| 3 mai 2024 | par

Matteo Cairoli : « Au début, je ne devais être que pilote de réserve sur la LMDh ! »

© Lamborghini

Un « nouveau » pilote fait ses premières armes en LMP2 cette saison. Matteo Cairoli connaît pourtant bien l’ELMS pour y avoir roulé des années en GT avec Porsche. Cet hiver, il a quitté le constructeur allemand pour rejoindre Lamborghini et le programme LMDh.

Pour s’habituer au mieux au pilotage d’un prototype, il roule aussi pour le compte d’Iron Lynx Proton en LMP2 en ELMS. L’Italien est revenu avec Endurance24 sur ce gros changement, sur la SC63 LMDh et ses premiers tours en roues en LMP2..

Tout d’abord, racontez nous vos premiers pas en LMP2…

« Tout a commencé en 2022. J’étais au Paul Ricard pour effectuer des essais avec Proton Competition. C’était la première fois que l’équipe recevait la voiture et j’ai eu la chance de pouvoir en profiter. J’ai tout de suite été impressionné par l’appui aérodynamique, bien sûr, en particulier parce que j’ai couru en GT ces 10 dernières années. Je suis assez content de la façon dont ça s’est passé parce que je pense que mon style de pilotage est assez adapté au prototype parce que je n’aime pas trop me battre avec le volant.

C’est comme une monoplace et je dois dire que je m’y suis fait assez rapidement

En prototype, il faut être le plus souple possible. La voiture a beaucoup de grip et l’appui est énorme. C’est comme une monoplace et je dois dire que je m’y suis fait assez rapidement. C’est une bonne étape dans ma carrière, surtout parce que je peux apprendre encore plus du prototype. C’est un très bon entraînement pour moi pour la LMDh sur laquelle je roule en IMSA (la Lamborghini SC63).  En plus, il y a beaucoup d’équipes fortes cette année. Notre objectif est d’essayer de terminer toutes les courses ELMS, de ne pas faire d’erreur. C’est la base. Bien sûr, ce serait bien de monter sur le podium à un moment de la saison, mais il faut rester réaliste, nous devons encore progresser aussi bien les ingénieurs que les pilotes, nous devons encore acquérir de l’expérience. Mais il semble que le potentiel soit là. »

J’ai une saison complète et chargée parce que je pilote dans trois championnats différents avec trois voitures différentes !

Matteo Cairoli :

© MPS Agency

Vous avez votre programme LMDh. Pourquoi ajouter du LMP2 ? Pour engranger plus de kilomètres dans un prototype ?

« Il n’y a pas de meilleur entraînement que de piloter une LMP2 en parallèle de la LMDh pendant la saison. J’ai signé pour Lamborghini. Au début, je devais être pilote de réserve dans la LMDh, l’idée était de me mettre aux côtés des autres pilotes pour apprendre le plus possible. Le but était de rouler en LMP2, d’essayer de m’entraîner de plus en plus pour le LMDh. Finalement, le plan a un peu changé. Après le premier test que j’ai effectué, ils m’ont confirmé que j’allais disputer la saison IMSA, donc j’étais très heureux et satisfait.

J’avoue que j’apprends plus dans la LMP2 que dans la LMDh !

La LMP2 est quelque chose que nous avons décidé au milieu de l’année dernière pendant l’ELMS comme un entraînement pour être préparé autant que possible pour la LMDh. J’ai une saison complète et chargée parce que je pilote dans trois championnats différents avec trois voitures différentes. Ce n’est donc pas facile de s’adapter à chaque fois, mais en même temps, j’ai déjà pu sentir, après Barcelone, que la courbe d’apprentissage est très, très raide. J’avoue que j’apprends plus dans la LMP2 que dans la LMDh car cette dernière ressemble plus à une GT. Certes, cela va bien plus vite en ligne droite mais vous ressentez bien le poids dans les virages. La LMP2 est précise, légère et procure beaucoup de plaisir.»

