Il y a 20 ans, l’Automobile Club de l’Ouest lançait une série européenne à l’instar de ce qui existait aux USA avec l’ALMS (créé par Don Panoz).
Le 9 mai 2004 ont lieu les 1 000 km de Monza qui marquent la naissance de l’ELMS actuel. La course avait alors été remportée par Johnny Herbert et Jamie Davies sur une Audi R8 alignée par Audi Sport UK Veloqx. Alors que les 4 Heures de Barcelone, première manche ELMS de la saison 2024, vont se dérouler dans quelques jours, arrêtons nous sur ces 20 ans de compétition.
L’histoire de l’ELMS
Dans les années 2000, alors que les USA ont désormais l’American Le Mans Series (ALMS), l’Europe n’a plus de série de sports prototypes depuis la disparition du World Sportscar Championship fin 1992. Bien sûr, il y a l’International Sports Racing Series créé par John Mongoletsi (appelé Sports Racing World Cup en 1999 puis FIA Sports Car Championship en 2001) qui existe depuis 1997, mais cette dernière s’arrête fin 2003.
Après plusieurs tentatives sans vrai succès (entre autres via l’ALMS), l’ACO reprend les choses en main et décide de créer une série gérée par ses soins. Le but est d’attirer les équipes privées ou celles soutenues par les constructeurs en organisant des courses d’endurance en Europe tout en s’appuyant sur le règlement des 24 Heures du Mans. De plus, afin d’attirer un maximum d’écuries, les équipes championnes et vice-championnes reçoivent une invitation aux 24 Heures du Mans de l’année suivante.
En 2003, Michel Cosson le président de l’ACO, annonce lors des 12 Heures de Sebring qu’une course de 1000 km sera organisée sur le circuit Bugatti en fin d’année. Aux 24 Heures du Mans de la même année, Stéphane Ratel, alors en charge du FIA GT, révèle la création d’une série d’Endurance acceptant les sport-prototypes et les GT. Une course expérimentale est donc mise sur pied, les 1000 km du Mans, le 9 novembre. Cette épreuve rassemble 35 autos (vidéo ICI) et est remportée par l’Audi R8 d’Audi Sport Japan Team Goh pilotée par Seiji Ara et Tom Kristensen.
Le 15 janvier 2004 Michel Cosson et Stéphane Ratel officialisent la création des Le Mans Endurance Series. Ce championnat s’appellera ensuite Le Mans Series en 2006 puis European Le Mans Series (abrégé en ELMS) à partir de 2012.

1000km du Mans 2003 © Audi Sport
Pour la première saison des Le Mans Endurance Series, le calendrier compte quatre courses de 1000km dont certaines sont des classiques de l’Endurance : 1000 km de Monza, 1000 km de Nürburgring, 1000 km de Silverstone et 1000 km de Spa.
Pour la première manche à Monza, 55 voitures sont présentes : 18 LM P, 6 LM P2, 9 LM GTS et 22 LM GT. Comme précisé, Audi gagne en LMP1 tandis que Pir Compétition l’emporte en LMP2 (Pilbeam MP91 de Pierre Bruneau et Marc Rostan). En GTS, Larbre Compétition avec sa Ferrari 550 Maranello s’impose (Christophe Bouchut / Steve Zacchia / Pedro Lamy). Du côté du GT, Freisinger Motorsport signe la victoire grâce à deux Français : Romain Dumas et Stéphane Ortelli (Porsche 911 GT3 RSR). Le résumé de la course ci-dessous…

Victoire Ferrari à Monza pour la toute première course de LMES à Monza 2004 © V-Images
Une nouvelle ère s’ouvre en 2012 avec l’ELMS
La série prend de l’ampleur au fur et à mesure et attire des constructeurs comme Audi, Peugeot, Lola Aston Martin en LMP, Ferrari, Aston Martin, Lamborghini, Corvette, Porsche en GT ou de belles équipes comme Pescarolo Sport, Courage Compétition, Luc Alphand Aventures, Larbre Compétition, TDS Racing, AF Corse…
2012 marque alors un tournant dans l’histoire de l’ELMS. Les prototypes LMP1, suite à la création du nouveau Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, le WEC, ne sont plus acceptées. Patrick Peter, qui est l’organisateur de l’ELMS depuis plusieurs années, revenait à l’époque sur l’importance de conserver une compétition européenne aux côtés de ce nouveau championnat du monde. « L’European Le Mans Series a clairement vocation à devenir l’équivalent de la 2ème ligue, comme en football. L’ELMS s’inscrit comme la filière naturelle pour accéder au Championnat du Monde d’Endurance FIA et aux 24 Heures du Mans. Le WEC FIA compte une trentaine de voitures. Mais il en faut 55 aux 24 Heures du Mans (plus une avec le 56e stand). Les vingt-cinq autres viennent, soit de l’ALMS, soit de l’ELMS qui constitue donc une pièce incontournable du puzzle. »
Désormais, l’ELMS est donc considéré comme un vrai tremplin pour les équipes et les pilotes vers le Championnat du monde d’endurance de la FIA, formant un ensemble pyramidal solide et limpide. Après une année 2012 avec seulement trois courses, l’ELMS prend son indépendance et son envol offrant désormais de superbes courses avec des plateaux conséquents à plus de 40 autos régulièrement.
Les étapes clés de la série :
2004 : première manche à Monza sous la forme de 1000km.
2005 : la série passe à cinq courses avec l’ajout du circuit d’Istanbul (Turquie).
2006 : couac lors des 1000 kilomètres d’Istanbul. La course est raccourcie à 4 heures au lieu des 6 prévues, en raison d’un manque de carburant dû à des problèmes de logistique.

