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Toyota signe le doublé à Barcelone et décroche le titre constructeurs

À l’aise dès les premiers tours disputés sous la pluie, les Toyota TR010 Hybrid n’ont plus quitté les avant-postes pour signer un doublé retentissant lors de la première édition des 6 Heures de Barcelone et s’adjuger le titre Constructeurs en Hypercar. 

L’équipage de la Toyota n°8 composé de Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryō Hirakawa, victorieux il y a trois semaines à Fuji, a remis le couvert en Espagne, à l’occasion de la 100e course en WEC de Sébastien Buemi. La n°7 de Mike Conway, Nyck de Vries et Kamui Kobayashi complète le doublé, mais pas sans suspense : les dix secondes d’avance dont disposait la Toyota n°8 à l’entame de la dernière heure ont fondu jusqu’à 0,583 seconde sur la ligne.

Parti neuvième, Nyck de Vries s’est hissé au troisième rang à l’issue des deux voitures de sécurité, avant de déborder Miguel Molina pour installer le doublé Toyota. Côté n°8, une pénalité de cinq secondes pour non-respect de la procédure de départ a brièvement relégué Brendon Hartley derrière Mike Conway, mais le Néo-Zélandais, à son aise en slicks sur une piste s’asséchant, a repris l’avantage en quelques tours. Les voitures japonaises n’ont plus jamais vraiment été inquiétées par la suite

La Ferrari 499P n°50 de Miguel Molina, Antonio Fuoco et Nicklas Nielsen monte sur la troisième marche, à une quarantaine de secondes des vainqueurs du jour. Preuve de la mainmise nipponne, les deux meilleurs tours en course leur reviennent : 1:32.379 pour la Toyota n°7, 1:32.420 pour la Toyota n°8.

Au terme de cette septième manche du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, Toyota décroche le cinquième titre mondial des constructeurs de son histoire en Hypercar, et le huitième dans la catégorie reine après les titres en 2014, 2019-2019 et 2019-2020 dans la catégorie LMP1.

Le quinté de tête est complété par la Cadillac V-Series.R n°12 du Hertz Team Jota de Sébastien Bourdais, Earl Bamber et Jack Aitkens, devant la Ferrari 499P n°83 d’AF Corse emmenée par Robert Kubica, Yifei Ye et Phil Hanson. Jack Aitken a sauvé la quatrième place dans la dernière heure en contenant Robert Kubica malgré des gommes plus usées. La seconde Cadillac du Hertz Team Jota, pilotée par Norman Nato, Will Stevens et Alex Lynn suit en sixième position.

© Julien Delfosse / DPPI

Genesis perd tout en un tour

Auteur de la première pole de son histoire la veille, Genesis Magma Racing a vu son week-end basculer dès le premier tour. Dani Juncadella s’était emparé du commandement au virage 1 en débordant Sébastien Buemi et André Lotterer, avant de partir à la faute au virage 5 sur une piste détrempée. Les sorties de piste et ennuis techniques se sont ensuite enchaînés. La Genesis GMR-001 n°19 de Mathieu Jaminet, Paul-Loup Chatin et Daniel Juncadella se classe finalement onzième, alors que la voiture soeur, la n°17 de Mathys Jaubert, Andre Lotterer et Pipo Derani termine 16e.

Le pari raté de BMW

Pour rester dans la course au titre, BMW Team WRT a choisi de ne pas faire rentrer René Rast lors de la seconde neutralisation de la première heure. Mal lui en a pris : drapeau noir et orange pour des pressions de pneumatiques trop basses, arrêt immédiat, puis pénalité de 20 secondes. La n°20 que Rast partage avec Sheldon van der Linde et Robin Frijns n’a jamais refait surface et termine la course à la 14e place.

La BMW M Hybrid V8 n°15 s’est élancée seizième sur la grille de départ. Malgré une pénalité de dix secondes infligée à Kevin Magnussen suite à un contact avec une autre voiture, celui-ci a cédé le volant à Dries Vanthoor en 13e position après son relais. Sur une piste qui séchait rapidement, le Belge s’est hissé jusqu’à la cinquième place. Après un bref ravitaillement à quelques tours de l’arrivée, Raffaele Marciello a ramené la BMW à la septième place sous le drapeau à damier. BMW conserve tout de même sa deuxième place au classement des constructeurs Hypercars.

