| 18 juin 2026 | par

Deux courses de 6 heures en Europe : le plan B du FIA WEC

© FIA WEC / DPPI

Le conflit au Moyen-Orient continue de susciter de nombreuses interrogations quant au maintien des épreuves prévues dans la région en fin de saison. Alors que le calendrier du Championnat du Monde d’Endurance doit s’achever avec les 1812 km du Qatar et les 8 Heures de Bahreïn, les organisateurs travaillent déjà sur des solutions alternatives.

Interrogé sur le sujet à l’issue de la conférence de presse des 24 Heures du Mans, vendredi matin, Frédéric Lequien a confirmé l’existence d’un plan de secours si la situation géopolitique venait à empêcher la tenue des deux dernières manches du championnat.

« C’est évidemment un sujet très important et particulièrement perturbant, car les informations évoluent presque quotidiennement », explique le directeur général de LMEM. « En toute transparence, nous pourrions décider dès aujourd’hui de faire une croix sur les deux épreuves du Moyen-Orient. Personnellement, je trouverais cela dommage. Nous avons encore du temps devant nous. »

Le dirigeant préfère attendre avant de prendre une décision définitive. « Les choses peuvent évoluer très rapidement, dans un sens comme dans l’autre. Il y a eu des signaux plutôt positifs ces dernières heures. Nous allons observer l’évolution de la situation dans les prochains jours. Dans tous les cas, nous sommes des gens responsables et aucune décision ne sera prise sans concertation avec l’ensemble du paddock. »

La tenue des deux manches dépendra évidemment de l’évolution du conflit dans la région, mais également de la stabilité qui pourrait découler d’un éventuel accord entre l’Iran et les États-Unis. Pour les organisateurs, l’objectif reste de maintenir les rendez-vous de Lusail et de Sakhir, à condition que toutes les garanties de sécurité puissent être réunies. « Si nous décidons d’aller au Moyen-Orient, ce sera dans des conditions de sécurité absolument optimales. Mais pour cela, nous pouvons encore attendre. Je pense qu’une décision sera prise vers le milieu de l’été. »

Un plan B déjà prêt

Si le championnat espère toujours pouvoir maintenir ses rendez-vous au Qatar et à Bahreïn, un scénario alternatif a d’ores et déjà été préparé. « Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y aura huit courses cette saison », affirme Frédéric Lequien. « Le plan B existe. Je pense que ce n’est plus vraiment un secret aujourd’hui. Ce plan B consiste à organiser les deux dernières courses en Europe. »

Sans dévoiler les circuits concernés, le directeur général de LMEM a confirmé que les discussions étaient largement avancées. « Les circuits sont identifiés, les négociations ont été menées et les dates sont déjà fixées. Mais il est encore un peu tôt pour communiquer à ce sujet, ne serait-ce que par respect pour nos partenaires du Moyen-Orient. La manche qui remplacerait le Qatar se déroulerait probablement à une autre date (une semaine avant, du 16 au 18 octobre. Ndlr). En revanche, pour l’épreuve qui remplacerait Bahreïn, nous serions très proches du calendrier actuel, avec simplement une course organisée le dimanche plutôt que le samedi. »

Des courses plus courtes et un barème adapté

Si les rumeurs du paddock se précisent autour de Monza et Barcelone comme alternatives, ces épreuves ne reprendraient pas le format des rendez-vous initialement prévus. Les deux courses européennes se disputeraient sur un format de six heures, contre dix heures pour Bahreïn et dix heures également pour les 1812 km du Qatar.

Cette modification aurait également un impact sur l’attribution des points. « L’adaptation du coefficient de points est déjà prévue depuis plusieurs semaines au sein de la Commission Endurance », précise Frédéric Lequien. « Les constructeurs ont été officiellement informés par la FIA et l’ACO. »

Une décision attendue avant la fin juillet

Au-delà des considérations sportives et géopolitiques, le calendrier de décision est également dicté par des impératifs logistiques majeurs.

Plusieurs acteurs du paddock ont besoin d’être fixés suffisamment tôt afin d’organiser leur transport de matériel vers le Moyen-Orient ou vers les circuits européens retenus dans le cadre du plan B. C’est notamment le cas de Michelin, fournisseur unique de la catégorie Hypercar, qui doit anticiper l’expédition de plusieurs milliers de pneumatiques.

Le transport des pneus destinés aux manches de fin de saison s’effectuant principalement par voie maritime, les délais d’acheminement se comptent en semaines. Une décision devra donc intervenir avant la fin du mois de juillet afin de permettre aux différents fournisseurs et équipes d’organiser leur logistique avec DHL dans les meilleures conditions.

En interne, le WEC estime donc qu’il est encore trop tôt pour trancher, mais pas suffisamment pour repousser la décision indéfiniment. Celle-ci devrait intervenir au cours de l’été, lorsque la situation régionale sera plus lisible et que les conséquences d’un éventuel accord entre l’Iran et les États-Unis pourront être évaluées.

Co-fondateur du site Endurance24⎥Rédacteur et photographe depuis 2018.
À propos de l'auteur, Pierre-Louis Le Mouëllic

Les articles similaires

Les derniers articles

Annonces

Soyez au courant des dernières actualités du monde de l'Endurance par mail !

Loading