| 30 janvier 2023 | par

Simon Pagenaud (MSR) : « C’est incroyable ce que nous avons fait ! »

Simon Pagenaud a triomphé pour la deuxième année consécutive aux Rolex 24 Heures de Daytona, la première fois dans la catégorie reine GTP.

Accompagné sur la plus haute marche du podium par ses coéquipiers de l’Acura ARX-06 du Meyer Shank Racing, Helio Castroneves, Tom Blomqvist et Colin Braun, il est le premier français à avoir gagné la classique floridienne deux fois de suite. Entretien.

Quels sont vos premiers mots après cette course ?

« C’étaient des superbes 24 Heures. Je me suis régalé au volant et battre des gros teams comme Penske, Ganassi et Wayne Taylor. C’est une grosse satisfaction pour Oreca et Acura, c’est incroyable ce que nous avons fait ! »

Simon Pagenaud (MSR) :

© Nico Deumille

Lors de notre interview jeudi dernier, vous étiez assez inquiet concernant la fiabilité ?

« J’ai eu tort. Tant mieux. C’est assez impressionnant car comme je l’ai dit l’autre jour, nous n’avons pas fait de simulation de 24 heures, ni même de 5 heures. Chaque heure, je m’attendais à ce qu’il se passe quelque chose, encore même dans le dernier tour. La voiture a tenu, elle est costaude, elle va vite et je souhaite dire aussi qu’il y a une balance de performance qui encadre les puissances et qui garantit les mêmes performances aérodynamiques, l’Acura est donc juste meilleure. »

Il y a eu un contact au virage 5 avec l’Oreca LMP2 de Tower Motorsports, pour lequel vous avez reçu un avertissement. Comment l’avez-vous vécu à bord ?

« Je n’ai même pas senti de choc. J’ai vu dans le rétro qu’il avait fait un tête-à-queue, je savais que c’était serré, mais je pensais qu’en fait il me laissait passer. Pour moi, à ce moment-là, il a fait un tête-à-queue de lui-même. On ne m’a pas vraiment dit à la radio qu’il y avait eu un warning, donc je n’y ai pas trop pensé d’autant plus qu’il n’y a pas eu d’impact et la voiture n’a pas eu de trace. »

© Nico Deumille

Quelle était l’opération répétée sur différents arrêts aux stands par vos mécaniciens avec une sorte de pompe ?

« Je ne connais pas exactement le détail, mais on doit vérifier l’état de l’huile dans la voiture. Cela fait partie des contrôles qu’Acura fait. Ils mesurent l’huile et s’assurent que tout fonctionne bien dans la boîte de vitesses. Il y a eu une petite fuite dans la boîte assez tôt dans la course, donc on contrôlait ça et on s’assurait de remettre suffisamment d’huile dans la boîte pour qu’il n’y ait pas de perte de performance. »

Michael Shank a indiqué en conférence de presse qu’il y avait eu un problème de boîte de vitesses toute la nuit. Comment avez-vous géré cela ?

« Nous ne l’avons pas senti dans la voiture. Elle fonctionnait très bien. On perdait un petit peu de pression d’huile. C’était une inquiétude dès le 200e tour, mais cela a tenu près de 800 tours. C’était inquiétant, mais stable. »

Comment avez-vous abordé la course ? Étiez-vous en constante attaque ?

« Non, pas du tout. Le fait que nous allions beaucoup plus loin dans les relais c’est que nous économisions beaucoup plus que les autres. Cela nous permettait de faire des relais plus longs et d’économiser les trains de pneus puisque nous étions limités. On essayait de réduire un arrêt aux stands et nous nous assurions que nous étions les derniers à ravitailler pour avoir un avantage sur le dernier relais. C’est un peu ce que nous avons fait l’année dernière également. Cela fonctionnait très bien, puisque nous étions en économie toute la course donc cela a permis d’économiser la voiture, mais aussi les pneus. Nous avons commencé à attaquer lorsque nous avons reçu le message d’attaquer, j’étais dans la voiture, et c’était à 5 ou 6 heures de l’arrivée. »

Simon Pagenaud (MSR) :

© Nico Deumille

Peux-tu nous raconter cette fin de course où tu replaces l’Acura en tête ?

« C’était une chance inouïe parce que nous avons eu le drapeau jaune qui nous a permis de recoller tout de suite à la Cadillac n°01. Nous avions la voiture la plus rapide depuis le début de la course. Mon job était de reprendre la tête, donner la voiture en tête à Tom et qu’il termine la course. Je me suis assuré d’utiliser tous mes atouts, toute mon expérience pour bien chauffer les pneus, les freins et dépasser la n°01. C’était une très belle bataille avec Sébastien. »

C’était une belle passe d’armes avec Sébastien Bourdais, qui était au volant de la Cadillac ?

« Sébastien c’est un de mes aînés et c’est quelqu’un qui m’a beaucoup aidé aux Etats-Unis et que j’apprécie beaucoup. J’ai beaucoup d’admiration pour le pilote et pour moi c’était une très belle bataille. »

Entre la victoire en DPi et celle-ci en GTP, quelle est la plus belle pour toi ?

« La première, car j’étais hyper stressé. A la fin, c’était Hélio qui était dans la voiture. Celle-ci s’est clairement bien mieux déroulée. Nous avions la voiture un ton au-dessus et il y avait un peu moins d’inquiétude à part quand Wayne Taylor est remonté dans la tour. Il y avait un peu de stresse vis-à-vis de cela. Globalement, il y avait une vraie confiance dans la performance de la voiture et des pilotes. »

Il y a encore du travail à faire pour être au point d’ici les 12 Heures de Sebring ?

« Non, ça c’est sûr. Déjà, je rentre ce soir à la maison et je pars le lendemain en Californie pour les essais IndyCar. Il y a des choses sur lesquelles on travaille tout l’hiver aussi parallèlement à l’endurance. Il y a des choses à vérifier en piste et c’est le programme de cette semaine. Il va donc falloir être en forme, que je me repose bien et cela va être une semaine hyper intéressante et ensuite il y aura Sebring. On a encore du travail sur l’auto, notamment pour le développement et l’utilisation des power unit. Il y a encore un peu de travail à faire là-dessus et la voiture a vraiment une très bonne base.

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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