Après avoir évoqué le WEC et l’ELMS dans notre première partie, le Français Julien Andlauer aborde désormais avec nous l’IMSA, son programme très chargé, les 24 Heures de Spa et la catégorie reine Hypercar…
Julien Andlauer est un homme qui ne tient pas en place. Sept manches en WEC, six en ELMS, mais aussi l’IMSA au sein de l’équipe Kellymoss with Riley en compagnie d’Alec Udell. « Ce championnat, je l’adore. J’étais censé faire seulement Daytona. Aux 24 Heures, cela s’est mal passé dans l’ensemble niveau résultat, mais très bien passé avec l’équipe. Dans la foulée, l’écurie m’a demandé si j’étais dispo pour les courses d’endurance, Sebring, Watkins et Petit Le Mans. J’ai dit « Allons-y » avec plaisir. C’est un gain d’expérience parce que Watkins Glen, je ne connaissais pas. Petit Le Mans (Road Atlanta), j’y ai roulé mais avec une autre auto. Mais, cela ne s’est pas arrêté là, ils m’ont proposé de faire Long Beach, mais j’avais un clash, puis Laguna Seca que j’ai pu faire. Et ils m’ont appelé lorsque j’étais au Castellet en ELMS pour aller à Lime Rock Park. Ça me fait rencontrer une nouvelle équipe, des nouveaux coéquipiers, une nouvelle atmosphère, des nouvelles pistes. C’est super, j’aime beaucoup et les US, c’est vraiment sympa. Notre Bronze ne fait pas partie des plus rapides, c’est comme ça, il a 75 ans quand même, mais il a une patate que j’adorerais avoir la même à son âge. Il suffit qu’on soit un peu malins, qu’il ne fasse pas d’erreur et on peut toujours se débrouiller à faire quelque chose. On a fait quatre courses jusqu’à maintenant, on fait trois podiums dont le dernier à Lime Rock Park. »
Entre le WEC, l’ELMS, l’IMSA et quelques autres courses (et pas des moindres), la gestion de sa saison est des plus compliquées mais quand on évoque le sujet, Julien Andlauer a la banane ! « Je devais partir en vacances la semaine de Lime Rock et, du coup, j’ai annulé. Je dois avoir quelque chose comme 22 ou 23 courses au total. Le décalage horaire, les avions, c’est ce que j’aime, ça me fait une belle année. Ce n’est pas à 30 ans que j’aurai envie de découvrir le IMSA, les pistes. Si demain, j’ai une opportunité de rouler en IMSA ou dans une bonne équipe, une autre catégorie ou autre, au moins, je connais les circuits, la réglementation, l’état d’esprit, je sais ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. C’est quand même une philosophie un peu différente même si on s’en est un petit peu rapprochés avec le pass around en Europe. En termes de plaisir et d’expérience, c’est toujours un plus. Et puis, l’opportunité que j’ai pu avoir juste pour Daytona a des belles répercussions parce qu’on bosse bien avec l’équipe, l’équipe m’apprécie, j’apprécie l’équipe. Ils me reprennent, me redemandent et ça me fait des courses en plus. »

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Au sein de Proton Competition, une nouvelle voiture est arrivée récemment, une Hypercar, une Porsche 963. Avec son statut auprès de Porsche et ses bons résultats, on peut légitimement penser voir le pilote français un jour dans le baquet d’une auto comme celle-là. « Pour être honnête, je n’en ai même pas parlé à Christian. Je pense qu’avant tout, ils ont besoin actuellement de pilotes d’expérience et de développement. C’est exactement ce qu’ils ont avec Gimmi Bruni) qui a pu développer la GTE, Harry Ticknell qui a mis au point une DPI, une GTE et un Neel Jani en LMP1 et ancien vainqueur au Mans. C’est exactement ce qu’il leur faut pour prendre des données, de l’expérience, l’amener à l’équipe, les ingénieurs également, parce que Proton a toujours la même équipe d’ingénieurs derrière. Ce sont des vrais protos, de véritables usines à gaz, des super machines, mais ce n’est pas facile. Après, ça me fait envie juste déjà d’essayer, de voir un petit peu ce que c’est surtout que c’est très loin d’un proto en termes de comportement. On se rapproche plus d’une grosse GT d’après les pilotes.
De toute façon, j’aime bien les voitures avec aéro donc oui, j’aimerais, mais, encore une fois, ne pas brûler les étapes, voire aussi chez Porsche. Ils ont déjà des pilotes très talentueux, très prometteurs. En plus, je suis assez proche de Proton, et même dans des programmes comme ça, forcément, c’est coûteux, mais il faut un bon professionnalisme. Je pense qu’aujourd’hui, je suis arrivé à un point, où j’arrive à bien gérer le côté fun et professionnel, à bien bosser avec des équipes, être un peu fédérateur car je fais des programmes Pro-Am. »

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Les 24 Heures de Spa et les 24 Heures du Nürburgring étaient aussi prévues cette année pour le Lyonnais. « Deux courses qui se sont bien passées. On ne passe pas loin de concrétiser par un podium sur les deux épreuves. La première, sur la Nordschleife, c’est parce qu’on n’avait pas la BOP, tout simplement, alors que je pense que l’on a fait une course parfaite autrement. Spa fut compliqué ! Il y a des courses dures, mais celle-là est très spéciale quand même. Elle n’est même pas difficile à gagner ou ne pas gagner, juste compliquée parce que les pneus Pirelli sont durs surtout quand on n’est pas un spécialiste. Il y a un gros niveau, mais il y a toute cette gestion aussi du trafic avec les Silver qui sont un peu fous, il y en a partout. La voiture, cette année c’était pour tout le monde pareil, elle était très dure à conduire. En plus il y a eu des tracks limits, et j’en ai eu, c’était juste pour sauver la caisse et ne pas la mettre dans le rail. »

Même si le programme 2023 de Julien Andlauer est loin d’être fini, 2024 commence à pointer le bout de son nez, mais c’est trop tôt pour le pilote de 24 ans. En tout cas, ce ne sera pas du WEC avec Proton puisque l’équipe va engager deux Ford Mustang GT3. « J’aimerais bien vous dire avec certitude où je serai ou vous donner une avant-première. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a des Ford au programme chez Proton (rire). De mon côté, je suis très bien chez Porsche. Je suis sur ma deuxième année de contrat plus une option d’un an. On verra pour 2024. »

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