Peugeot dans le dur : « Ce n’est pas la manière dont nous voulons courir »

Quelques semaines après la pole position décrochée aux 6 Heures de Spa, Peugeot TotalEnergies a vécu une soirée bien différente au Mans. Les deux 9X8 ont été éliminées dès les qualifications et s’élanceront depuis les deux dernières lignes de la grille Hypercar. Une désillusion pour le constructeur français, qui peine à expliquer un tel recul de performance par rapport aux deux premières manches de la saison.

Stoffel Vandoorne n’a pu faire mieux que le 16e chrono avec la Peugeot 9X8 n°93, à 1,843 seconde de la référence signée par Alpine. Plus difficile encore, Malthe Jakobsen, auteur de la pole position à Spa-Francorchamps il y a moins d’un mois, a terminé dernier des Hypercars engagées avec la n°94, à 2,525 secondes.

À l’issue de la séance, Emmanuel Esnault, directeur de Peugeot TotalEnergies, n’a pas caché sa frustration.

Quelle est votre réaction après cette élimination dès les qualifications ?

« Bien sûr, c’est extrêmement frustrant de passer du statut de candidat à la pole à Imola et à Spa à une situation où, sur notre course à domicile, nous sommes à deux dixièmes au kilomètre du rythme des meilleurs. C’est extrêmement frustrant, mais c’est la course. Nous n’abandonnons pas, nous avons une course à préparer. Les qualifications ne font pas tout, bien sûr, mais vous pouvez imaginer notre sentiment. »

Comment expliquez-vous un tel écart par rapport aux deux premières manches de la saison ?

« Nous sommes en Championnat du Monde d’Endurance… C’est sur l’ensemble du tour, tout simplement. C’est le même package, les mêmes personnes, la même voiture que lors des deux premières courses. Pourtant, nous sommes là où nous sommes aujourd’hui. »

Vous attendiez-vous à rencontrer autant de difficultés ?

« Honnêtement, nous nous attendions à souffrir un peu moins que ça. Mais c’est comme ça. Maintenant, nous avons une course à préparer. Les qualifications sont un exercice. La course en est un autre. À nous de faire du bon travail maintenant. »

Cette situation ressemble-t-elle à celle de l’an dernier ?

« Oui, ça y ressemble en termes de rythme. Même si l’écart était un peu plus faible l’année dernière. Mais évidemment, nous ne pouvons pas être satisfaits de cela. Quand vous êtes un compétiteur et que vous représentez une marque comme Peugeot avec un héritage aussi riche, ce n’est pas la manière dont nous voulons courir. »

Peut-on espérer un meilleur rythme en course ?

 « Proportionnellement, je l’espère. »

Quel sera l’objectif en partant du fond de grille ?

« Le Mans est une course très longue. Le point clé maintenant, en partant de derrière, c’est de survivre. Survivre et être opportunistes. Comme toujours, essayer d’exécuter la course de la meilleure manière possible, avec une feuille de route propre en matière d’opérations, d’arrêts aux stands et de stratégie. Nous allons devoir être opportunistes de toute façon. Quand vous partez du fond, vous n’avez rien à perdre. Soyons intelligents, préparons correctement la voiture et mettons les pilotes dans le bon état d’esprit. C’est ce que nous devons faire maintenant. »

Comment maintenir la motivation de l’équipe après un tel résultat ?

« Les qualifications sont un exercice. Nous avons une course à préparer. Nous devons revenir plus forts et continuer à pousser, comme je le fais depuis des mois maintenant. Depuis mon arrivée, j’ai vu énormément de travail et un engagement total de la part de tout le monde. Mon rôle est de faire en sorte que personne n’abandonne. »

Les conditions météo pourraient-elles rebattre les cartes ?

« L’idéal serait des températures un peu plus fraîches et un peu de pluie de temps en temps. Nous aurions besoin qu’Alfred Hitchcock s’invite dans le scénario ! Plus sérieusement, nous allons devoir miser sur plusieurs paramètres et profiter de circonstances imprévues. »

Florian Defet

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24