Pour sa première participation aux 24 Heures du Mans, Théo Pourchaire aborde l’épreuve avec humilité, ambition… et une double casquette. Engagé avec Algarve Pro Racing en LMP2, le Français sera aussi mobilisé comme pilote réserviste pour Peugeot en Hypercar. Il s’est confié à Endurance24, trois semaines avant le double tour d’horloge sarthois.
À 21 ans, le champion de Formule 2 2023 se prépare à vivre l’une des semaines les plus intenses de sa jeune carrière. « Ce seront mes premières 24 Heures du Mans. Je ne sais pas si on peut être prêt à 100 %, surtout dans ma situation. J’ai beaucoup de choses à apprendre. C’est une course où vraiment tout peut arriver. Je me prépare un maximum. On a fait des journées d’essais pour tester différents setups. Le temps de roulage va être super important. Il faudra éviter le moindre souci et prendre un maximum d’informations. »
Une double casquette LMP2 / Hypercar
S’il se concentrera avant tout sur la course avec Algarve Pro Racing, Pourchaire reste dans l’ombre de Peugeot. « Je vais assister à plusieurs meetings, peut-être pas dans le camion ou le garage Peugeot, mais je prendrai toutes les infos possibles. Si jamais je devais monter dans la voiture, il faut que je sois prêt. L’avantage, c’est que je serai déjà là, en forme physiquement et mentalement. Je suis habitué à ce double rôle, comme j’ai eu l’occasion de le faire lorsque j’étais en F2 et pilote de réserve F1. »
L’expérience accumulée sur la 9X8 lors de trois séances d’essais depuis le Rookie Test WEC à Bahreïn, lui a permis de se familiariser avec les exigences du prototype, même s’il n’est pas prévu, à ce jour, qu’il participe à la Journée Test. « J’ai roulé à Portimão en février, cette semaine à Monza, et on avait fait un test d’endurance au Castellet. Ça m’a permis de rouler fatigué, de nuit, sous la pluie. C’était un test de 40 heures. On découvre un peu tout, et ça, c’est top. On a moins de systèmes dans la voiture en LMP2, moins d’électronique. C’est un peu plus du pilotage pur. Ce sera une longue course et ça va être intéressant. »

Théo Pourchaire roulera sur l’Oreca 07 n°25 aux côtés de Matthias Kaiser et Lorenzo Fluxa © MPS Agency
Pour le natif de Grasse, Le Mans est bien plus qu’une simple étape. « Gagner Le Mans, ça peut nous rendre heureux jusqu’à la fin de l’année, ça peut sauver notre saison même si on réalise de mauvais résultats par la suite en ELMS.
C’est une course à domicile. J’y suis allé plusieurs fois en tant que spectateur. Mais la vivre en tant que pilote, ce sera un niveau au-dessus. C’est une course incroyable, qui fait partie de la triple couronne. Je me projette déjà un peu, mais pas encore à 100 %. »
Des passerelles vers l’avenir
Soutenu depuis peu par Simon Pagenaud, en complément de son manager historique Julien Abelli, Pourchaire construit aussi une trajectoire au-delà de l’Europe. « Julien m’a permis d’avoir l’opportunité avec Peugeot et le groupe Stellantis. Simon, de son côté, m’est très utile. C’est comme un grand frère. Il a vécu beaucoup d’expériences : l’endurance avec Peugeot, l’IndyCar et notamment la victoire aux 500 miles d’Indianapolis en 2019. Il peut me guider, m’aider, et me mettre en relation aux États-Unis. »
Le jeune pilote ne cache pas son intérêt pour l’autre côté de l’Atlantique. « J’aimerais bien faire les 24 Heures de Daytona. L’IMSA est un très beau championnat. L’IndyCar aussi, j’ai beaucoup apprécié. Ma première fois en IndyCar avec McLaren en 2024, c’était inattendu. Je suis arrivé à Long Beach avec zéro journée d’essais. C’était une superbe expérience, mais loin d’être simple. »

© Penske Entertainment: Joe Skibinski
Il en garde un souvenir fort, mais lucide : « Ce sont deux mondes différents, le sport auto européen et américain. Que ce soit l’IMSA ou l’IndyCar, ce sont des championnats de très haut niveau. Je n’étais pas nécessairement connu aux États-Unis. Là, avec Simon, je pourrais arriver plus crédible. »
Peugeot, Stellantis et une saison charnière
Pour l’heure, c’est son engagement avec Stellantis qui structure l’avenir. « L’objectif, c’est d’avoir un maximum d’opportunités sur la table et de voir ce qui est le mieux. Mon souhait est de continuer la relation avec Stellantis. Être pilote titulaire, ce serait l’idéal. »
Il entrevoit déjà un double programme séduisant : « J’ai aussi l’opportunité de faire des essais avec DS Performance en Formule E, et j’ai eu un peu de roulage avec Maserati. Je trouve que le double programme Formule E / Hypercar serait très intéressant. Il y a pas mal de pilotes qui le font, ce sont deux championnats du monde, et ils apprécient beaucoup ce format.
Pour l’instant, je suis dans le moment présent. Le Mans, c’est très scruté. Une grosse performance, on se fait remarquer directement. Peugeot connaît mon potentiel, mais ils veulent aussi que je me développe comme pilote d’endurance et que j’apprenne un maximum. »

© Nico Deumille
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