| 17 septembre 2026 | par

Sami Meguetounif, comme un poisson dans l’eau à Silverstone

© ELMS / FocusPackMedia

Sami Meguetounif a signé la première victoire de sa jeune carrière en endurance à Silverstone, sous une pluie battante qui a rebattu les cartes de la course. Longtemps en tête au général avant un incident technique, le pilote marseillais mérite qu’on s’attarde sur sa prestation, au cours de cette saison discrète mais solide qu’il mène en ELMS dans la catégorie LMP2 Pro/Am.

Pour un pilote d’endurance, exprimer son talent en piste n’est pas toujours synonyme de reconnaissance, surtout lorsqu’on évolue dans une catégorie loin des projecteurs, à l’inverse de la monoplace. Et pour cause : Sami Meguetounif, 22 ans, sait de quoi il parle. Le Marseillais est arrivé tout droit de la Formule 2, où il courait encore la saison dernière chez Trident, avant de sauter le pas en Asian Le Mans Series, puis en European Le Mans Series au sein de TDS Racing. Au volant de l’Oreca 07 n°14, aux côtés de Steven Thomas et Scott Huffaker II, il réalise une très belle saison en LMP2 Pro/Am, une saison qui s’est enfin traduite par une victoire sur la piste à Silverstone, avant-dernière manche du championnat, avec l’équipage désormais deuxième au championnat, à seulement 5 points de retard.

Une remontée fulgurante sous la pluie

Après un bon appel de l’équipe pour chausser des pneus pluie dès la première Safety Car, la n°14 est repartie 6e au général, 2e des LMP2 Pro/Am. À la relance, le Marseillais s’est montré très à l’aise dans ces conditions délicates pour rapidement se hisser dans le top 3 général. « La course a été dure à suivre de l’intérieur : on était en slicks quand la pluie est tombée, avec des voitures à l’extérieur, des tête-à-queue un peu partout. Après trois tours derrière la voiture de sécurité, on a pu s’arrêter pour chausser les pneus pluie. C’était sans doute le but de la direction de course, tant il devenait dangereux de rester en slicks dans ces conditions. La voiture était vraiment excellente : je n’avais aucune expérience en LMP2 sous la pluie, mais ça m’a tout de suite donné confiance. Je suis très content du travail de l’équipe. »

© FocusPackMedia

Ses tours très rapides dès la relance de la course lui ont même permis de recoller à la voiture de tête au général, l’Oreca n°24 de Nielsen Racing. Roue dans roue lors du Full Course Yellow qui a suivi, Meguetounif s’est ensuite emparé de la tête de la course à 1h15 de l’arrivée, avec Antonio Fuoco, pilote officiel Ferrari de l’Oreca n°83/AF Corse, dans son rétroviseur.

Les deux hommes, engagés en LMP2 Pro/Am, se sont livré une bataille au sommet du classement général, excusez du peu. « Il y avait de la concurrence, et on est remontés P1 au général. Je pense que tout le monde l’a vu. On n’a laissé aucun débat aujourd’hui : on avait la voiture la plus rapide en piste. Ça reste une voiture de course : quand la confiance est là et que la balance est bonne, on s’adapte, même sans expérience de la pluie. Je ne peux que remercier l’équipe, qui me donne une très bonne voiture depuis le début de l’année. »

Alors qu’elle occupait la tête de la course, la n°14 s’est immobilisée sur la piste, Sami Meguetounif devant procéder à une réinitialisation avant de regagner les stands. « Le problème qu’on a eu vers la fin a beaucoup compromis ma course. J’étais un peu abattu sur le moment, mais j’ai essayé d’être aussi rapide que possible pour redémarrer la voiture. Heureusement, on n’a pas eu à nouveau ce souci ensuite, et j’ai pu rendre une voiture propre à Scott. Ça a été assez stressant. »  Une manœuvre qui aura coûté une quinzaine de secondes à l’équipage, mais qui n’aura pas empêché Scott Huffaker, au volant pour le dernier relais, d’aller chercher la victoire de catégorie.

« Je ne vis pas pour mes propres moyennes »

Interrogé sur le fait que sa performance n’a pas toujours été aussi visible qu’à Silverstone lors des autres manches de la saison, le pilote de TDS Racing relativise avec pragmatisme. « Il y a eu quelques courses où j’ai pu remonter pendant mon relais et montrer ma vitesse. Mais comme je fais le deuxième relais, il faut parfois aller chercher les données dans le détail pour voir ma performance. Ça me va très bien : j’ai bien compris que l’endurance était un sport d’équipe, et je ne vis pas pour mes propres moyennes. Ce qui me plaît, c’est quand la voiture est sur le podium et aujourd’hui, c’est la victoire, qu’on mérite depuis le début de l’année. »

© Eric Le Galliot / MPS Agency

À l’aube de la finale de la saison à Portimão, l’équipage de la n°14 aborde la dernière ligne droite avec sérénité, en pleine lutte pour le titre de la catégorie LMP2 Pro/Am. « La vitesse, on l’a eue à toutes les courses : on a juste souvent mal exécuté, ou manqué un peu de réussite. Je n’ai pas peur de le dire, parce qu’en endurance, tout le monde sait que ça fait partie du jeu. Maintenant, à Portimão, on y va pour la victoire. Le championnat, on n’y pense pas trop : on prend toujours autant de plaisir, il y a une super ambiance dans l’équipe, et ça va le faire. »

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

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