Alpine tente, Ferrari récupère

L’Alpine A424 n°36 de Jules Gounon et Victor Martins a occupé la troisième place en fin de course grâce à des relais raccourcis en carburant. Le pari n’a pas payé : la Ferrari 499P n°50 a repris son bien lors des derniers arrêts, et l’Alpine, contrainte de changer un pneumatique dans les dix dernières minutes, termine huitième.

La deuxième Alpine, la n°35 pilotée par Charles Milesi et Ferdinand Habsburg complète le top 10, derrière l’Aston Martin Valkyrie n°009 du Aston Martin THOR Team d’Alex Ribeiras et Marco Sorensen.

Ce fut une course difficile pour la Ferrari 499P n° 51 qui s’était élancée depuis la 14e position, et qui s’était solidement hissée dans le top dix, avant de perdre du rythme avec le premier train de pneus slicks, tandis que James Calado était plus tard retardé par le limiteur de vitesse qui restait enclenché à la fin d’une période de neutralisation.

© Fabrizio Boldoni / DPPI

LMGT3 : Manthey et Porsche enfin récompensés

La Porsche 911 GT3 R Evo n°92 de Manthey n’a laissé aucune chance à ses rivales. Yasser Shahin, Riccardo Pera et Richard Lietz signent la première victoire de la saison du constructeur allemand, et son premier succès en LMGT3 depuis les 24 Heures du Mans de l’an dernier.

La McLaren 720S LMGT3 n°10 de Garage 59 pilotée par Marvin Kirchhöfer, Thomas Fleming et Antares Au termine à 4,750 s, devant la BMW M4 LMGT3 n°69 du Team WRT de Anthony Mcintosh, Parker Thompson et Dan Harper. Partis de la 15e place sur la grille, Thompson et McIntosh avaient déjà hissé la voiture sur le podium provisoire, avant que Harper, pilote officiel BMW, ne prenne le relais, et ne se fasse déborder par la McLaren pour le compte de la deuxième place au virage 1 dans les derniers tours. C’est le troisième podium de la saison pour l’équipage, après Imola et São Paulo.

Le quinté de tête est complété par la Corvette Z06 LMGT3.R n°34 du Racing Team Turkey by TF de Peter Dempsey, Salih Yoluç et Charlie Eastwood, devant la Ferrari 296 LMGT3 n°21 de François Hériau, Simon Mann et Alessio Rovera.

Leader du championnat, la Corvette Z06 LMGT3.R n°33 de TF Sport a connu une course perturbée par le fait que Ben Keating a dû rester en piste sur des pneus mouillés plus longtemps que prévu, car les Hypercars dans les stands voisins se sont arrêtées et l’équipe a dû attendre pour arrêter le texan. Une pénalité de 10 secondes infligée à Jonny Edgar a encore freiné la progression de la Corvette un peu plus tard dans la course.

En lice pour le titre avant la manche de Barcelone, l’Aston Martin Vantage LMGT3 n°27 de Heart of Racing termine 16e de la catégorie LMGT3 après que Zacharie Robichon soit parti à la faute virage 7.

© Fabrizio Boldoni / DPPI

Le titre, lui, se resserre : avec seulement une septième place pour la Corvette n°33 de TF Sport, l’avance de Jonny Edgar fond à 18 points sur l’équipage de la Porsche 911 GT3 R n°92 du team The Bend Manthey, la Corvette n°34 suivant quatre longueurs plus loin avant la finale de Monza.

En Hypercar, la lutte pour la couronne pilotes se jouera en interne chez Toyota, l’équipage de la n°8, Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa comptant 17 points d’avance sur la n°7 de Nyck de Vries, Mike Conway et Kamui Kobayashi, sans qu’aucun autre duo ne puisse encore les rejoindre.

Le Championnat du Monde d’Endurance de la FIA nous donne rendez-vous du 6 au 8 novembre prochains pour la finale du championnat qui distribuera les derniers titres encore en lice.

6 Heures de Barcelone 2026 – Classement provisoire

FIA WEC · 18/10/2026 · Circuit de Barcelone-Catalunya

PosPos cat.N°ÉquipePilotesVoitureToursTempsÉcart leader

Pénalités : voiture 23 (+5 s), voiture 79 (+5 s), voiture 58 (+20 s), voiture 94 (+5 s). Classement provisoire.

Florian Defet

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club