Sa présence à la 11e édition de Le Mans Classic était incontournable. Mais Henri Pescarolo ne s’est pas contenté de faire acte de présence puisqu’il a en effet pris le volant de l’une des voitures que son écurie engageait en 2006, la Pescarolo C60 Judd.
Le recordman de participations aux 24 Heures du Mans, avec 33 départs, et du haut de ses quatre victoires (1972, 1973, 1974 et 1984), Monsieur Pescarolo a retrouvé le Circuit de la Sarthe sur lequel il a façonné sa légende. Il a bouclé quelques tours en essais, vendredi, dans le cadre de l’Endurance Racing Legends, avant de laisser son coéquipier du week-end Emmanuel Collard, 25 participations, disputer, seul, les deux courses. Ce dernier a remporté la première confrontation samedi et alors qu’il a franchi la ligne d’arrivée en tête ce dimanche, Manu Collard a perdu la victoire après avoir écopé d’une pénalité pour non-respect d’une slow zone.
Endurance24 ne pouvait pas repartir du Mans sans échanger avec Henri Pescarolo…
On vous retrouve au volant d’une voiture mythique qui plus est, la vôtre. Qu’est ce que ça vous a fait de reprendre le volant avec Manu Collard ?
« Déjà, je n’avais pas du tout prévu ça. Ils m’ont fait la surprise totale parce que j’ai découvert sur Internet que j’étais engagé avec Emmanuel sur une Pescarolo C60. En fait, il aurait fallu que je fasse des essais avant que je la reprenne en main. Tous les autres sont engagés avec un seul pilote, nous, on était deux, mais les temps de la voiture sont la moyenne des deux pilotes. J’étais en train de gâcher une belle opération et finalement mon cœur de team manager a repris le dessus. J’ai laissé ma place à Emmanuel Collard, qui était mon pilote de pointe chez Pescarolo Sport. Il a fait du bon boulot puisqu’il a remporté la première course. »

© MPS Agency
Quelles ont été vos sensations au volant de la voiture ?
« D’abord, je n’ai pas conduit ce genre de voiture depuis très longtemps. J’ai fait le Tour Auto avec une AC Cobra il y a pas très longtemps et j’étais à peu près dans le coup. Là, il m’aurait fallu une séance d’essai complète pour me mettre un petit peu plus dans le coup avec ce type d’auto. Mais comme je l’ai dit, toutes les séances étaient chronométrées dont je ne voulais pas gâcher la fête. »
On a célébré le centenaire il y a trois semaines. Le Mans, c’est votre « course ». Qu’est ce que vous vous retenez de toutes ces années ? Qu’est ce que ça vous fait de voir cet engouement autour du Mans ?
« Vous savez, chaque année, je fête le 50ème anniversaire de ma victoire au Mans. L’an dernier, c’était le 50e anniversaire de ma première victoire. Cette année, c’est le 50ᵉ anniversaire de ma deuxième victoire. L’année prochaine, ce sera le 50ᵉ de ma troisième. Le Mans, c’est toute ma vie. Surtout après, j’ai créé une écurie qui a été une des meilleures au Mans. Malheureusement, on a « fusillé » tous les indépendants pour laisser le champ libre à deux usines. C’est un scandale absolu de la FIA jusqu’à l’ACO. A chaque fois que je reviens au Mans, c’est mitigé parce que mes grandes années en tant que pilote sont loin, plus de 50 ans. Puis il y a eu ma période en tant que patron de Pescarolo Sport mais l’année où on nous a carrément fusillés, je ne m’en suis pas vraiment remis. »
C’est toujours en vous. Même quand vous revenez ici, vous y pensez…
« J’y pense d’autant plus que si vous regardez ce qui se passe avec les constructeurs Hypercar, ils sont tous à la recherche d’une écurie de pointe pour engager leurs voitures. Beaucoup sont capables de construire une auto, peu sont capables de l’engager en course. Si Pescarolo Sport existait toujours, je suis sûr qu’un constructeur nous confierait ses voitures pour les engager. Donc, c’est un peu triste. »

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Vous êtes quand même, malgré tout, fier de votre parcours. Votre nom reste indissociable de Le Mans. On voit que, que ce soit des jeunes ou les moins jeunes générations, le nom de Pescarolo, ils connaissent.
« J’ai assouvi une passion pendant toute ma vie et c’est un grand privilège. »
Qu’est ce que vous pensez de cette catégorie Hypercar ? On voit qu’il y a quand même un enthousiasme autour de cette catégorie.
« Je suis loin de tout ça maintenant. C’est une grande période qui débute parce qu’il va y avoir quatre ou cinq six constructeurs qui arrivent. Pour le moment, c’est génial. »
Vous n’avez pas pu assister aux célébrations du centenaire au mois de juin. Niveau santé, tout va bien ?
« Ça va, oui… ».
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