Après plusieurs mois passés à développer l’Hypercar de Floyd Vanwall Racing Team, Tom Dillmann est fin prêt à retrouver la catégorie reine du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, à Sebring.
L’Alsacien retrouve une équipe qui lui est familière puisque c’est avec l’entité autrichienne ByKolles, qui a conçu et développé cette Hypercar, qu’il a disputé les 24 Heures du Mans en LMP1.
Le coéquipier de Jacques Villeneuve et Esteban Guerrieri a répondu aux questions d’Endurance24 à quelques jours des 1000 Miles de Sebring, première manche de la saison 2023.
Tom, comment abordez-vous la première course au volant de la Vanwall Vandervell 680 ?
« Nous n’avons pas roulé depuis le mois de décembre, car il a fallu se focaliser sur les tests d’homologation qui prennent beaucoup de temps et beaucoup de ressources. Étant donné que nous n’avons qu’une seule voiture, c’est la même voiture qui a passé le processus d’homologation et qui va rouler à Sebring. C’est la catégorie où il faut être en ce moment et où il faudra être les prochaines années. Sebring sera une grosse séance d’essais pour nous. Nous n’avons pas pu beaucoup rouler avec les pneus froids, quand d’autres ont énormément roulé. Je pense que nous manquons un peu de roulage pour pouvoir exploiter la voiture à son maximum. Cela devrait venir au fur et à mesure des courses. »
Depuis le dernier test en Espagne, mi-décembre, le développement ne s’est pas pour autant arrêté ?
« Nous avons pu faire des tests en soufflerie pour choisir différentes solutions aérodynamiques. C’était vraiment top de pouvoir réaliser une grosse journée au début du mois de février. Cela a laissé le temps d’analyser les données et de produire les éléments qui ont été choisis de manière optimale dans le cadre de notre fenêtre aérodynamique. C’est d’ailleurs la version optimisée de la voiture qui a été présentée à l’homologation. »

© Vanwall
Avez-vous réalisé un test d’endurance à l’instar de vos rivaux ?
« Nous n’avons pas eu le temps et cela demande des gros moyens. Ce qui est sûr, c’est que la voiture est assez simple, sans système hybride. D’un point de vue mécanique, il n’y a pas de circuit en Europe qui mette la voiture en grande difficulté comme Sebring. Ce sera un gros juge de paix, pour nous comme pour les autres. Nous restons prudents, on espère que rien ne cassera et que la voiture sera solide. »
Êtes-vous confiant en termes de fiabilité au regard des essais menés ?
« Les essais se sont très bien passés au niveau de la fiabilité, c’était un bon point. Sebring, c’est une épreuve très dure et ce sont huit heures de course, il va faire chaud, le circuit est très bosselé et fait office de juge de paix. Notre voiture est encore jeune et nous ne l’avons pas encore poussée dans ses derniers retranchements comme elle le sera à Sebring. Nous sommes confiants, mais nous restons humbles. Si on arrive à passer Sebring sans encombre, sans parler de performance car la voiture a beaucoup de marge de ce côté-là, ce sera hyper encourageant. On reste prudent. »
Colin Kolles a déclaré il y a quelques jours que Floyd Vanwall Racing Team ne venait pas faire de la figuration. Qu’en pensez-vous ?
« Je pense que la voiture a du potentiel. Le règlement, de la façon dont il a été élaboré, devrait permettre à tout le plateau d’avoir une chance de faire un bon résultat, même sans parler de BoP, à travers la fenêtre aéro prévue ou encore la puissance mesurée aux roues. Évidemment que nous ne venons pas pour faire de la figuration. Il y a la performance de la voiture d’un côté et l’exploitation de l’autre. Le facteur humain, d’un point de vue des arrêts aux stands, des stratégies, des réglages, jouera un rôle très important et il faudra être bon là aussi là-dessus. »

© Jaguar
Michelin a introduit une nouvelle spécification pour palier l’impossibilité de chauffer les pneus. Vous n’avez cependant pas pu les essayer ?
« Il y a en effet ce petit changement côté pneus puisque nous partirons en piste avec des pneus froids, avec les lesquels nous n’avons pas encore roulé. Cela fait partie des choses qui me font dire que Sebring sera un gros test pour nous et nous n’exploiterons pas toute la performance de l’auto. Partir à froid, c’est pareil pour tout le monde certes, mais c’est compliqué avec des autos de 700 ch et assez lourdes. Nous essayerons de faire au mieux. »
Sebring marquera également la première course du nouveau trio que vous formez avec Esteban Guerrieri et Jacques Villeneuve. Comment appréhendez-vous cela sachant que Jacques n’a pas beaucoup roulé ?
« Esteban et moi avons fait le plus de kilomètres dans l’auto. Depuis le test de décembre, la voiture a évolué avant l’homologation, l’équipe a cependant pu optimiser grâce à cette séance de développement en soufflerie. La voiture sera donc un peu différente de celle avec laquelle nous avons pu rouler. Jacques n’a dû faire que trente tours à Barcelone. Il devra donc beaucoup rouler à Sebring pour se mettre en jambes, connaître la voiture et pour voir où il en est. »
Outre son programme Hypercar, Tom Dillmann aura fort à faire cette année encore avec son rôle de pilote de réserve et de simulateur pour Jaguar TCS Racing en Formule E.
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