Sébastien Bourdais revient sur ses terres sarthoises pour disputer ses 15e 24 Heures du Mans dans les prochains jours.
Cette année, après quatre éditions en GT, le Manceau prendra part à la classique mancelle au volant de l’Oreca 07 n°10 de Vector Sport, aux côtés de Nico Müller et Ryan Cullen. La dernière fois qu’il avait pris le départ d’une édition des 24 Heures au volant d’un prototype, c’était chez Pescarolo.

© 2022 Michael L. Levitt / LAT Images
L’enfant du pays a été contraint de manquer le pesage place de la République, vendredi dernier. Et pour cause, Sébastien Bourdais était en lice outre-Atlantique, à Détroit, pour la manche d’IMSA WeatherTech SportsCar Championship avec Cadillac, qu’il a remportée haut la main avec Renger van der Zande.
Avec une quatrième pole et une deuxième victoire, c’était un week-end parfait ?
« On a quand même plié un paquet de demi-train » plaisante le Manceau lorsqu’il évoque sa performance. « Il fallait attaquer très fort ce week-end, car nous avions 40 kg de plus que l’Acura. C’est tellement difficile, voire impossible de doubler à Détroit, qu’il fallait faire LE tour en qualifs pour partir devant. J’avais fait un tour en 1:19.017 et je savais que ça allait être limite. Je suis alors reparti pour un tour, je me suis envolé sur des bosses et j’ai touché le mur. Heureusement qu’elle est solide cette Cadillac ! Finalement, j’ai pu améliorer la référence à la fin sur une piste qui s’améliorait tour après tour. Il y avait toujours quelque chose pour nous sortir du jeu lors des premières courses et cela nous a enfin souri à Long Beach et à Détroit. C’était d’autant mieux à Détroit, à domicile pour General Motors et Cadillac. »
Racontez-nous votre périple jusqu’au Mans ?
« Tristan (Vautier) a réussi à prendre le vol de 18h en se précipitant une fois la course terminée. Avec la victoire, ce n’était pas possible pour nous de faire pareil, mais avec le vol de 21h10, on a eu le temps de célébrer le podium, de sauter dans la fontaine etc. Cela nous a fait arriver à 11h à Paris, et puis le temps de rejoindre Le Mans, s’arrêter manger un bout sur la route, nous sommes arrivés peu avant 15h. Il restait 1h30 d’essais quand je suis monté dans la voiture. Le but était que tout le monde ait une lecture de la voiture afin de savoir sur quoi travailler avec la voiture. Objectif accompli de ce côté-là. Je n’avais dormi que 4h dans l’avion. Ça se fait, même si ce n’est pas idéal. »

Quel est votre ressenti avec la voiture après 16 tours bouclés dimanche ?
« On a du pain sur la planche. La voiture a une fenêtre opérationnelle hyper fine depuis le changement de règlement. Il faut vraiment travailler sur le setup de la voiture. C’était difficile pour l’équipe à Sebring, un peu moins compliqué à Spa, mais ici, hier, nous n’avons pas fait de relais avec moins de carburant, mais sur les théoriques, nous ne sommes pas dans le coup. Nous devons trouver de la perfo. Nous avons deux ingénieurs intelligents. Il faut espérer qu’ils trouvent la solution. C’est une voiture qui est devenue compliqué à régler. »
Cadillac dévoila son Hypercar LMDh jeudi. Avez-vous déjà pu la voir ?
« Oui, j’ai vu les premières photos ce week-end. Cela va être une belle auto. Cette catégorie qui se profile, avec une vingtaine de voitures et une dizaine de marques pour jouer la gagne, ça fait plaisir. C’est top d’en faire partie. Arrivé à 43 ans, j’ai commencé à me poser la question de savoir si une opportunité allait se présenter de revenir pouvoir jouer la gagne au Mans. Arriver dans ces conditions-là, c’est inespéré. »
Vous faites partie intégrante du projet Cadillac LMDh. Quelle sera la suite, après la présentation jeudi ?
« La voiture va rouler très prochainement, après Le Mans justement. Elle est quasiment finalisée. Faire en sorte que le châssis, le moteur et l’hybride fonctionnent bien ensemble, cela va être rock ‘n’ roll. Nous devrons faire en sorte d’être prêts pour les 24 Heures de Daytona, en janvier prochain. Quand tu attaques des nouveaux programmes, avec ce niveau de complexité, pour débuter sur une course de 24 heures, il faut que tout soit sous contrôle même si, on le sait, tu es exposé [aux problèmes] la première année. Espérons que la base sera saine. Dallara a en tout cas vraiment beaucoup travaillé et je pense qu’on devrait avoir une belle plateforme pour commencer. »
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