Champion du monde en titre des constructeurs, Toyota Gazoo Racing vit un début de saison 2025 à contre-courant de ses standards. Reléguée derrière Ferrari et BMW, la GR010 Hybrid peine à exister au classement. En cause : un déficit de performance que le constructeur nippon subit sans voir d’ajustement favorable sur le papier.
Après deux manches du Championnat du Monde d’Endurance FIA 2025 (Qatar et Imola), Toyota Gazoo Racing pointe au 3e rang du classement constructeurs avec 53 points, bien loin de Ferrari (92) et juste derrière BMW (63). Pourtant, la structure nippone n’a rien perdu de sa rigueur opérationnelle. Si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, les raisons dépassent le simple cadre de la performance intrinsèque de la GR010 Hybrid.
« Globalement, le bilan, c’est qu’on a limité les dégâts. On n’était jamais dans le match pour jouer devant », analyse David Floury, directeur technique de l’écurie. « On a essayé d’exploiter au maximum le potentiel qui était disponible. »
Le problème ? Le processus 2025 de calcul de la BoP, basé sur les 60 % de meilleurs tours des trois dernières courses, intègre également la gestion des pneumatiques — un domaine dans lequel Toyota s’était construit une solide réputation. Pour compenser cet avantage structurel, les instances de l’ACO et de la FIA n’ont d’autres choix que d’ajuster certains paramètres comme le poids ou la puissance moteur, affectant directement les performances de la GR010 Hybrid.

© MPS Agency
À Spa-Francorchamps, théâtre de la troisième manche ce week-end, la GR010 Hybrid évolue toujours avec la masse la plus élevée (1 069 kg) et une puissance limitée en-dessous de 250 km/h, malgré deux premières courses sans podium.
« Ce n’est pas une situation avec laquelle on est satisfait, clairement. Ce n’est pas l’objectif d’être dans cette situation-là toute la saison », reconnaît Floury. « À Spa, c’était prévisible aussi. Je pense que ça va être très difficile de défendre nos chances. »
À l’interrogation sur une possible mobilisation pour réclamer plus d’équité, le technicien reste mesuré, lié à une réglementation stricte interdisant toujours les équipes à s’exprimer sur la BoP : « Les tableaux sont publics. Il est facile de comparer. Les performances sont assez prévisibles, le process est respecté. »
Face à cette équation biaisée, Toyota mise sur sa discipline collective. L’équipe demeure l’une des plus solides dans la gestion des courses longues, grâce à l’expérience de ses pilotes et l’homogénéité de son personnel. « On ne lâche jamais rien, même quand c’est compliqué. On essaie de tout optimiser. »
Reste à savoir si l’épreuve des 24 Heures du Mans offrira un rééquilibrage. Mais là encore, Floury tempère : « Il y a deux ans, elle a changé une semaine avant la course. Donc je suis comme Saint-Thomas… »
Enfin, malgré les limites imposées par l’homologation, Toyota poursuit le développement de sa voiture, introduite en 2021 : « Nous ne sommes pas au bout du potentiel. Il y a toujours des choses à faire progresser… Mais il faut comprendre que l’un des objectifs de la BoP est aussi le contrôle des coûts et que le but n’est pas de fabriquer une nouvelle voiture chaque année. »
Pour l’heure, le constructeur japonais avance à contre-courant, contraint de puiser dans ses ressources humaines plus que techniques pour rester dans la course au titre.
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