| 14 avril 2024 | par

Stéphane Richelmi de retour en LMP2 après cinq ans d’absence : « Ça me manquait de rouler en compétition »

Stéphane Richelmi est de retour en Endurance et en LMP2. Le Monégasque roule au sein de Vector Sport sur l’Oreca 07 n°10 en compagnie de Ryan Cullen et de Felipe Drugovich. Endurance24 est allé à la rencontre du champion du monde WEC 2016 et vainqueur des 24 Heures du Mans en LMP2 la même année…

Depuis combien de temps n’aviez-vous plus roulé en LMP2 ?

« En course, depuis Les 24 Heures du Mans 2019 avec Jackie DC Racing. Après, j’ai eu la chance de faire un test avec Team Virage en novembre, mais uniquement 15 tours. Ça m’a remis un peu dans le bain parce que je suis dans le programme H24 depuis 2021, mais ce n’est pas du tout la même physionomie. C’est plus une opération de communication et du développement de la voiture. Cette année, il y a plus de développement vu qu’ils auront la nouvelle voiture en 2025. Ça me manquait de rouler en compétition, je tenais à revenir, mais pas dans n’importe quelle condition : avec un bon team pour se battre devant. »

Pourquoi l’ELMS ? Est-ce un championnat qui vous attire ? Vous vouliez peut-être aussi ne faire que du LMP2 donc comme elles ne sont plus acceptées en WEC…

« Je voulais refaire du LMP2, c’est ce que je préfère. Avec le peu de roulage que j’ai, je savais que partir sur du GT où je n’ai jamais tellement roulé, ça aurait été compliqué. Le LMP2, avec mon expérience de monoplace (Formule Renault 3.5 et trois saisons en GP2, ndlr), je n’ai jamais perdu cette conduite là même si les premiers essais ont été compliqués. Le LMP2 était donc le choix le plus logique et le plus facile pour revenir. »

Le Mans 2019 © MPS Agency

Comment se sont noués les contacts ? Connaissiez-vous les gens de Vector Sport ?

« Je connais le team manager, Gary Holland, qui a travaillé chez Jota. Après, je suis très pote avec Gabriel Aubry qui a roulé pour eux l’année dernière. J’ai appelé Bastien Ostian (manager de pilotes) que j’ai connu à l’époque. Il a un peu pris des contacts et c’est comme ça que j’ai eu l’opportunité de rouler avec Team Virage. En même temps, je connaissais Gary, je connaissais Gabi, ils cherchaient un pilote. Ca a été assez naturel de se tourner vers eux, et même si on a encore eu d’autres opportunités, Vector a été le choix le plus logique. »

On vous imagine ravi de repiloter des autos comme les LMP2 qui plus est avec le retour de la pleine puissance…

« Oui, la LMP2 actuelle est celle que j’ai connue à l’époque, assez proche en perfo d’une GP2. Elle a de très bonnes performances et cela m’a aussi convaincu de revenir en me disant que j’allais conduire une voiture qui me donnait la chance de prendre du plaisir, pouvoir attaquer, me régaler, c’est quand même important. Je ne m’attendais pas, par contre, que le championnat soit aussi relevé, mais d’un autre côté, on s’est bien préparé, on a fait six jours de test en tout, c’est quand même pas mal. Au début, ce n’était pas facile, je ne vais pas le cacher. Physiquement, ca allait, juste que ce sont des muscles que je n’avais plus l’habitude de faire fonctionner comme le cou, le fait de prendre des G. La Mission H24 que je pilote va quand même beaucoup moins vite, donc je n’étais pas dans la même physionomie de conduite.

Une fois arrivé ici, c’était déjà plus facile, naturel

Les sensations sont vite revenues, mais les premiers tours, ça fait très bizarre. On se demande comment ça peut tenir autant. Peu à peu, on en remet, on sait qu’il y a de l’aéro, ça tient. Les deux premiers jours au Paul Ricard, j’ai un petit peu subi. Je n’étais pas loin, mais quand je sortais de la voiture, j’étais fatigué, en sueur, je devais me donner beaucoup plus, sur-attaquer, pour arriver à mon niveau d’avant. Cependant, une fois arrivé ici, c’était déjà plus facile, naturel. Maintenant, quand je remonte dans la voiture, en plus avec six jours de test, c’est revenu au naturel. Je ne vais pas dire que c’est facile, mais ça me rappelle comment j’étais avant.

