La désillusion est immense dans le clan Cadillac Hertz Team JOTA. Longtemps candidate à la victoire dans cette 94e édition des 24 Heures du Mans, la Cadillac V-Series.R n°38 de Sébastien Bourdais, Earl Bamber et Jack Aitken a officiellement abandonné peu après 8 heures du matin.
Les premiers signes de faiblesse étaient apparus entre 5 heures et 6 heures, alors que la voiture occupait encore les premières positions après avoir mené une partie de la course. Victime d’un problème de direction assistée qui n’a pu être résolu, la n°38 a finalement dû renoncer. Un coup dur pour un équipage qui semblait disposer de l’une des voitures les plus compétitives du plateau.
Pour Sébastien Bourdais, 47 ans, cette nouvelle déconvenue au Mans a une saveur particulièrement amère. Le Manceau, qui court toujours après une première victoire au classement général sur ses terres, ne cachait pas son émotion au moment d’évoquer cette occasion envolée. Il s’est confié ce dimanche midi…
Cette édition 2026 semblait représenter une opportunité particulière pour vous…
« On avait évidemment une voiture incroyable. Elle s’est battue aux avant-postes pendant toute la course. Mes équipiers ont fait un travail remarquable, l’équipe aussi. On a exécuté exactement ce qu’il fallait faire et on s’est donné une chance. Et au Mans, c’est tout ce qu’on peut demander.
Pour être honnête, vers 2020, j’avais quasiment abandonné l’idée d’avoir un jour à nouveau une opportunité comme celle-ci. Et cette année, elle était là. Cette course a toujours une façon bien à elle de remettre tout le monde à sa place. Et puis, pour une pièce qui vaut probablement deux dollars, tout s’arrête brutalement. Oui, c’est un énorme coup dur. J’ai 47 ans, je ne vais pas avoir beaucoup d’autres occasions comme celle-là.
Mais c’est la course. Michael Andretti est allé quoi, vingt fois aux 500 Miles d’Indianapolis sans jamais les gagner. Certaines courses décident simplement de tourner le dos à certains pilotes et de sourire à d’autres. Dans une carrière, on perd beaucoup plus souvent qu’on ne gagne. Cela ne fait pas de vous un meilleur ou un moins bon pilote. Cela fait simplement partie du parcours. Mais parfois, c’est incroyablement cruel. »

© MPS Agency
Aviez-vous commencé à croire que cette année pouvait être la bonne ?
« J’ai essayé de retirer le plus possible l’émotion de l’équation et de simplement faire mon travail. Je pense avoir réalisé un relais solide, comme mes équipiers. À partir du moment où les dieux de la course décident que ce n’est pas votre jour, ce n’est pas votre jour. Nous n’avons pas mis la voiture dans le mur. Nous n’avons commis aucune erreur. C’est juste une panne stupide qui réduit à néant les efforts de tout le monde. »
Que ressentez-vous lorsque vous comprenez immédiatement que tout est terminé ?
« Quand la direction assistée a lâché, j’étais déjà passé devant l’entrée des stands. Je savais que j’allais devoir faire un tour complet pour revenir. Je perdais du temps à chaque virage et j’essayais surtout de ne pas sortir de la piste. Sans direction assistée, le volant devient simplement une barre métallique. C’est très physique. Et au Mans, tu sais très bien qu’à partir du moment où tu rentres au garage et que tu n’en ressors pas immédiatement, la course est terminée. »
Malgré l’abandon, cette semaine valide-t-elle le travail effectué sur la Cadillac V-Series.R ?
« Dès le départ, nous savions que nous serions compétitifs. Nous ne savions simplement pas à quel point les autres le seraient. Pour nous, c’est une validation de tous les efforts consentis et de toutes les orientations prises avec le kit Evo. J’ai le sentiment que nous avons progressé davantage que la plupart de nos concurrents. C’est un immense compliment pour le groupe de développement et pour toute l’équipe technique, parce qu’ils ont vu juste. C’était suffisamment compétitif pour jouer la victoire aujourd’hui. L’équipe nous a vraiment donné l’outil pour nous battre. »
![[ENDURANCE24]LOGO_2021_RVB-3](http://endurance.pulsdev.fr/wp-content/uploads/2021/11/ENDURANCE24LOGO_2021_RVB-3.png)