LMS Istanbul 2006. victoire Team Pescarolo
2007 : première course sur le continent américain, avec les Mil Milhas Brasil.
2009 : après l’ELMS, création de l’Asian Le Mans Series.
2010 : la Formula Le Mans Cup est intégrée au championnat.

Applewood Seven, la première équipe à remporter une course de FLM
2010 et 2011 : plusieurs courses sont en commun avec le nouveau championnat Intercontinental Le Mans Cup (ILMC, l’ancêtre du WEC).
2012 : avec la création du Championnat du monde d’endurance de la FIA, les LMP1 ne sont plus acceptées en ELMS et le LMP2 devient la catégorie phare. De plus, le calendrier est réduit à trois manches : Paul Ricard, Donington Park et Petit Le Mans.

Départ des 6H du Castellet 2012 © MPS Agency
2013 : création d’une nouvelle classe le GTC qui utilise les règles techniques du GT3. Les courses sont ramenées à 3 heures.
2014 : le LMPC est supprimé et toutes les courses sont disputées en 4 heures.
2015: arrivée d’une nouvelle catégorie pour remplacer le LMPC, le LMP3 avec des voitures construites par Ligier, Ginetta, ADESS et Norma. Elles sont propulsées par un V8 Nissan de 5 litres.
2016 : disparation du GTC et arrivée de la catégorie GTE.
2017 : de nouvelles réglementations en LMP2 sont introduites avec des constructeurs tels que Dallara, Onroak Automotive (Ligier), Oreca et Riley Tech/Multimatic. Gibson Technology devient le motoriste officiel des LMP2.
2020 : comme beaucoup de sports, l’Endurance est touchée par la pandémie de COVID-19. Silverstone et Barcelone sont annulées et un calendrier de 5 courses voit le jour avec un début en juillet…Nouvelle réglementation ACO pour les LMP3. Les voitures désormais acceptées sont les Ginetta G61-LT-P3, Ligier JS P320, Duqueine D-08, et ADESS-03 Evo. Un nouveau moteur V8 Nissan porté à 5,6L apparait.
2021 : avec la création de la catégorie Hypercar, les LMP2 voient leur puissance abaisser (perte de 65 chevaux)
2022 : un trophée LMP2 Pro-Am Cup est introduit. Il faut un pilote classé Bronze pour pouvoir y participer.
2023 : dernière saison de la classe LMGTE. Un championnat général pour les pilotes et les équipes est introduit
2024 : revalorisation de la puissance des LMP2. Les GTE sont remplacées par des LMGT3. Goodyear devient le fournisseur exclusif de pneumatiques.

PROTON COMPETITION © MPS Agency
Quelques chiffres et statistiques
- Marc Lieb est le pilote le plus titré (4 couronnes) toutes catégories confondues
- En LMP, Paul-Loup Chatin et Emmanuel Collard sont les pilotes les plus titrés avec trois titres chacun
- G-Drive Racing est l’équipe la plus couronnée en LMP avec quatre titres. De son côté, Pescarolo Sport est devenu champion en 2005 et 2006.
- Pendant deux ans, 2010 et 2011, la série comptait cinq catégories.
- Proton Competition est l’équipe la plus titrée (six) toutes catégories confondues
- Depuis sa création, Spa est le circuit qui a le plus accueilli l’ELMS, au total 16 fois (de 2004 à 2011 puis de 2016 à 2023). Suivent le Castellet (15 fois) et Silverstone (14).
- Avec deux visites en Italie cette année, ce pays va devenir le plus fréquenté par l’ELMS (Mugello, Monza, Imola) devant la Belgique et la France.
- Il y a 43 voitures engagées en 2024
Un grand merci à Eric Fabre de V-Images pour ses photos de 2004, 2006 et 2010 ainsi qu’à MPS Agency….
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