| 19 mai 2023 | par

Daniil Kvyat : « Mon expérience de la F1 va bien m’aider dans le programme Hypercar de Lamborghini ! »

© Prema

Daniil Kvyat est le « petit nouveau » de la catégorie. Alors que l’ancien pilote de F1 devait faire ses premiers pas avec G-Drive Racing l’an dernier, la guerre en Ukraine a sérieusement compromis ses projets. Il a su rebondir chez Prema Racing cette saison en WEC et est devenu il y a peu pilote officiel Lamborghini pour le programme Hypercar. Alors qu’il va découvrir les 24 Heures du Mans dans quelques semaines, il s’est confié à Endurance24.

Quel regard portez-vous sur votre début de saison ?

« C’était bien. Je pense que nous avons fait des courses solides à Sebring et Portimão avec nos troisièmes et quatrièmes places, donc c’était bien en général. Je pense que tout le monde dans l’équipe fait du bon travail et de gros efforts pour obtenir tous ces résultats. A Spa, nous étions à nouveau dans le coup et avons eu un peu de malchance, mais on gagne et on perd en tant qu’équipe. Nous avons tiré beaucoup d’enseignements de cette dernière manche, continuons à nous améliorer et à travailler dur ensemble. Nous ne pouvons pas nous laisser abattre par ce genre de choses et nous ne le ferons pas. J’apprécie vraiment de travailler avec l’écurie et nous sommes sur la bonne voie. Nous sommes cinquièmes au championnat en ce moment mais Le Mans arrive avec ses doubles points. »

Comment vous sentez-vous par rapport aux courses de sprint en monoplace ? L’endurance est très différente. L’aimez-vous ?

« Oui, j’aime vraiment cette discipline même si c’est différent pour moi. Je découvre encore des détails, mais honnêtement, les deux ou trois premières courses, j’ai vraiment pris du plaisir avec la voiture et j’ai bien roulé ! »

© MPS Agency

Vous commencez à vous y habituer ? Les compromis en matière de réglages, les changements de pilotes aussi ?

« Il y a quelques particularités, bien sûr, comme les changements de pilotes, mais cela a été très rapide à intégrer. Il a fallu un peu de temps pour s’adapter au reste, mais nous avons bien travaillé en tant qu’équipe, les gars m’ont montré comment m’adapter à ce genre de choses. La gestion des pneus est aussi quelque chose à laquelle il faut s’habituer tout comme le trafic aussi. Il y en avait beaucoup lors de la première course, c’était difficile, je me suis bien débrouillé. Pour être honnête, j’étais parfois frustré, mais mon ingénieur m’a calmé et tout s’est bien passé. Sebring est très bosselé, très exigeant et qui demande beaucoup de concentration. Mais déjà au Portugal, c’était mieux et ces choses me viennent beaucoup plus facilement. Je m’attends à ce que ce soit de mieux en mieux au fil de la saison. »

Le grand événement arrive, les 24 Heures du Mans. Comment le ressentez-vous et comment voyez-vous la course ?

« Bien sûr, nous prenons les courses les unes après les autres, mais, Le Mans sera nouveau pour moi. Je n’y ai jamais roulé et je vais donc devoir découvrir beaucoup de choses là-bas. Après notre déception de Spa, nous nous concentrons pleinement sur cette épreuve. Nous sommes repartis de zéro dès le lendemain et nous attendons Le Mans avec impatience, j’ai hâte de relever ce défi et de bien figurer car l’autre objectif reste le titre LMP2. »

Avec ses deux coéquipiers, Mirko Bortolotti (à gauche) et Doriane Pin au centre © MPS Agency

Vous êtes devenu pilote officiel Lamborghini Hypercar. Avez-vous fait du LMP2 dans ce but ?

« L’idée de départ était de faire la transition vers les courses d’endurance, pour être parfaitement préparé. Bien sûr, nous prenons ce championnat très au sérieux. Je suis très heureux de faire partie de la famille Lamborghini. Ayant grandi en Italie, c’est une source de fierté supplémentaire pour moi. C’est une grande marque, une grande entreprise, et nous travaillons déjà sur ce projet avec toutes les personnes impliquées. »

Partir de zéro dans ce programme était quelque chose de très intéressant pour vous ?

« Tout à fait. C’est formidable d’en faire partie, surtout parce qu’on part justement d’une feuille blanche. Nous pouvons donc construire sur cette base tous ensemble. Nous nous connaissons bien avec l’équipe de cette année et sommes de plus en plus confiants. Maintenant, nous pouvons travailler sur quelque chose d’encore plus grand. »

Quand sera effectué le premier test ? Et où ?

« Il n’y a pas de date précise, mais l’objectif est toujours d’aller le plus vite possible, nous en saurons bientôt plus. Le travail en coulisses est en cours et nous communiquerons bientôt quelque chose. »

© MPS Agency

Vous avez eu des problèmes avec le programme G-Drive Racing qui a été annulé à la dernière minute. Avez-vous eu peur de ne pas pouvoir rebondir et ne pas retrouver de volant ?

« Il y a eu quelques moments difficiles, c’est vrai. Pendant les deux mois qui ont suivi, j’ai un peu erré. J’ai fait un peu de NASCAR, mais c’était très difficile de s’y faire une place parce que c’est un championnat très national. Mais ensuite, nous avons eu une bonne discussion avec Prema et Lamborghini et avons pensé que cela valait la peine d’essayer. Nous avons fait quelques essais et cela s’est très bien passé. Nous avons donc décidé qu’il était temps de travailler ensemble. »

Avez-vous tiré un trait sur la F1 après 2020 ?

« Je pense que, d’une certaine manière, j’ai suffisamment de maturité et de temps libre pour me concentrer pleinement sur mon travail ici. Bien sûr, si l’occasion se présente, cela peut être amusant et la F1 peut être amusante. Bien sûr, nous pourrons discuter, mais pour être honnête, pour l’instant, je me concentre pleinement sur mon travail en Endurance. Mais on ne sait jamais. D’une certaine manière, les pilotes expérimentés sont toujours très demandés. »

En quoi votre expérience de la F1 (110 Grands Prix) vous apporte quelque chose et vous aide dans cette catégorie ?

« D’une manière générale, je pense que cela m’aide bien. La LMP2 est une voiture assez simple, mais en 2024, la Lamborghini Hypercar sera une voiture plus compliquée. Il y aura plus d’outils similaires à ceux de la F1 et là, je pense que mon expérience comptera beaucoup plus. »

© MPS Agency

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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