Les double relais, j’en ai fait en test, ce n’est pas facile physiquement parce que ça se perd quand même même si je suis sportif et que je m’entraine à côté. Il n’y a rien qui remplace le pilotage parce que c’est mental, le fait d’éviter le trafic, passer où il faut, la chaleur, les sensations. Il faut sortir de sa zone de confort et il n’y a que le pilotage et l’expérience de course qui permettent d’améliorer ça, de se remémorer tous ces automatismes. »

De plus, vous allez refaire les 24 Heures du Mans…

« Ce n’était pas tellement la priorité numéro une pour être honnête. Je voulais rouler à nouveau. Cela commençait par l’ELMS, s’il y avait le Mans, évidemment, c’était un plus. C’est ce qu’il se passe. Maintenant, il reste deux courses, mais il y a quand même encore pas mal d’essais prévus. À nous de bien bosser, mais le team est motivé et bosse fort. Il n’y a pas de raison. »

Avec votre équipage, vous êtes vous fixé des objectifs pour l’ELMS ?

 » Evidemment, on a l’envie de gagner. Je pense à Gabi (Aubry), c’est malheureux qu’il ne soit pas là, mais avoir avec quelqu’un comme Felipe (Drugovich) qui sort d’un titre de F2 (en 2022), l’antichambre de la F1, est un plus. Quand il vient rouler, ce n’est pas pour faire de la figuration. Ryan, ça fait longtemps qu’il roule en LMP2, c’est un super Silver. J’ai appris à bosser avec le team, ils ont des attitudes de gagnant, ils ont eu des années assez compliquées, mais il y a quand même eu tout le temps de la perfo. On ne s’est pas fixé d’objectif parce qu’on a chacun une histoire différente, aucun de nous ne joue pas sa carrière cette année, mais on a tout sur le papier pour être devant. On est des compétiteurs, donc c’est sûr que 14e après la qualif d’hier, c’est un peu dur à digérer. »

MPS Agency

Vous découvrez Felipe Drugovich. Comment cela se passe avec lui ?

« C’était intéressant et important d’avoir ces essais pour apprendre à connaître le team, à travailler avec de nouveaux équipiers. Certes, Felipe découvre l’endurance, mais il est champion de F2, fait des essais avec Aston Martin en Formule 1, a une manière de penser qui est déjà très haut niveau, avec des débriefs à la pointe. Après, l’endurance, c’est quoi ? Gérer le trafic, être calme quand on a du trafic, toutes ces petites choses qu’il apprend, mais je n’ai aucun doute là-dessus. Quand je suis arrivé en endurance, il y a eu des choses compliquées à appréhender, mais cela s’est fait assez naturellement. Surtout pour quelqu’un comme lui qui a son niveau et cette mentalité de champion. Je ne me fais pas de souci. »

Une question hors ELMS. Quel effet cela fait de passer le péage de Saint-Arnoult (autoroute A11) en prototype hydrogéne H24 ?

« Le plus drôle, c’est que je n’ai jamais roulé aussi doucement sur l’autoroute parce qu’on était à 90 km/h. C’était rigolo. Avec la H24, on n’a pas fait de compétition comme j’ai pu le connaître. On a fait des opérations sympas et celle-ci en fait partie parce que rouler sur l’autoroute dans une caisse de course, c’est sympa., on m’a regardé qu’il y a un extraterrestre. Je ne vais pas le faire tous les jours, ça fait de la pub, ça fait parler, ça fait le buzz. C’était ce qu’il fallait. Le but est de montrer que tout ce programme d’endurance fonctionne parce que, quand on est sur le circuit, on s’est confronté aux autres. Là c’était pour dire, oui la voiture de course est capable de prendre la route… »

Vinci Autoroutes

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