Bon nombre d’observateurs avaient été quelque peu surpris en début d’année d’apprendre la présence de Richard Westbrook au sein de Cadillac Racing pour la saison 2023 WEC en Hypercar. Aux côtés d’Earl Bamber et d’Alex Lynn, le Britannique de 48 ans a pourtant tout à fait sa place, ne serait-ce que de par son palmarès : 12 fois Le Mans dont un podium au général (Glickenhaus), double vainqueur des 6 Heures de Watkins Glen, vainqueur des 24 Heures de Daytona en GTLM avec Ford (2018), champion FIA GT GT2, double champion Porsche Supercup. Après un nouveau podium au Mans avec Cadillac cette année, Endurance 24 a fait le point avec lui !
Les premières courses en WEC de la Cadillac V-Series.R se sont bien déroulées avec une 4e place à Sebring et à Portimão, une 5e à Spa-Francorchamps. Après trois courses, la n°2 pointait çà la 4e place du classement, un bon début pour cette auto. « Ce furent trois manches positives, allant dans la bonne direction et en progressant à chaque fois. Nous connaissions la voiture depuis le milieu de l’année dernière parce que nous avons fait beaucoup d’essais au début, mais l’équipe était toute nouvelle quand nous sommes arrivés à Sebring. Ce fut très difficile, il y avait tellement de travail sur cette voiture et quand vous avez de nouveaux mécaniciens et tout le reste, il faut du temps pour tout mettre en place. Je pense donc que Sebring a été un début fantastique pour la voiture en WEC, et ensuite ce fut un vraie courbe d’apprentissage parce que tout le développement a été fait en Amérique. La course sur piste mouillée est très différente, tout comme les pneus, il n’y a plus de cabine de chauffe pour les gommes. Nous avons fait des progrès constants au point de monter sur le podium au Mans. »
Justement, aux 24 Heures du Mans, la Cadillac n°2 a décroché la 3e place au général devant la voiture sœur, la n°3 de Renger van der Zande, Scott Dixon et Sébastien Bourdais. Une vraie satisfaction pour tout le clan Cadillac. « Je pense qu’íl faut garder les pieds sur terre car c’est un résultat de rêve. Je veux dire qu’il est évident que l’on aurait voulu être deuxième et même gagner, mais nous n’avions pas la vitesse nécessaire pour cela ! Cette troisième place est une grande réussite, je ne dirais pas que c’est comme une victoire, mais c’est l’un des podiums les plus satisfaisants. En particulier car les conditions de course étaient si difficiles, on a vu beaucoup de gens sortir de la piste, en particulier, dans les premières heures. Nous y avons survécu, tout en gardant un bon rythme, mais à la fin, nous savions que la troisième place était sécurisée, nous avons ramené l’auto à la maison. Je pense que tout le monde est vraiment satisfait au sein du programme. »

© Nico Deumille
Richard Westbrook évolue au sein de General Motors depuis plusieurs saisons maintenant. Il a piloté les Corvette C8.R puis les Cadillac DPI et maintenant la version Hypercar. De quoi avoir suffisamment d’infirmations pour pouvoir comparer les deux prototypes. « Il y a quelques similitudes, mais la principale différence est évidemment la partie hybride, le poids de la voiture et le niveau d’appui aéro qui est évidemment inférieur à celui du DPI. Au final, la DPI était une voiture très rapide mais peu puissante, alors ce format est complètement différent maintenant pour tout le monde. L’Hypercar est plus lourde, mais elle a beaucoup plus de puissance et de technologie. Il y a bien sûr quelques points communs, les deux voitures sont des châssis Dallara, mais cela s’arrête là. C’est très différent à piloter. Vous jouez beaucoup avec les réglages parce qu’il y a tellement de choses que vous pouvez régler dans la voiture. Elle est agréable à piloter, mais il est très facile de se faire sortir de la fenêtre. C’est un défi pour tout le monde. »
Après cette 3e place au Mans, la manche de Monza début juillet a été bien moins bonne avec une 10e place à la clé. Cependant, l’objectif de départ reste le même chez les hommes de Cadillac Racing : la victoire. « Oui, sans aucun doute, mais aussi le championnat. Nous nous débrouillons bien au classement. Nous sommes cinquièmes, nous voulons donc maintenir cette position et progresser un peu, mais nous devons garder les pieds sur terre. Une victoire serait très difficile pour le moment, nous n’avons pas la vitesse de Toyota et Ferrari même si à Monza on a eu plus l’impression de se battre face aux italiennes. En Italie, nous nous battions à l’avant et avions une stratégie différente de celle de la moitié des voitures. Cela a fonctionné pour nous, mais malheureusement, le timing de la voiture de sécurité a été mauvais et avons dû faire un ravitaillement d’urgence. Après, on a été pratiquement hors du jeu, c’est dommage. Gagner serait l’objectif à atteindre, ce serait fantastique pour Cadillac de remporter une épreuve du championnat du monde d’endurance et cela leur donnerait plus d’optimisme pour l’année suivante. »

MPS Agency
Toyota et Ferrari sont toujours en tête devant Cadillac et Porsche. L’écart est quelque peu conséquent donc on peut légitimement se demander ce qui manque au constructeur américain pour jouer aux avant-postes. « Nous sommes nouveaux en Hypercar et en WEC. Lorsque nous nous comparons à Toyota, nous ne nous sommes jamais plaints de la BOP ou de quoi que ce soit d’autre. Toyota est là depuis des années et a fabriqué une voiture fantastique, devenue la référence. C’est à nous de travailler dur. Nous ne pouvons pas espérer construire une toute nouvelle voiture sur un bout de papier et venir ensuite battre Toyota, cela ne marche pas comme ça. Nous devons mériter ce droit et, pour cela, il faut travailler dur, faire des essais, développer, s’améliorer dans tous les domaines. Nous avons l’impression de nous rapprocher de plus en plus et nous ne sommes plus très loin du moment où nous pourrons, je l’espère, nous battre pour la victoire. Mais jusqu’à présent, il s’agissait de tirer le meilleur parti de ce que nous avions et je pense que c’est ce que nous avons fait. La fiabilité a été fantastique et les résultats cohérents. Maintenant, il est temps d’aller de l’avant, c’est certain ! »
L’emploi du temps du Britannique est conséquent et ne lui laisse pas trop de libertés en dehors du WEC. Il ne sait pas s’il roulera autre part avant la fin de l’année. « J’en doute au vu du calendrier, car il est évident que cette voiture est destinée à l’Asie pour les dernières manches. C’était bien de faire les 24 Heures de Daytona au début de l’année, une course importante en Amérique, importante pour Cadillac. J’espère que nous pourrons faire la même chose l’année prochaine, mais c’est un peu difficile avec le Qatar en mars. Nous nous concentrons vraiment sur le WEC. C’est un championnat unique et ce serait bien de faire des courses en Amérique, j’adorerais faire Petit Le Mans, mais je pense que d’un point de vue logistique, ce serait très difficile. » Et justementl’année prochaine ? « Nous ferons le WEC, allons tous travailler, revenir en ayant appris beaucoup de choses de cette année et reviendrons beaucoup plus forts. »

© Nico Deumille
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