| 22 avril 2023 | par

Ulysse de Pauw (AF Corse) : « faire partie de la famille Ferrari, c’est mon objectif »

© Nico Deumille

Couvé par la structure d’Amato Ferrari, le Belge Ulysse de Pauw est dans le bon giron pour continuer d’exprimer son talent sur la scène internationale et européenne.

Champion en titre de la Silver Cup en GT World Challenge Europe Sprint Cup aux côtés de Pierre-Alexandre Jean, le jeune homme de 21 ans s’est vu offrir un programme sur mesure en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA et en European Le Mans Series, au volant d’une Ferrari 488 GTE Evo. Ulysse de Pauw s’est longuement entretenu avec Endurance24 au Portugal, avant de filer vers l’Espagne où le coup d’envoi de l’ELMS sera donné dimanche.

Ulysse, comment s’est monté ce programme en FIA WEC ?

« C’est un peu la continuité de ce qu’on avait débuté l’année passée. C’était le but en rejoignant AF Corse en 2022. On sait que c’est une grande équipe qui fait rouler beaucoup de voitures dans beaucoup de championnats. Donc, l’objectif était de faire un beau programme chez eux l’an passé, de faire des beaux résultats pour ensuite avoir des opportunités pour l’année suivante. Et ça s’est passé exactement comme on espérait. Le plan qu’on avait établi a vraiment fonctionné, mais à 100 % comme on le voulait. Ça n’arrive pas souvent, donc on peut être contents. Je suis ici, je vis un rêve, donc c’est fantastique. »

Ulysse de Pauw (AF Corse) :

© Nico Deumille

A quel moment ça a basculé cet hiver ?

« Ça a basculé totalement mi-décembre, un peu avant Noël. J’ai eu un beau cadeau de Noël (sourire). Mais depuis la fin de l’année, depuis le mois d’octobre, quand on a terminé la saison, l’objectif a été de rester… Il n’a pas été question d’aller voir ailleurs, de chercher autre chose. Amato m’a dit « Je vais faire le mieux de tout ce qu’on peut pour faire un beau programme l’an prochain. » Maintenant, il a fallu attendre que tous les programmes se mettent en place, s’officialisent complètement avant d’avoir vraiment quelque chose de concret. Mais depuis le début, l’objectif a été de continuer. Des deux côtés, ça a été le même objectif. Je suis content aujourd’hui de pouvoir dire que ça a fonctionné. »

Avec deux premiers top 5 en ce début de saison, quels sont vos objectifs ?

« Pour moi, c’est une nouvelle catégorie, c’est une nouvelle voiture, même si la base est la même que la GT3 avec laquelle j’ai roulé l’an passé. On a quand même quelques différences. Il y a beaucoup plus de paramètres à prendre en compte qu’en GT World Challenge, surtout en sprint l’an passé. Ici, c’est de l’endurance. Il y a plusieurs spécificités pneus, donc il y a la dégradation des pneus à prendre bien plus en compte qu’en sprint, l’essence aussi, et les stratégies diffèrent. On roule avec un Silver et un Bronze. Maintenant, moi, je suis Gold. C’est sont vraiment beaucoup de choses que j’ai dû apprendre en peu de temps, mais ça s’est bien passé. »

A travers AF Corse, c’est une belle relation qui se construit avec Ferrari pour prétendre être pilote d’usine pour la marque ?

« Mon prochain objectif d’obtenir un volant pilote officiel Ferrari. Cette année, je suis avec AF Corse et c’est ce qu’on essaie de préparer avec Amato, c’est de pouvoir entrer dans la famille Ferrari. Le rêve, c’est de faire partie des deux en même temps. C’est encore du boulot, mais on y travaille. Représenter la marque, c’est mon objectif. Je continue mon apprentissage, j’ai encore des choses à apprendre et j’essaye de remplir les critères qu’on me fixe. »

Ulysse de Pauw (AF Corse) :

© Nico Deumille

Et quels sont ces critères, justement ?

« Ça dépend des courses, mais c’est savoir respecter ce qu’on te demande. Quand on te demande de ramener la voiture, tu ramènes la voiture. Quand on te demande d’attaquer, tu attaques et bien sûr de ne pas faire d’erreurs. Parce qu’il faut être un pilote complet, être un leader, aider tes coéquipiers, être sympa avec toute l’équipe. Être un pilote aujourd’hui, ce n’est plus seulement aller vite. On reprend beaucoup plus de critères, donc il faut penser à tout ça et ça pèse dans la balance à certains moments. »

Après avoir roulé sur la 488 GT3 l’an passé, que pensez-vous de la 488 GTE ?

« C’est incroyable. Franchement, jusqu’à présent, c’est la meilleure voiture avec laquelle j’ai roulé. Je ne peux pas me vanter d’avoir roulé avec énormément de voitures, mais en tout cas, elles vont nous manquer l’année prochaine, ça c’est sûr. Ce sont des voitures magnifiques. C’est encore un step au-dessus de la GT3 et le plaisir de conduite est vraiment immense. J’ai beaucoup de chance cette année de pouvoir rouler pas mal avec parce qu’elles vont disparaître à la fin de l’année. Pour moi, c’est un beau bagage technique de pouvoir faire une saison dans cette GTE. J’apprends encore des choses, donc c’est bien. »

Disputer les 24 Heures du Mans pour la première fois de sa carrière est un moment ô combien symbolique pour un pilote….

« Faire Le Mans, à 21 ans, en tant que pilote professionnel, je ne pense pas que ce soit arrivé à beaucoup de jeunes ces dernières années. C’est une vraie fierté. Le Mans, c’est une course énorme, encore plus avec le centenaire. J’ai vraiment hâte. L’an passé, début décembre, ce n’était même pas dans un coin de ma tête puisque pour moi, c’était impensable. Tout est arrivé si vite en un coup et je n’ai même pas eu le temps de trop réaliser que la liste d’inscrits était sortie. C’est fantastique ! »

Ulysse de Pauw (AF Corse) :

Ferrari n°51 à Barcelone © MPS Agency

Pour conclure, d’autres piges sont-elles prévues en parallèle de ce programme en WEC ?

« L’ELMS déjà, avec AF Corse, dont la saison débute à Barcelone. Et puis, il faudra préparer l’année prochaine avec le remplacement des GTE par les GT3. Il y a donc aussi l’objectif de faire des courses et de prendre de l’expérience avec la nouvelle GT3. Maintenant, on ne sait pas encore où, quoi, quand, comment, mais on y travaille. »

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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