| 16 juin 2026 | par

BMW M Team WRT : « Cette fois, ce n’était pas pour nous »

© FIA WEC / DPPI

Deuxième à seulement 10,913 secondes de la Toyota victorieuse, BMW M Team WRT est passée tout près d’un premier succès au Mans depuis 1999. Longtemps aux commandes grâce à une stratégie audacieuse et une course quasiment sans faute, la BMW M Hybrid V8 n°20 a vu ses espoirs contrariés par une Safety Car malvenue…

À l’arrivée de cette 94e édition des 24 Heures du Mans, les visages dans le clan BMW M Team WRT résumaient parfaitement le résultat obtenu. Un podium historique, le premier pour BMW au classement général depuis son succès de 1999, mais aussi la sensation d’avoir laissé passer une véritable opportunité de victoire.

Car pendant une grande partie de la course (79 des 305 tours en tête), la BMW M Hybrid V8 n°20 de Robin Frijns, René Rast et Sheldon van der Linde a fait plus que tenir tête à Toyota et Cadillac. Dès le départ, René Rast s’installait aux commandes et la voiture n°20 allait rester dans le groupe de tête quasiment sans interruption jusqu’au drapeau à damier.

« Nous avons réalisé une course très solide, pratiquement sans faute », analyse Vincent Vosse. « Quand on termine à dix secondes du vainqueur après 24 heures, c’est parfois difficile à avaler. Mais cette fois, c’est plus facile parce qu’il n’y a pas vraiment de regrets. »

Un duel stratégique face à Toyota

La bataille stratégique s’est dessinée dès les premiers tours. Alors que les deux Toyota TR010 Hybrid, seulement 14e et 15e sur la grille, choisissaient de se décaler très tôt en effectuant leur premier arrêt dès la première demi-heure de course, BMW adoptait une approche différente.

BMW M Team WRT : « Cette fois, ce n’était pas pour nous »

La n°20 de Robin Frijns, René Rast et Sheldon van der Linde enchaînait les relais de 13 tours, contre 12 pour une partie de ses rivales directes. Un pari qui devait permettre à l’équipage BMW de gagner un arrêt sur la première moitié de l’épreuve, soit plus d’une minute de temps théorique.

« C’était payant, comme on n’a pas pu s’en apercevoir, mais c’était payant puisqu’on arrivait à un moment dans la course où on allait récupérer notre pit stop », explique Vincent Vosse.

Pendant ce temps, Toyota construisait sa remontée par une autre voie. Grâce à leur premier arrêt anticipés les deux TR010 Hybrid sont progressivement revenues dans le groupe de tête malgré leur position de départ défavorable. Alors que BMW semblait avoir pris l’avantage dans cette partie d’échecs stratégique, les neutralisations allaient toutefois rebattre les cartes.

La dernière Safety Car, le tournant du sprint final

Pendant de longues heures, BMW semblait avoir pris l’ascendant sur ses rivaux. La n°20 évoluait régulièrement aux commandes tandis que Toyota et Cadillac alternaient les stratégies pour rester au contact.

Une première Safety Car, peu avant minuit, avait déjà réduit à néant une partie de l’avantage construit virtuellement par BMW grâce à ses relais de 13 tours. Mais c’est surtout la troisième et dernière intervention de la voiture de sécurité, à un peu plus de six heures de l’arrivée, qui allait relancer totalement la lutte pour la victoire.

BMW M Team WRT : « Cette fois, ce n’était pas pour nous »

Vincent Vosse © FIA WEC / DPPI

À cet instant, la BMW n°20 occupait la tête de la course avec une avance confortable sur ses poursuivants.

« Nous étions dans le groupe de tête depuis le début », rappelle René Rast. « Puis cette dernière Safety Car a un peu détruit notre stratégie. C’est Le Mans, c’est la course. Parfois vous êtes chanceux, parfois non. Cette fois, ce n’était pas pour nous. Sans cette dernière Safety Car, nous aurions été dans une très bonne position. »

Un sentiment partagé par Robin Frijns, qui a longtemps cru pouvoir ramener BMW vers la victoire : « La dernière Safety Car a remis les Toyota dans le jeu alors qu’elles avaient rencontré des difficultés auparavant. Nous avons mené pendant de longues périodes, mais après cela, la deuxième place était probablement le maximum que nous pouvions obtenir. »

« On peut être fiers de ce que nous avons accompli »

Si la déception était forcément présente à chaud, Vincent Vosse préfère retenir le chemin parcouru depuis les débuts du programme Hypercar : « Il n’y a pas de raison d’être déçu. Bien sûr, quand on termine deuxième à dix secondes du vainqueur après 24 heures, ce n’est jamais facile. Mais dans notre cas, c’est une pilule assez facile à avaler parce qu’il n’y a pas de regrets. L’équipe a été très forte. Les pilotes ont été très forts. Nous avons fait une course propre. Au final, il faut parfois aussi un peu de réussite au Mans. »

La BMW n°20 semblait pourtant disposer de tous les ingrédients pour aller chercher un premier succès mancelle depuis la victoire de la BMW V12 LMR en 1999.

BMW M Team WRT : « Cette fois, ce n’était pas pour nous » © FIA WEC / DPPI

Face à elle, Toyota Racing a toutefois parfaitement exploité ses deux voitures dans le final. La n°8 de Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa a notamment joué un rôle déterminant en contenant Robin Frijns dans les dernières heures, permettant à la n°7 de Kamui Kobayashi de se construire un matelas suffisant pour rallier l’arrivée en tête.

« Il faut toujours un peu de chance et que certaines choses tournent dans votre sens », rappelle Vosse. « Cette fois, ce n’était pas le cas. Mais cela finira par arriver. »

La n°15 n’a jamais pu défendre ses chances

L’autre BMW engagée par WRT a connu un sort bien différent. Partie depuis la pole position, la n°15 de Kevin Magnussen, Dries Vanthoor et Raffaele Marciello a rapidement vu sa course basculer après un contact avec une LMP2 ayant entraîné une crevaison.

Retardée de plusieurs tours, elle a ensuite été victime de problèmes électriques récurrents avant de finalement abandonner.

« Ce n’était tout simplement pas notre course », résumait Kevin Magnussen après l’arrivée. « Plusieurs choses ont mal tourné, mais c’est aussi cela Le Mans. Heureusement, la voiture sœur a ramené un superbe podium pour l’équipe. »

Au moment de quitter la Sarthe, BMW repart donc avec un sentiment partagé. Celui d’avoir signé son meilleur résultat au Mans depuis plus d’un quart de siècle, mais aussi celui d’être passé tout près d’une victoire qui semblait, pendant de longues heures, à portée de main.

BMW M Team WRT : « Cette fois, ce n’était pas pour nous »

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

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