La deuxième manche de l’European Le Mans Series 2025 a rendu son verdict dimanche. Endurance24 revient sur les 4 Heures du Castellet, une course haletante marquée par des conditions piégeuses et un suspense permanent.
- Samedi, la Michelin Le Mans Cup a été lancée par la joueuse internationale de rugby Axelle Berthoumieu, soutenue par IDEC Sport. Le lendemain, c’est le nageur Camille Lacourt qui a donné le départ des 4 Heures du Castellet.

Camille Lacourt © Marc de Mattia / DPPI
- Les 44 voitures se sont élancées sur une piste légèrement humide, mettant les stratèges à rude épreuve. Seules deux LMP2 ont osé les pneus pluie : l’Oreca 07 n°43 d’Inter Europol Competition (en pole) et la n°25 d’Algarve Pro Racing (9e). Un pari gagnant… du moins dans un premier temps. La pluie s’est abattue peu après le départ, forçant les équipages en slicks à passer par les stands.
Mais ce choix a aussi ses revers. « En fait, d’avoir fait le bon choix au début, ça nous a un peu mis dedans », confie Tom Dillmann (n°43). « On a dû s’arrêter juste après le safety car, au bout d’une heure, parce qu’on n’avait plus d’essence. Alors que ceux qui avaient chaussé les pluies après 20 minutes ont pu aller plus loin. » Malgré cela, Dillmann, Jakub Smiechowski et Nick Yelloly ont terminé deuxièmes en LMP2 et quatrièmes au général.
IDEC Sport, victoire à domicile et entrée dans l’histoire
- Sur une piste changeante, la stratégie a souvent fait basculer le destin des équipes. L’équipage IDEC Sport a parfaitement su tirer profit de la situation, malgré un départ compliqué.
« Le choix stratégique le plus important, c’est lors de mon premier arrêt », souligne Daniel Juncadella. « On a remis les pneus pluie, et on a prolongé ce relais sur une piste qui séchait. Grâce à ça, on a fait un arrêt de moins. Quand j’ai passé le relais à Mathys, il ne restait plus qu’un seul arrêt à faire. Même si, sur les cinq derniers tours, je perdais environ six secondes au tour, ça a payé. C’était vraiment une bonne stratégie. »
- Mathys Jaubert a su conclure dans la dernière heure, offrant à IDEC Sport une victoire à domicile, à quelques centaines de mètres du circuit. Jamie Chadwick entre dans l’histoire en devenant la première femme à remporter une course ELMS au classement général, sous les yeux de Cyril Abiteboul et François-Xavier Demaison (Genesis Magma Racing).

© MPS Agency
Pari perdu pour Vector et Nielsen Racing
- Une fois que la pluie s’arrêtée, une trajectoire sèche est apparue. Nielsen Racing (n°24) et Vector Sport (n°10) ont tenté le pari des slicks avant les autres. Un choix risqué qui a porté ses fruits, jusqu’à ce qu’une neutralisation vienne tout remettre à zéro.
« On a mené pendant si longtemps, on avait creusé un écart d’environ 40 secondes », raconte Ferdinand Habsburg (Vector Sport). « C’est frustrant de tout perdre à cause d’une voiture de sécurité. Mais c’est comme ça. Parfois on gagne, parfois on perd. » Le pilote autrichien se console avec le Goodyear Wingfoot Award : « C’est une belle reconnaissance. Au final, cinquième en LMP2, on l’aurait pris volontiers s’il n’avait pas plu. »
CLX Motorsport continue sa démonstration en LMP3
- Déjà vainqueur à Barcelone, CLX Motorsport a signé un deuxième succès consécutif avec la Ligier JS P320 n°17. Adrien Closmenil, Theodor Jensen et Paul Lanchère ont triomphé après une course bien maîtrisée.
« Le dernier relais, au début, c’était assez compliqué à cause de la pluie. Il fallait être prudent », explique Closmenil. « Quand la piste a commencé à sécher, j’ai poussé, poussé, poussé pour les rattraper. Ensuite, on m’a demandé d’économiser du carburant et de ménager les pneus. Deux poles, deux victoires : c’est le meilleur départ possible. Ça donne confiance pour le reste du championnat. »
- Mais la course avait d’abord souri à MRacing. Grâce à un choix stratégique audacieux, Stéphane Tribaudini a effectué deux heures et demie de relais sous la pluie avec des pneus pluie.
« J’adore ces conditions », raconte-t-il. « En proto, c’est nouveau pour moi : pas d’ABS, pas d’antipatinage. J’espérais finir le premier tour sans encombre. Le deuxième relais était plus dur avec la piste qui séchait. Il a fallu se battre, ne pas trop chauffer les pneus, et bien caler le relais pour Quentin avec les slicks. » Un drive through sous safety car les prive de la victoire, mais ils montent tout de même sur la deuxième marche du podium.
Wadoux s’impose en LMGT3
- Deux femmes ont marqué cette épreuve, à commencer par Lilou Wadoux. Elle s’impose en LMGT3 au volant de la Ferrari 296 n°50 de Formula Racing, qu’elle partageait avec Custodio Toledo et Riccardo Agostini. Un succès de prestige dans une catégorie toujours très disputée.
Prolongations pour les LMP2
- Les équipes LMP2 qualifiées pour les 24 Heures du Mans restent sur place pour une séance d’essais. Objectif : rouler avec le kit aéro spécifique Le Mans, plus de poids et une puissance réduite, pour se préparer à la grande classique de juin.
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