Deux ans après sa dernière apparition en LMP2, Thomas Laurent retrouve le volant d’un prototype avec DKR Engineering. Un engagement en ELMS dans la catégorie Pro/Am qui marque un tournant pour le Vendéen, déterminé à relancer sa carrière au plus haut niveau de l’endurance. Entretien.
Il s’était fait discret ces dernières saisons, mais son nom reste indissociable de la pyramide ACO. À 26 ans, Thomas Laurent retrouve la catégorie LMP2 avec DKR Engineering, dans le cadre de l’European Le Mans Series (ELMS).
Un engagement en Pro/Am, aux côtés de Laurents Hörr et du gentleman Georgios Kolovos, qui sonne comme un nouveau départ pour le Vendéen, ancien vainqueur des 24 Heures du Mans en LMP2.
« Ça s’est fait un peu au dernier moment », nous a confié Thomas Laurent, rencontré dans le paddock catalan. « C’est grâce à Stéphane Lémeret, mon manager, qui a eu un contact avec Kendy (Janclaes, le patron de DKR) à Barcelone pendant les essais hivernaux. Mon engouement pour revenir en prototype était vraiment à 100 %. Ma carrière est portée là-dessus, mon driving style est aussi très prototype. »

© Nico Deumille
Malgré deux années loin de la LMP2 après une dernière saison disputée chez Mühlner Motorsport en 2022, l’adaptation s’est faite sans heurts. « On a fait deux journées de test à Spa avant de venir ici. En quatre tours, j’étais aussi vite que Laurents [Hörr]. Ce n’est pas comme le vélo, mais ça ne s’oublie pas pour autant, surtout quand ta carrière est tournée à 95 % vers le proto. »
Pas question toutefois de brûler les étapes. « On ne va pas être plus royalistes que le roi. Le niveau de l’ELMS cette année est incroyablement bon. Mais nous, notre but en Pro/Am, c’est de faire des résultats solides, d’être tout le temps sur le podium. Giorgio [Kolovos] veut absolument gagner, donc on va tout faire pour que ses envies se concrétisent. »
Et le jeune homme, qui soufflera ses 27 bougies samedi prochain, à la veille des 4 Heures de Barcelone, ne cache pas ses propres objectifs : « Très clairement, moi aussi j’ai envie de me remettre sur le devant de la scène. Ce ne sera pas en qualif parce que c’est le gentleman qui la fait, mais si je peux être présent sur le rythme de course, sur les documents qui sortent après course, être vu sur les podiums… On est sur l’un des plus gros niveaux du sport-prototype, donc très clairement, ça peut faire du bien à ma carrière. »
Un environnement familier et rassurant
Chez DKR, Thomas Laurent retrouve un cadre à taille humaine qui lui plaît et des visages connus « J’ai toujours préféré les teams familiaux. Ici, tout le monde se parle. Il n’y a pas de grade. Et puis le châssis est celui avec lequel j’ai roulé en 2020 avec Graff Racing. Je retrouve le même chef mécano, le même ingénieur data… C’est rassurant, je retrouve mes bases. »

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Outre le retour de la puissance quasi complète sur les LMP2 telles qui les a connues en 2017 – « ça fait du bien de retrouver full power et l’aéro qu’on souhaite » –, il découvre toutefois une nouveauté imposée par la réglementation : les pneus froids. « C’est un point clé. Il faut apprendre à les mettre en température sans les brûler, sans rouler sur les vibreurs. C’est quelque chose qu’on doit travailler, moi comme mes coéquipiers. »
Un plateau relevé et un avenir à reconstruire
Avec le retrait des LMP2 du WEC, l’ELMS est devenu l’ultime bastion de la catégorie. « 90 % des voitures ici auraient le niveau pour être en WEC. Mais elles n’y sont pas parce que le WEC a décidé de les retirer. Donc tout le monde se rabat sur l’ELMS, ce qui donne un plateau de fou. C’est difficile de revenir sur le devant de la scène, mais je vais tout faire pour prouver que je suis capable de le faire une deuxième fois. »
S’il travaille sur d’autres options, le programme avec DKR reste sa priorité. « Pour l’instant, c’est le seul vraiment lancé. » Quant aux 24 Heures du Mans, le cœur parle autant que la raison. « Évidemment, c’est ma course de référence. Il y a des discussions, je suis dans les papiers de quelques teams. Mais il y a un facteur : le budget. Si je gagne au loto, je peux te dire que je les fais. Sinon… je préfère être réaliste. »
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