12 ans après sa dernière participation dans la catégorie reine, Peugeot peut être satisfait de son retour aux 24 Heures du Mans. Et pour cause, les deux Peugeot 9X8 ont rallié l’arrivée du Centenaire en 8e et 12e positions de la catégorie, après avoir réalisé une course bien plus qu’honorable pour leur première apparition dans la Sarthe.
Toujours en proie à des problèmes lors des trois premières manches de la saison FIA WEC, la fiabilité était l’aspect primordial sur lequel les équipes du constructeur français se sont concentrées durant les dernières semaines. Certes, la performance pure n’était pas au rendez-vous dans la Sarthe, mais les deux Hypercars de la firme au Lion ont affiché un niveau de fiabilité inégalé. La copie n’est pas encore parfaite puisque les deux 9X8 ont subi un problème hydraulique à trois heures de l’arrivée, mais la progression est énorme.
Jean-Marc Finot, le patron des programmes sportifs de Stellantis, était tout sourire au moment d’évoquer la course : « Même si ça ne reflète pas le classement, pour nous, c’est une grande satisfaction d’avoir amené les deux voitures à l’arrivée, puisque c’est une nouvelle voiture, mais c’est aussi une nouvelle équipe. Pour des premières 24 Heures du Mans, finir, c’est déjà une grosse satisfaction, surtout lorsqu’on voit l’ambiance dans l’équipe. »

« En termes de fiabilité, disons que globalement, la voiture a fait l’essentiel. Nous avons fait un pas de l’avant, mais pour les 24 heures, ce n’est pas satisfaisant. On a bien compris que la course, ce n’est pas 20h30 ou 21h00. On a eu un problème hydraulique commun sur les deux voitures qui nous a retardés, environ une demi-heure par voiture à peu près sur les coups de midi, ce qui affecte les beaux classements qu’on envisageait, » enchaîne Finot, conscient que son équipe a manqué de faire gros coup avec pas moins de 34 tours bouclés en tête par la Peugeot n°94. « Bien sûr, on est frustrés parce qu’il y a un moment, on était aux avant-postes. Ça fait toujours rêver, même s’il faut toujours avoir beaucoup de recul parce qu’une grosse course d’endurance comme les 24 Heures du Mans, ce n’est pas au bout de la deuxième ou de la troisième heure que les choses sont jouées. On a essayé de passer à travers les embûches. »
C’est en effet dans les premières heures que la Peugeot 9X8 n°94 s’est illustrée lorsque la pluie est arrivée peu avant 19h. Gustavo Menezes a su tirer profit des quatre roues motrices pour prendre les commandes de la course sur une piste mouillée. « On a conçu une voiture avec une réglementation telle qu’elle était en quatre roues matrice, équilibrée avant/arrière. Donc, dès qu’on peut déployer les quatre roues matrice, c’est logique qu’elles soient plus à l’aise que des deux roues motrices ou d’autres quatre roues motrices, mais avec des seuils de déploiement plus élevés. Donc là, c’est de la physique pure. » explique Finot qui ne s’attendait pas à conserver l’avantage sur la durée. « Non, parce qu’on a bénéficié d’opportunités. Comme on était plutôt en position de challenger, on a pris des décisions stratégiques qui étaient imposées. Ça a marché. On a eu des passages avec des bons moments. On avait coché une des croix, mais il y avait beaucoup de croix à cocher pour rester raisonnablement P1 pendant longtemps. Mais là, on a un an pour travailler pour essayer de les cocher. »

© Nico Deumille
Avant la fiabilité, ce sont les erreurs humaines qui ont coûté de précieuses minutes au clan français. Après Jean-Eric Vergne dans la 4e heure, sur la n°93, c’est Gustavo Menezes qui a été visité le bac à gravier peu après 3 heures du matin. « Ça fait partie de la course, »rétorque Finot. « Il (Menezes) était à l’attaque. Quand on est à l’attaque, on prend des risques. Souvent, ça passe. Des fois, ça ne passe pas. On reconstruit et on relance la voiture, puis on continue à avancer. Ce n’est jamais agréable quand on plante une auto. »
Le chapitre sarthois se termine sur une note positive qui va rebooster le moral des troupes pour la suite de la saison… « Le rythme de course est de mieux en mieux. On a aussi fait un pas en avant côté fiabilité. À bientôt, à Monza, pour essayer de concrétiser tout ça. J’apprécie aussi beaucoup l’engagement de l’équipe pour faire ressortir la voiture des stands le plus vite possible, pour la remettre en course. Cette solidarité, c’est super émouvant pour un manager. »
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