Vous avez changé de constructeur puisque vous rouliez pour Porsche auparavant. Est-ce un tournant dans votre carrière ?

« C’est sûr, c’est une chose à laquelle je ne m’attendais pas il y a quelques années parce que je voyais mon avenir toujours lié à Porsche parce que j’ai commencé avec eux et mon idée était d’y finir. Mais nous sommes arrivés à un point où il me manquait quelque chose sur le plan humain. Les deux frères Piccini et Giorgio Sanna ont cru en moi. Ils m’ont contacté il y a déjà deux ans pour me parler du projet LMDh. C’était un changement que je devais effectuer à un moment donné parce que j’aurais pu rester très longtemps chez Porsche, mais sans me sentir à l’aise.

Si quelqu’un m’offrait quelque chose de mieux, il était alors temps de prendre le train en marche.

Je suis honnête, je n’ai aucun regret sur les 10 dernières années passées chez Porsche, j’ai toujours fait le maximum que je pouvais. Mais je me suis dit que si je restais chez Porsche trop longtemps, ce serait une perte de temps, que ce que j’avais fait chez eux était suffisant. Si quelqu’un m’offrait quelque chose de mieux, il était alors temps de prendre le train en marche. De plus, rouler en catégorie reine était mon objectif depuis quelques années. Chez Porsche, dès 2021, j’ai reçu la confirmation que j’aurais été placé en LMDh dans une équipe cliente, ce qui me convenait parfaitement. Mais pour une raison, cela ne s’est pas produit. Je me suis dit que si je continuais à attendre, alors peut-être que cela n’arriverait pas. À un moment donné de ma carrière, je voulais piloter une LMDh. »

Comment se sont passés vos premiers pas en LMDh en IMSA aux 12 Heures de Sebring avec vos coéquipiers Romain Grosjean et Andrea Caldarelli ?

« A Sebring, c’était probablement le pire circuit pour la voiture et nous nous sommes plutôt bien débrouillés. Si nous n’avions pas eu le problème de portière, nous aurions pu être très proches du podium à la fin parce que nous étions sur une stratégie différente. Mais il y a eu un Full Course Yellow, tout le monde a pu d’économiser de l’essence pour finir la course. Honnêtement, je pensais que trois ou quatre heures auraient été le maximum pour la voiture.

Je n’étais donc pas sûr à 100 % de pouvoir terminer la course, mais nous y sommes parvenus.

Nous avions fait des essais un mois avant la course et ils avaient été positifs et négatifs parce que nous avons eu beaucoup de problèmes techniques à cause de la piste. Le circuit est très dur pour la voiture, il la détruit complètement. Je n’étais donc pas sûr à 100 % de pouvoir terminer la course, mais nous y sommes parvenus. C’était notre plus grand objectif et en plus, nous avons montré que nous avions du rythme, c’était assez inattendu pour moi.

Je vois l’avenir sous un jour plus radieux car les circuits les plus compliqués sont derrière nous. Je pense qu’une fois que nous aurons commencé à rouler sur une piste plus plate, avec moins de bosses, nous pourrons être encore plus rapides. Cela va être intéressant. »

© Courtesy of IMSA

Votre prochaine course avec la LMDh, ce sera Le Mans. Ce sera peut-être plus facile et vous ferez de bonnes performances…

« C’est l’objectif. Nous savons que Le Mans est assez plat, et tant que nous avons une bonne BOP et une bonne vitesse de pointe, nous pouvons viser un bon résultat. Mais il est certain que les autres ne sont pas là pour s’amuser. La concurrence est extrêmement forte, surtout cette année, dans cette nouvelle ère du WEC et du sport automobile. Ce ne sera pas facile, mais il devrait être plus facile pour nous de nous rapprocher des autres et peut-être de nous battre pour quelque chose de bien. »

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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