| 27 février 2023 | par

Tom Kristensen : « Un grand honneur d’être l’ambassadeur de l’édition du Centenaire ! »

© MPS Agency

Pour cette édition des 24 Heures du Mans, celle du Centenaire, il fallait trouver un ambassadeur de choix. Il s’est très vite porté sur Tom Kristensen, le nonuple vainqueur et recordman de l’épreuve. Dans une interview publiée dans le dossier de presse accompagnant la liste des engagés, le Danois est revenu sur sa joie de tenir ce rôle et sur quelques moments importants parmi ses 18 participations à la classique sarthoise.

Vous êtes l’ambassadeur du Centenaire des 24 Heures du Mans. Quel sentiment cela vous procure ?

« Du bonheur. Beaucoup de bonheur ! Je suis extrêmement attaché à cette course qui est pour moi la plus belle au monde. Dure, rapide et historique. Je reçois donc comme un grand honneur mon rôle d’Ambassadeur de l’édition du Centenaire. »

En quoi consiste votre rôle ?

« D’abord, c’est un rôle qui implique une grande responsabilité. La responsabilité de mettre en lumière le point de vue des pilotes dans la représentation de l’histoire extraordinaire du Mans et de son présent, ainsi, certainement, que de son avenir qui s’annonce passionnant pour passer le flambeau à la prochaine génération. La plus grande course de tous les temps va fêter ses 100 ans ; c’est l’occasion rêvée de montrer pourquoi nous, les coureurs, revenons, comme les fans, d’année en année. Nous vivons des temps incertains. Se retrouver sur le Circuit de la Sarthe en compagnie de gens de la même sensibilité, voilà ce qui nous motive profondément. »

Selon vous, quelles sont les raisons de la longévité des 24 Heures du Mans ?

 « L’extraordinaire circuit et cette idée folle, dès 1923, de soumettre hommes et machines à l’épreuve de l’endurance extrême. J’ai pris dix-huit fois le départ ici. L’évolution technologique que j’y ai vue et sentie est une chose qui ne cesse de m’impressionner. Les souffrances de la nuit et la montée d’énergie juste avant le lever du jour. Tant de choses… Après ma retraite, j’ai eu la chance de pouvoir assister à la course de l’extérieur. Le coucher du soleil sur Indianapolis, c’est un spectacle extraordinaire, tant de l’intérieur d’une voiture de course qu’en dehors. »

Vous avez gagné neuf fois les 24 Heures du Mans. Quelle est la victoire qui vous a procuré le plus d’émotion ?

 « Chacune de mes 18 participations m’a procuré des émotions fortes. Cependant, je mentirais si je ne disais pas que la victoire de mes débuts avec un record du tour sur la Porsche privée en 1997, celle avec Audi Sport sous la pluie cauchemardesque de 2001 et la dernière, en 2013, ont une place à part. Tenez, cela donne une victoire par décennie. »

24H Du Mans 1997 © ACO DR

Selon vous, quelle est la part de chance dans une victoire aux 24 Heures du Mans ?

« Je ne crois pas à la chance. L’édition 1999 du Mans m’a appris la cruelle réalité de la course. J’étais sur la BMW LMR V12. Nous menions devant les Toyota, Mercedes, Nissan, Audi, Porsche, Panoz et autres Ferrari. La course du millénaire. Dans la soirée, l’Écossais Peter Dumbreck s’est littéralement envolé dans la forêt du côté d’Indianapolis avec la fragile Mercedes. Il s’en est sorti indemne, mais la Mercedes a immédiatement abandonné. J’ai encore une fois battu le record du tour avant la tombée de la nuit. Le dimanche en milieu de journée, nous (Lehto, Müller et moi même) avions une avance de plus de trois tours. Lehto a été victime d’une casse d’amortisseur et de barre antiroulis qui ont bloqué l’accélérateur dans les virages Porsche. Il est allé dans le mur, et notre rêve de victoire avec lui. Chez Audi, on disait : Proper Preparation Prevents Poor Performance (une bonne préparation évite une mauvaise performance, NDLR). Bien sûr que la chance joue un rôle, mais je suis à peu près certain que le Dr. Ulrich n’emploierait pas le terme de « chance » pour qualifier les treize victoires d’Audi sous sa direction… Quant à moi, je me rangerais sans doute à cet avis, parce que je ne crois à rien avant le drapeau à damier. L’édition 1999 m’a rendu plus fort et plus dur mentalement. On apprend de ses revers mêmes les plus cuisants. Les désastres peuvent être le fondement de succès à venir. »

Quel type de coéquipier étiez vous ?

« Je serais tenté de répondre que c’est à mes coéquipiers qu’il faut poser la question. J’en ai eu 16 au fil de mes participations au Mans. J’ai eu plaisir à courir avec tous. Bien entendu, j’ai eu plus de réussite avec certains, mais j’ai appris des choses tout au long de ce parcours et des expériences qu’il nous a fait vivre. J’espère qu’ils vous répondraient « Rapide, Engagé et Régulier » plutôt que « Rapide, Cinglé et Sympa ».

L’éducation que vous avez reçue a-t-elle joué un rôle dans votre carrière de pilote ?

« Il est certain que mon éducation a eu une grande influence. Je suis né dans une station-service ; mon père pilotait des voitures de tourisme sur asphalte et sur terre. C’était un monde de passionnés, de coureurs polyvalents. L’histoire est très bien racontée dans mon dernier livre, Mr LE MANS, me dit-on… »

Le Mans 2001 © Audi AG

Si vous pouviez rendre aux 24 Heures du Mans tout ce qu’elles vous ont apporté, que feriez-vous ?

« J’endosserais le rôle d’Ambassadeur du Centenaire avec beaucoup de respect et de passion pour que la génération de pilotes à venir entretienne la flamme de l’esprit Le Mans. »

A quel moment avez-vous pris conscience de votre extraordinaire parcours de pilotes aux 24 Heures du Mans et en Endurance ?

 « Eh bien… Pour moi, Le Mans est la somme de tous les concurrents, les fans, les voitures de course, les commissaires, les équipes, les organisateurs, les familles, les coéquipiers, les sponsors venus ici depuis 1923. J’ai également piloté, en course ou non, plusieurs voitures (des Bentley, Ferrari 275 et 166MM, Ford GT40, Jaguar, Matra (MS670B), Rondeau, Porsche, Toyota TS010, etc..) appartenant à l’histoire du Mans. Cela m’a permis de goûter à d’autres époques que les trois décennies que couvrent mes victoires. Cela me fait chaud au cœur que les gens aient la gentillesse de m’appeler Mr. Le Mans. Mais il y a bien plus que cela. Le Mans est l’une des plus belles vitrines du travail d’équipe, du dévouement et de la régularité. »

Sa dernière victoire au Mans 2013 © MPS Agency

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