termes de performance pure. La différence, c’est qu’aujourd’hui les trois gommes semblent utilisables dans une large fenêtre. On pourrait voir des stratégies très différentes selon les équipes.
Nous avons travaillé dur pour être dans le coup. Cela va se jouer à très peu de choses. À nous d’aller chercher tous les détails, » conclut Buemi.
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