Avec 62 voitures engagées dont 18 Hypercars, la 94e édition s’annonce particulièrement ouverte. Entre nouveaux constructeurs, évolution des références établies et arrivée d’une nouvelle génération de pilotes, les équilibres pourraient être bouleversés dès le 13 juin.
La catégorie reine accueillera un nouvel acteur de poids avec l’arrivée de Genesis. La marque sud-coréenne ne cache pas ses ambitions et aligne deux GMR-001 Hypercar confiées à des équipages expérimentés.
La n°17 associera André Lotterer, triple vainqueur au Mans, à Luis Felipe « Pipo » Derani et au jeune Mathys Jaubert. En face, la n°19 réunira Paul-Loup Chatin, Mathieu Jaminet et Daniel Juncadella, soit un trio totalisant dix-sept participations en Sarthe. Une entrée en matière qui positionne immédiatement Genesis comme un outsider crédible plutôt qu’un simple débutant.
Toyota fait évoluer sa référence
Face à ce nouveau concurrent, Toyota arrive avec une version profondément revue de son Hypercar. Après quatre saisons d’exploitation du GR010 Hybrid, vainqueur au Mans en 2021 et 2022, le constructeur japonais introduit la TR010 Hybrid afin de reprendre la main dans une catégorie Hypercar forte de 18 voitures.
L’expérience restera toutefois l’un de ses principaux atouts, avec notamment Sébastien Buemi et Brendon Hartley, figures incontournables de l’ère Hypercar.
Un goût d’inachevé pour Wayne Taylor Racing
Après avoir abandonné lors des 24 Heures du Mans 2025 suite à une panne de puissance moteur, le team américain Wayne Taylor Racing sera de retour en juin prochain grâce à son invitation du championnat IMSA WeatherTech SportsCar, avec le même équipage, composé des frères Ricky et Jordan Taylor, épaulés par l’expérimenté Filipe Albuquerque.
Engagée sous la bannière Cadillac WTR, la V-Series.R n°101 aura pour objectif, comme en 2025, de terminer dans le top 5 de la plus mythique des courses d’endurance, après avoir presque tout gagné outre-Atlantique.
L’écurie Action Express Racing, également engagée par Cadillac, manquera les 24 Heures du Mans pour la première fois depuis 2022, après avoir participé aux trois dernières éditions avec une seule voiture.
Doriane Pin de retour, Wadoux poursuit son parcours
Parmi les retours marquants, celui de Doriane Pin attire l’attention. La Française retrouvera la LMP2 au volant d’une Oreca 07 du Duqueine Team, au sein d’une catégorie réunissant 15 prototypes.
Depuis sa première apparition mancelle en 2023, sa trajectoire s’est accélérée, avec un titre en F1 Academy puis un rôle de pilote de développement en Formule 1.
Lilou Wadoux enchaînera pour sa part une quatrième participation, poursuivant son aventure avec Ferrari et confirmant son installation durable dans le paysage de l’endurance.
LMP2 : l’habituelle guerre d’usure
La catégorie LMP2 promet une nouvelle fois une lutte serrée entre ses 15 engagés. Les écarts infimes observés lors des dernières éditions devraient perdurer dans cette 94e édition de la classique sarthoise.
Panis Racing, Inter Europol Competition, United Autosports ou encore AO by TF, avec PJ Hyett, lauréat du prix Jim Trueman de l’IMSA, figurent parmi les favoris de la catégorie, tandis que le retour au volant de Romain Dumas avec sa structure RD Limited ajoutera un intérêt supplémentaire à une lutte traditionnellement indécise, après avoir manqué l’invitation automatique qui accompagne la victoire du titre de l’Asian Le Mans Series pour la deuxième année consécutive.
Le vainqueur des 24 Heures du Mans 2010 avec Audi, et 2016 avec Porsche, disputera ses 24e 24 Heures du Mans au volant de l’Oreca 07 n°48 dans la catégorie LMP2 Pro/Am aux cotés de Fred Poordad, le pilote Bronze de l’équipe, et un troisième pilote qui sera annoncé ultérieurement.
Les champions Asian Le Mans Series, CrowdStrike Racing by APR et son patron-pilote George Kurtz, honoreront leur invitation dans la catégorie Pro/Am. Le pilote américain sera épaulé par Alex Quinn, qui connait bien l’équipe puisque les deux hommes ont remporté les Rolex 24 Heures de Daytona ensemble fin janvier. Alex Quinn a également disputé l’European Le Mans Series avec Algarve Pro Racing ces dernières années, avec les victoires en Pro/Am à Spa et Silverstone.
LMGT3 : la catégorie la plus indécise
La LMGT3 rassemblera 21 voitures et s’annonce une nouvelle fois comme la plus imprévisible du plateau. La saison 2025 avait déjà démontré l’extrême densité du plateau, avec de nombreux vainqueurs différents et des écarts infimes à l’arrivée mancelle.
La diversité des constructeurs engagés et la présence de pilotes expérimentés, comme José María López ou Richard Lietz, laissent présager un nouveau scénario serré où la régularité primera autant que la performance pure.
On y retrouvera cinq voitures bénéficiant des invitations automatiques, avec deux Corvette Z06 GT3.R, la n°2 du TF Sport, champion ELMS en LMGT3, qui sera confiée à Jefri Ibrahim, le directeur/pilote de l’équipe JMR Johor Racing, épaulé par Afiq Ikhwan et Ben Green, ainsi que la Corvette n°13 de 13 Autosport, via Orey Fidani qui a remporté le prix Bob Akin de l’IMSA, qui sera épaulé par Matt Bell et Lars Kern. Les deux Ferrari 296 LMGT3 du Kessel Racing, Champion de la Bronze Cup en GT World Challenge Europe, et Champion GT en Asian Le Mans Series sont également bien présentent sur cette liste.
La voiture supplémentaire d’Iron Lynx est engagée sous la bannière « Team Qatar by Iron Lynx » pour Abdulla Al-Khelaifi, qui a couru en Asian Le Mans la saison dernière, Julian Hanses et Giuliano Alesi, pilote régulier en Super GT et fils de l’ancien pilote de Formule 1 Jean Alesi.
Du coté des pilote, on note un changement dans la composition habituelle de la Lexus RC F GT3 n°78 Akkodis ASP engagée en FIA WEC, avec Jack Hawksworth qui remplacera Esteban Masson, qui devrait à nouveau disputer la course dans la catégorie LMP2 pour Forestier Racing by Panis.
Une nouvelle génération aux portes du sommet
La grille 2026 confirme également la transition générationnelle en cours parmi les 186 pilotes engagés. Plusieurs pilotes issus des monoplaces majeures rejoignent l’endurance, à l’image de Victor Martins chez Alpine, Théo Pourchaire chez Peugeot ou Logan Sargeant en LMGT3.
Tous encore jeunes, ils représentent déjà une part croissante du plateau et pourraient, à moyen terme, en devenir les références.
Le départ de la 94e édition des 24 Heures du Mans sera donné le samedi 13 juin à 16 heures, avec une certitude : rarement la hiérarchie n’aura semblé aussi ouverte avant le double tour d’horloge.
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