| 5 novembre 2024 | par

Toyota : Un septième titre mondial (FIA WEC) acquis dans la difficulté à Bahreïn

© FIA WEC / DPPI

Toyota Gazoo Racing a sauvé l’honneur en remportant le titre de Champion du Monde des constructeurs Hypercar de la FIA avec panache. Le constructeur japonais n’a pas eu la tâche facile à Bahreïn, mais a réussi à inverser la tendance dans les deux dernières heures de course malgré des débuts compliqués pour ses deux voitures.

Après un doublé en qualifications, avec une pole position signée Brendon Hartley au volant de la Toyota GR010 Hybrid n°8, Porsche et notamment Kévin Estre s’attendaient à voir le clan japonais dominer la course. D’autant que Toyota, avec seulement neuf points de retard sur le constructeur allemand avant cette ultime épreuve, se devait de remporter la course pour s’assurer le titre.

Pour maximiser ses chances, l’équipe a misé sur deux stratégies différentes : la voiture n°8 s’élançait avec des pneus medium pour une approche plus agressive, tandis que la n°7, en pneus Hard, adoptait une approche plus conservatrice.

« En essais libres 3, les pneus mediums semblaient performants. Nous avons donc pris le risque de démarrer avec eux, bien que cela comporte des risques, » a expliqué Sébastien Buemi, qui a pris le départ en pole. « Au début, je gérais la course, sans trop creuser l’écart, pour éviter d’user les pneus inutilement en cas de voiture de sécurité. »

© Nico Deumille

Un début de course mouvementé

La stratégie de la n°8, pilotée par Buemi, Hartley et Hirakawa, a été mise à rude épreuve suite à un contact avec une Corvette, moins de 20 minutes après le départ. « J’avais l’impression de contrôler la situation, mais le contact a compromis notre position, » a précisé Buemi. « Les pneus mediums se sont détériorés, et la seule solution aurait été de rester en tête, ce que nous n’avons malheureusement pas pu faire. »

Pendant ce temps, la Toyota n°7, en pneus Hard, se battait aux avant-postes face à la Ferrari 499P n°51. L’enjeu était crucial : si Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck de Vries gagnaient et que la Porsche n°6 restait hors des points (comme ce fut le cas), ils remporteraient le titre, malgré l’absence de Mike Conway aux 24 Heures du Mans.

Mais la malchance a frappé l’équipage de la n°7, qui a rencontré des problèmes mécaniques en milieu de course. « Nous avons eu un souci avec la pompe à carburant, » a expliqué David Floury, Directeur technique de Toyota Gazoo Racing. « Nous la perdions progressivement. Donc on a commencé à avoir des coupures de courant, intermittentes, et puis c’était de plus en plus. Et puis on a dû s’arrêter et on a décidé de ne pas réparer la voiture parce que ça prend 15 à 20 minutes. » 

Brendon Hartley et Ryo Hirakawa se quant à eux sont relayés sur la voiture sœur, luttant contre la dégradation des pneus, mais leur effort a permis de maintenir la n°8 dans le top six. La course a basculé lors des deux périodes de voiture de sécurité survenues dans les deux dernières heures.

Toyota : Un septième titre mondial (FIA WEC) acquis dans la difficulté à Bahreïn

© Nico Deumille

90 dernières minutes décisives

Alors que Sébastien Buemi venait de reprendre le volant avant la première intervention de la voiture de sécurité, le pilote suisse a maintenu un rythme soutenu pour rester dans la course, remonter dans le classement et se montrer décisif dans la dernière heure. « Quand je suis remonté dans la voiture, j’étais en P10, quelque chose comme ça. Vu la difficulté de doubler, surtout avec les nouvelles règles, je pensais qu’il n’y avait aucune chance de revenir. En voyant que la Porsche était deuxième, je me suis dit qu’il fallait absolument gagner, » se rappelle le multiple champion du monde d’Endurance.

Profitant de son léger avantage pneumatique, Buemi a pu dépasser un concurrent tous les deux ou trois tours. « À un moment donné, j’ai su que nous avions eu beaucoup de chance avec la deuxième voiture de sécurité, car elle nous a permis de faire un arrêt plus court, » explique-t-il. Cela lui a permis de dépasser la Porsche n°6, la Ferrari, puis de se lancer à la poursuite de la Porsche n°5. « À cet instant, j’ai eu l’impression d’être dans un rêve, parce que tout semblait se dérouler parfaitement et la victoire devenait possible. »

À moins de 40 minutes de l’arrivée, avec des pneus plus frais que ceux de la Porsche, Sébastien Buemi a réalisé un dépassement décisif à l’épingle du virage 8, s’infiltrant dans un espace réduit et forçant Matt Campbell à élargir sa trajectoire hors de la piste. Anticipant une possible enquête des commissaires, Toyota a préféré jouer la prudence en demandant à Buemi de rendre la position à la Porsche n°5, avant de la doubler à nouveau.

« Nous avons pensé que la manœuvre était peut-être un peu trop limite. Donc, sans aucune demande de la direction de course, nous avons préféré redonner la position dans le tour suivant, pour effectuer un dépassement plus propre. Nous ne voulions pas risquer une pénalité, » a commenté David Floury, directeur technique de Toyota Gazoo Racing.

Une fois en tête, la Toyota GR010 Hybrid n°8 s’est révélée intouchable, remportant la course et offrant à Toyota un sixième titre consécutif (septième avec celui de 2014) de Champion du Monde d’Endurance des Constructeurs, avec une avance de seulement six points sur Porsche. Sans doute le titre le plus disputé de son palmarès…

© FIA WEC / DPPI

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

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