| 2 juin 2023 | par

Vanwall « arrive au Mans avec pas mal de nouvelles choses et une meilleure visibilité » selon Dillmann

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De par son expérience, Tom Dillmann fait office de chef de file de l’équipage de la Vanwall Vandervell 680 engagée par Floyd Racing Team, qu’il partage avec Esteban Guerrieri et désormais Tristan Vautier, suite à l’éviction de Jacques Villeneuve. Les débuts de l’Hypercar autrichienne ont été compliqués face aux autres constructeurs avec deux abandons en trois courses, mais le Français ne perd pas espoir de voir la ligne d’arrivée des 24 Heures du Mans, dimanche 11 juin…

Tom, comment abordez-vous ces 24 Heures du Mans avec Vanwall ? Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

On fait des steps à chaque sortie. Pour l’instant, la fiabilité était plutôt encourageante, des soucis assez un peu isolés, pas vraiment de grosses prises de tête, on va dire. Et puis, au niveau de la performance, on progresse étape par étape. C’était compliqué de progresser parce qu’on n’a pas roulé en essais depuis décembre 2022 parce que l’homologation a pris du temps. La voiture était en transit entre les courses donc c’est très compliqué de régler la voiture comme il faut sur les week-ends de course parce que ce n’est pas vraiment le format qui va pour faire du développement. Depuis, on a pu faire trois jours à Monza après Spa, ce qui a beaucoup aidé. On arrive au Mans avec pas mal de nouvelles choses et une meilleure visibilité sur ce dont la voiture a besoin. On espère que ça se traduira par une nouvelle progression en piste.

Justement, sur quoi vous êtes vous préparés durant ces trois jours d’essais en Italie  ?

Disons qu’on avait identifié des problèmes ou des limitations au niveau de la performance de la voiture, qu’il était compliqué de régler sur un week-end de course au niveau du set up. Et à Monza, avec plus de temps et des journées d’essais « classiques », on a pu corriger pas mal de choses et faire des steps qui ont pas mal aidé. C’est vraiment important de faire ces essais et de pouvoir avoir trois jours où on a bien pu bosser.

Vanwall

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Comment est l’ambiance dans l’équipe en ce début de saison ? Y a-t-il un peu de satisfaction malgré tout ?

La satisfaction d’être là ? Oui et non, parce qu’on n’est pas là juste pour être là. On est là pour se battre et faire des résultats. C’est pas seulement pour participer. Donc voilà, je pense que l’ambiance est bonne. Par contre, c’est sûr qu’il y a quand même pas mal de fatigue parce que le début de saison a été très lourd, surtout pour nous qui ont dû homologuer la voiture. Après Spa et Monza, ils ont pu se reposer un peu pour prendre des forces pour Le Mans. Comme dit, la voiture n’a pas vraiment donné de grosses prises de tête au niveau de la fiabilité. Ça, déjà, c’est bien. Elle a l’air d’être solide après c’est une course de 24 heures et beaucoup de choses peuvent se passer. On n’a jamais fait d’essai d’endurance comme ça. Le plus qu’on ait roulé d’affilée, c’est à Sebring avec les 8 heures. On n’a pas l’expérience de cette durée, mais quand même, c’est assez encourageant. Et puis après, la perfo, ça va venir petit à petit je pense. Il faut qu’on bosse de notre côté, qu’on s’occupe de nous, optimiser la voiture et les pilotes pas d’erreurs humaines au niveau des mécanos et pilotes.

J’imagine que vous allez mettre à profit chaque heure de roulage possible dès la Journée Test pour accumuler toutes les données possibles ?

Oui. Mine de rien la Journée Test il n’y a pas énormément de roulage. C’est seulement deux fois trois heures, donc c’est pas énorme en essai. Mais il va falloir beaucoup rouler, emmagasiner de l’expérience, doubler les relais avec les pneus… On a de nouveau les pneus chauds, donc ça change un peu la donne. On a trois types de pneus ici, donc il y a pas mal de choses quand même à valider. Plus, régler la voiture optimum pour ce circuit, évidemment, où on n’a jamais roulé avec cette voiture. Il y a énormément de choses à faire. Mais c’est pareil pour tout le monde.

À compter d’aujourd’hui, sur quoi vous allez vous concentrer, entre performance et fiabilité ?

Fiabilité, on n’a pas grand chose à faire maintenant. Il faut juste rouler. Et puis, tant qu’il n’y a rien qui casse, c’est que ça va. Mais la fiabilité, c’est souvent comme ça. Vous roulez, vous roulez, vous roulez, vous enchaînez les heures et puis, au bout d’un moment, il y a un truc qui se passe et vous apprenez. Ok, il faut mieux faire cette pièce comme ci ou faire ça comme ça. C’est là qu’on apprend. Mais sinon, en amont, évidemment, il y a le design et tout ça. Mais après, vous la mettez sur la piste et il faut attendre et voir. Là dessus, il n’y a pas vraiment grand chose à se dire. Il faut juste préparer la voiture aux petits oignons. Et après, c’est la performance. Et la performance, évidemment, plus sur les longs relais, parce que la qualif ici, ce n’est pas très important.

Vous parliez justement qu’il n’y a que six heures dimanche. J’imagine que dans la définition du temps de roulage, il y a aussi le fait d’intégrer Tristan. Ça va être pris en compte dans la répartition ?

Oui, évidemment, il a jamais roulé avec la voiture ou avec une hypercar. Après, il a quand même beaucoup d’expérience en DPi, qui sont des voitures assez similaires. Donc, je pense que pour lui, ça va être assez rapide. Là dessus, il n’y a pas… Il ne faut pas qu’on se pose trop de questions.

Vanwall

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Il n’y a pas le sentiment de faire un pas en arrière quand on change d’équipage comme ça, d’avoir perdu du temps ? Trouver un nouvel équilibre ?

Non, je pense pas. Je pense que ça va sûrement être même un peu plus facile parce que mine de rien, c’était un gros challenge pour Jacques de revenir en hypercar comme ça. Je pense que Tristan, ça sera plus facile pour lui d’être dans le coup rapidement.

Avez-vous discuté avec Jacques depuis l’annonce de son départ de l’équipe ?

Pas plus que ça. Ça s’est décidé après les essais à Monza, c’était assez clair.

Juste, qu’est ce qui fera que vous serez satisfait dans 10 jours, à 16 heures ?

Déjà, je pense que pour la première année de la voiture, de finir la course, ça serait déjà beau. Ça, c’est l’objectif numéro 1. Après, pas pour faire de la figuration non plus, mais je pense que voilà, on est hypercar, si tu finis la course sans embûche, déjà, tu peux grignoter des positions. À Sebring on était plus rapide que Glickenhaus, après une peu moins bien… donc il y a quand même des voitures avec qui on se bat. En espérant maintenant qu’on ait fait un step pour être encore mieux. Mais de toute façon, déjà, il faut finir la course comme tout le monde. C’est le plus important ici. Et après, on verra. Déjà, si on fait ça, je pense qu’on pourrait être satisfait pour la première saison de la voiture.

Habitant au Mans, je suis tombé dans l'ambiance de l'endurance automobile très jeune. Cette discipline m'a rapidement fasciné et est devenue une vraie passion pour moi. Fervent amateur d'Audi, mais aussi d'Aston Martin Racing, j'essaye de vous faire vivre au mieux toute l'actualité liée à l'endurance.
À propos de l'auteur, Samuel Gremaud

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