| 6 juin 2023 | par

Simon Pagenaud : « Daytona, Indianapolis et Le Mans la même année ! »

© Nico Deumille

Douze ans après sa dernière participation avec Peugeot, Simon Pagenaud fait son grand retour aux 24 Heures du Mans. Le pilote tricolore qui n’a jamais caché son envie de revenir dans la Sarthe ces dernières années, est le troisième homme de l’équipage de l’Oreca 07 LMP2 n°47 de COOL Racing, aux cotés des jeunes pilotes Reshad de Gerus et Vladislav Lomko.

Absent pour la Journée Test ce dimanche 4 juin compte tenu de la course d’IndyCar qui se tenait à Detroit, aux Etats-Unis, Simon Pagenaud a sauté dans le premier avion pour Paris, puis a ensuite grimpé dans un TGV pour finalement arriver au Mans sur le coup de 15h. « Je ne me sens même pas fatigué parce que je crois que l’adrénaline d’être présent au Mans est forte, » nous a confié le Français, ce lundi. « Ça me procure déjà un plaisir énorme de passer la porte d’entrée, d’arriver au Mans, de retrouver un endroit qui m’a marqué dans ma carrière. J’ai été lauréat du volant ELF ici et sans l’ACO et le volant ELF, je n’aurais pas eu cette carrière. Donc, ça a démarré pour moi ici et c’est clair que je rêve de remporter les 24 Heures du Mans un jour. Comme beaucoup de pilotes ici d’ailleurs et comme beaucoup de gens dans le monde entier, mais je suis ravi d’être là pour le centenaire. Ça va être une fête extraordinaire. »

Simon Pagenaud :

Son arrivée chez COOL Racing, l’écurie de Nicolas Lapierre, n’est clairement pas un concours de circonstance. « C’est rigolo parce qu’en fait, Nico et moi, on se connaît depuis qu’on a débuté en course auto. Je me rappelle, il était en Formule Renault et au Grand Prix Racing. Moi je suis arrivé au Grand Prix Racing juste après. Et puis, il a fait la Formule 3 avec Philippe Sinault et Signature. Donc, on s’est toujours un peu suivis et puis on s’est toujours vu sur les circuits depuis le plus jeune âge. Et j’ai énormément de respect pour Nico parce que c’est quelqu’un de très calme, quelqu’un de très posé, quelqu’un qui ne fait pas de bruit, mais qui travaille dur dans les coulisses. Quand j’ai appris qu’il montait son écurie, c’est vrai que c’était quelque chose qui m’a beaucoup intéressé. Et puis, j’ai été voir Nico, j’ai dit « Écoute Nico, j’essaye de revenir au Mans, si jamais tu as une place, je suis là. » On en a parlé le lendemain et les choses étaient faites. »

Le Circuit des 24 Heures du Mans, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Simon Pagenaud va cependant devoir rattraper son absence dimanche lors des essais libres, mercredi, pour reprendre ses marques au volant de la LMP2. « Je me suis beaucoup entraîné sur le simulateur. J’ai passé beaucoup d’heures à rouler dans la LMP2 sur le simulateur et le circuit du Mans est extraordinairement bien recréé, ce qui m’a beaucoup, beaucoup aidé pour pouvoir garder la mémoire musculaire de chaque virage et du rythme de la piste. Bien sûr, ce n’est pas tout, il faut être en piste et j’ai hâte d’être dans la voiture. »

Simon Pagenaud :

© Nico Deumille

Qui plus est ici, au Mans… « C’est un de mes circuits préférés. On a une sensation de nuit qui est juste extraordinaire et c’est des sensations que j’ai hâte de retrouver, mais oui, il va falloir que je m’adapte, ça c’est clair. La position de conduite est différente de mon IndyCar. Elle est pas très différente de la GTP que j’ai conduite avec Acura à Daytona. Et puis le châssis est assez commun puisque c’est le même châssis que l’Acura des dernières années DPi. Donc, on va voir. Évidemment, il vafalloir s’habituer à la puissance, aux freins, à l’aérodynamisme de la voiture. Mais j’ai des petits coéquipiers très rapides qui vont déjà donner beaucoup de conseils et je pense qu’il n’y aura pas de problème. »

Pour un compétiteur dans l’âme, le plaisir de revenir au Mans s’accompagne évidemment de l’envie de gagner, même si le niveau de compétition sera plus relevé que jamais en LMP2. « Bien sûr. L’année dernière c’était la deuxième voiture la plus rapide. Maintenant, ce n’est pas pour autant la voiture la plus rapide qui a gagné. Ça veut dire qu’évidemment, les 24 Heures du Mans, c’est une course d’endurance. Il faut avoir tous les petits détails mis les uns avec les autres et c’est ce qu’il va falloir faire. Il y a beaucoup de travail. Il y a la vitesse, c’est déjà ça, mais il va falloir travailler tout le reste. Dieu sait qu’il y a beaucoup de travail à faire et beaucoup de choses qui doivent rentrer en ligne de compte pour nous. »

© MPS Agency

Même si son retour au Mans se fait au volant d’une LMP2, ne vous y trompez pas, l’ambition de Simon Pagenaud est bel et bien d’être en lice dans la catégorie reine, en 2024. « C’est clair que si je suis là, ce n’est pas par hasard. J’ai un objectif qui est clair et je l’ai annoncé, c’est de revenir au Mans dans de bonnes conditions pour espérer me battre pour la victoire un jour. Ça veut dire catégorie reine et ça veut dire d’être avec le bon constructeur. On verra qui ce sera et s’il y a une opportunité, mais c’est la raison pour laquelle je suis là, c’est de rappeler que je viens de gagner les 24 Heures de Daytona deux années de suite et qu’en endurance, ça marche bien et que c’est un des objectifs de ma carrière. »

Impossible de conclure cette interview sans évoquer les 500 Miles d’Indianapolis dont il a été le lauréat en 2019 et qu’il a disputé une fois de plus il y a deux semaines. « Ce que je retiens, c’est que cette année, c’est une grosse année pour moi puisque j’ai eu la chance de faire les 24 Heures de Daytona, qu’on a remporté. Aux 500 Miles d’Indianapolis, on était dans le top 10 jusqu’au dernier tour et malheureusement, on s’est fait percuter sous drapeau jaune. C’est comme ça. Ça aurait été chouette de finir dans le top 10, puis aller à Détroit le week-end dernier et puis enfin Le Mans. Mais pour moi, ce qui est extraordinaire, c’est de faire ces trois grandes courses du sport automobile dans la même saison. Je vais essayer de le refaire le plus souvent possible, puisque le principal dans la vie, c’est être heureux et ça me rend heureux d’être ici. C’est un marathon, quelque chose auquel il a fallu travailler en préparation physique, au niveau du sommeil, de l’hydratation, etc. C’est quelque chose auquel j’ai porté beaucoup d’attention. J’ai perdu un peu de poids pour la course ici, puisque le poids des pilotes compte. Voilà, c’est une préparation qui a commencé depuis le mois de janvier. »

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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