| 28 janvier 2023 | par

Simon Pagenaud (MSR) : « La voiture n’a encore jamais bouclé 24 heures d’affilée »

© Nico Deumille

Vainqueur de la précédente édition des Rolex 24 Heures de Daytona, Simon Pagenaud tentera de réitérer la performance ce week-end, en GTP.

Le Français est en lice dans la catégorie reine au volant de l’Acura ARX-06 n°60 du Meyer Shank Racing, qu’il partage avec Helio Castroneves, Colin Braun et Tom Blomqvist qui a décroché la pole position dimanche dernier.

Nous sommes revenus avec le vainqueur des 500 Miles d’Indianapolis 2019 sur les débuts pour le moins prometteurs de l’Acura dans cette catégorie qui s’annonce particulièrement disputée lors de la 61e édition de la classique floridienne.

Simon, quel est votre ressenti avec la voiture après une domination des Acura en essais et en qualifications ?

« On partait de loin. Au départ, il y avait beaucoup de travail à faire, mais la voiture est super bien née, c’est une certitude. Elle est très plaisante à conduire et elle est également très stable aérodynamiquement parlant, ce qui la rend facile à piloter. Nous avons beaucoup travaillé avec Acura et tous les ingénieurs pour comprendre les systèmes. Pour moi personnellement, c’est vraiment une nouvelle ère avec ce système hybride embarqué et des freins arrière brake-by-wire. Il y a tout un système de calibrage pour faire en sorte que le moteur thermique fonctionne avec le moteur hybride et également avec les freins. Tout ça est une symphonie qui doit bien se mettre en route et c’est très compliqué à mettre en place. Il y a eu énormément de communication entre les ingénieurs, les pilotes et les mécaniciens. Nous avons fait un gros step en avant après la fin du mois de décembre, car c’est à ce moment-là que nous avons compris pas mal de choses. Nous avons également eu le nouveau type d’essence courant décembre, ce qui a eu une incidence sur l’exploitation de l’essence pour le moteur thermique. La voiture commence vraiment à montrer son potentiel, mais nous n’en sommes qu’au début. »

Simon Pagenaud (MSR) :

© Nico Deumille

Quelle a été votre implication dans le développement de cette Acura ARX-06 LMDh ?

« Je me suis complètement impliqué car c’est ma partie favorite. C’est aussi une de mes grandes qualités d’être metteur au point, tout comme la communication avec les ingénieurs. C’est quelque chose que j’aime particulièrement et c’est pour cela que j’ai souhaité m’investir pleinement. D’autant plus que durant l’hiver, c’est relativement calme en IndyCar ce qui m’a permis de me consacrer à 100% sur le programme. Pour moi, ce fut un très grand plaisir car ce sont des voitures évoluées technologiquement. Un grand pas par rapport aux DPi. »

Avez-vous réalisé une séance d’endurance avant d’arriver à Daytona ?

« Nous n’avons pas fait d’essais d’endurance. La voiture n’a pas encore bouclé 24 heures d’affilée. Cela n’a pas été testé, ni même tenté. Cela s’explique simplement par le fait que la voiture est arrivée fin août, me semble-t-il, et les tests ont commencé dans la foulée. C’est relativement tard par rapport à une équipe comme Porsche. Nous sommes obligés de respecter un certain process pour nous assurer que tout fonctionne et ensuite travailler sur la fiabilité. Très honnêtement, nous n’avons pas eu le temps d’en arriver à ce niveau-là. Ce sera la grande inconnue et ce, pour beaucoup d’équipes. Il va falloir un peu de temps pour que les GTP soient des voitures fiables. »

Simon Pagenaud (MSR) :

© Nico Deumille

Quelles sont les différences en termes de pilotage entre la DPi et la LMDh ?

« Le moteur en lui-même n’est pas issu d’un modèle de série, puisque c’est un vrai moteur de course, 2,4 litres qui devait être à l’origine le moteur IndyCar pour 2024. C’est un moteur qui a un temps de réponse très rapide, qui monte très haut en régime à 9 500 tours/minute, ce qui peut paraître surprenant pour un moteur d’endurance. On a aussi le système hybride qui vient se greffer par-dessus et encore une fois, les freins spécifiques à ce système, plus petits qui sont très efficaces. La voiture ralentit beaucoup avec le moteur MGU-K. C’est donc une sensation différente avec le freinage puisque cela agit plus sur l’axe arrière de la voiture que comme un vrai système de freinage. Le moteur thermique a un comportement différent car il doit constamment être en contrebalance du moteur hybride qui, lui, nous ralentit en phase de décélération. Il y a beaucoup de choses qui se passent au niveau sonore, mais aussi au ressenti, qui sont différents sur une voiture hybride. L’efficacité est exceptionnelle. »

On vous sent épanoui d’être impliqué dans la catégorie reine qui connaît un nouvel âge d’or ?

« C’est vraiment génial d’avoir cette chance de faire partie des prémices de cette catégorie. Pour moi, faire partie du développement d’une voiture, qui est bien née qui plus est, cela fait énormément plaisir. Cela me permet aussi de continuer de travailler avec mon écurie habituelle en IndyCar en parallèle de l’Endurance et cela nous renforce. Meyer Shank Racing est une équipe encore relativement jeune et faire contribuer à son évolution est vraiment chouette. J’ai eu la chance de conduire des voitures comme la Peugeot 908 HDI à moteur diesel turbo qui, à l’époque, était très évoluée. La technologie a bien évolué depuis et on peut faire des choses plus poussées. »

Simon Pagenaud (MSR) :

© Nico Deumille

Pouvez-vous imaginer un programme en IndyCar ou en Endurance l’un sans l’autre ?

« C’est une chance de pouvoir conduire deux voitures complètement différentes. Cela me permet de garder une ouverture d’esprit et d’amener du sang frais à chaque fois. Cela a toujours été un avantage. L’idéal a toujours été pour moi de faire un double programme. »

Avez-vous été approché par d’autres constructeurs ?

« Il y a eu beaucoup de contacts. Je lorgnais du coin de l’œil le règlement qui arrivait pour Le Mans et je ne trahis aucun secret en disant que je souhaite revenir aux 24 Heures du Mans. J’aimerais faire partie d’une équipe qui me permette de décrocher la victoire. J’ai la « chance » de dire que c’est la seule victoire qui m’échappe pour le moment. J’aimerais pouvoir retenter ma chance. Pour ce faire, il va falloir discuter avec les bons constructeurs. Il y a eu des discussions en effet, il y en a toujours. Il y a des choses qui se travaillent en coulisse. Nous sommes en train de vivre une époque magnifique pour l’endurance alors, en tant que pilote, c’est le bon moment pour être là et être dans le bon wagon. »

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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