Sébastien Bourdais : « Ne pas se retrouver trop désiré, c’est un peu nouveau »

Alors que le WEC entame sa dernière ligne droite dès ce week-end à Fuji, Sébastien Bourdais n’affiche guère d’optimisme pour la suite. Le Manceau ne sera pas reconduit par Cadillac pour 2027 et le marché des pilotes, pour l’instant, ne lui a rien offert de concret. Interrogé par Endurance24 dans le paddock japonais, il livre, avec sa sincérité habituelle, son état d’esprit face à cette situation inédite.

Sans détour, sans chercher à enjoliver les choses, le pilote de 47 ans, au volant de la Cadillac V-Series.R n°38, résume d’abord ce moment de sa carrière en quelques mots qu’il ne vit « pas très bien. Ce n’est jamais très agréable. Ça fait partie du jeu de ne pas se retrouver trop désiré, c’est un peu nouveau. Ça discute, mais il n’y a rien de concret pour l’instant, aucune offre sur la table. On verra bien. Ce qu’on peut faire, c’est faire le meilleur travail possible sur la piste et se mettre en avant. »

Bien qu’inédite, cette situation avait toutefois déjà été redoutée, comme il nous l’avait confié en 2025, lors de la manche d’ouverture du FIA WEC au Qatar : « Ça commence forcément à devenir un plus grand point d’interrogation. On ne me propose peut-être plus quatre ans de contrat, mais l’opportunité est venue, tant mieux. Et puis, il faut avant tout conforter les personnes qui m’ont fait confiance dans leur choix, c’est tout. On accorde probablement moins de crédit aux vétérans qu’aux jeunes, et c’est normal, c’est comme ça. »

© Courtesy of IMSA

Petit Le Mans, une carte à jouer outre-Atlantique

C’est dans ce contexte que s’inscrit son engagement pour Petit Le Mans, l’épreuve finale de l’IMSA WeatherTech SportsCar Championship, au volant d’une Corvette GTD Pro chez DragonSpeed. L’occasion de se montrer sous un autre maillot est née d’un simple appel : « Anthony (Megevand), qui était chez Oreca et qui manage l’équipe maintenant, m’a appelé et m’a dit : « Est-ce que tu es intéressé ? » C’est leur dernière course pour l’instant en IMSA, et ils ont décidé d’engager la voiture en GTD Pro. Je n’ai jamais roulé en GT3. Comme ça fait partie des opportunités, des possibilités pour l’année prochaine, si quelque chose se débloque, mieux vaut avoir un peu d’expérience plutôt que d’être complètement vert dans le peloton. La dernière fois que j’ai roulé en GT, c’était la Ferrari au Mans en 2020, ça commence à dater un peu. »

Avant de se tourner vers Road Atlanta, où se disputera Petit Le Mans dans quelques jours, Bourdais reste concentré sur l’échéance immédiate à Fuji : « C’est plus compliqué que ce qu’on voudrait que ce soit. Il y en a qui sont sérieusement solides : sur les longs relais, hier, la BMW était clairement sur une autre planète, on se demande presque s’ils n’avaient pas retiré du lest. L’Alpine a été très forte tout le week-end. Toyota, ça a été plus discret, mais je ne serais pas étonné qu’ils redeviennent très rapides en course, comme souvent. La Genesis commence aussi à aller très vite. Et l’Aston reste toujours aussi rapide en ligne droite. Il y a du monde devant qui va vite, ça ne va pas être évident. »

© Fabrizio Boldoni / DPPI

Le Français n’élude pas non plus le sujet des occasions manquées, lui dont l’équipage de la n°38, mais aussi la voiture sœur n°12, se sont retrouvés à plusieurs reprises en position de force cette saison sans toujours la convertir en victoire : « Quand tu finis deuxième (à Austin), ce n’est pas non plus une occasion trop manquée. C’est sûr que c’est toujours sympa de gagner une course, mais ça se joue à pas grand-chose. Le VSC la dernière fois nous a vraiment fait mal : on avait sauvé notre arrêt « Splash », et ça nous a mis dans le rouge au niveau des pneus. Ça regroupe tout le peloton derrière nous, donc sans ce deuxième VSC, ce n’est pas du tout la même course. Mais bon, globalement, quand tu commences à te plaindre de finir deuxième, c’est que ça ne se passe pas trop mal. »

Sébastien Bourdais et ses coéquipiers Earl Bamber et Jack Aitken s’élanceront de la septième place sur la grille de départ des 6 Heures de Fuji, ce dimanche.

Florian Defet

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club