L’enfant du pays Sébastien Bourdais est de retour au Mans dans la catégorie reine de l’Endurance, plus de dix ans après sa participation avec Pescarolo. Le manceau de 44 ans va disputer le Centenaire des 24 Heures du Mans pour le compte du constructeur américain Cadillac, sur l’une des trois V-Series.R alignées en Sarthe.
Engagé sur la totalité du championnat nord-américain en IMSA sur la Cadillac n°01, Sébastien Bourdais a disputé les 6 Heures de Spa (WEC) sur la n°3, parée de jaune en guise de préparation. La course s’est arrêtée prématurément pour l’équipage complété par Scott Dixon et Renger van der Zande, lorsque ce dernier a perdu le contrôle de sa machine dans le Raidillon.

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A l’occasion du Centenaire, Sébastien Bourdais est donc l’un des pilotes incontournables qui possède naturellement un grand capital sympathie à domicile. Il s’est confié à Endurance24 à quelques jours de la Journée Test.
Dans quel état d’esprit êtes-vous en arrivant au Mans ?
« Depuis qu’on a été confirmé sur la liste des engagés, c’est l’objectif de l’année. On a un programme qui est jeune, comme la majorité des programmes qui arrivent pour se confronter à Toyota, mais tout le monde a l’ambition, forcément, de donner le meilleur d’eux-mêmes et de se battre si possible pour la victoire. Nous ne sommes pas différents des autres. »
Avec 15 participations à votre actif, vous entretenez une belle histoire avec la classique mancelle. On imagine que cela vous fait du bien de voir la catégorie reine se porter aussi bien ?
« Oui, on savait que ça allait être ce nouveau l’âge d’or de l’Endurance quand cet accord a été signé entre l’IMSA, la FIA, l’ACO et le WEC et lorsque qu’on a vu cette plateforme commune se dessiner. On savait qu’on connaissait le nombre de constructeurs engagés et donc on savait qu’on se retrouverait avec un minimum de voitures par constructeur. Le calcul était assez vite fait. C’est vrai que cette année, c’est encore quelque part une année de transition et c’est déjà exceptionnel avec 16 voitures pour la gagne. Ce sera bien au-delà des 20 voitures l’année prochaine. Je dirais qu’on a déjà vu autant de voitures pour la gagne, mais avec autant de constructeurs et des programmes réellement capables de s’imposer, je ne crois pas qu’il y ait de précédent. C’est fantastique de faire partie de cette aventure. On voit une page de l’histoire s’écrire et c’est super d’en faire partie. »

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Les débuts de Cadillac en GTP/Hypercar sont bons, notamment outre-Atlantique avec deux victoires. Qu’attendez-vous ici, quels sont les objectifs ?
« Je dirais que chaque événement est spécifique. On a une voiture qui a des qualités, qui a ses points faibles, comme tout le monde. Jusqu’à ce que la journée test soit passée, c’est difficile d’être réellement certain de savoir où on se situe. Je dirais que ma seule petite crainte, c’est que jusqu’à présent, on a toujours manqué un tout petit peu de vitesse de pointe. C’est vrai qu’au Mans, ce n’est pas forcément la caractéristique super rassurante, mais c’est une course qui est tellement imprévisible et il peut se passer tellement de choses que je pense qu’il faut, pour l’instant, on s’est préparés le plus possible. On a fait beaucoup de séances sur simulateur, on a essayé de faire beaucoup de corrélation, afin d’essayer d’arriver avec la meilleure base possible. Et puis on va voir ce qu’on aura besoin d’affiner au niveau set up. On verra ensuite qui a le plus de potentiel, en espérant que ça débouche sur quelque chose. »
En termes de fiabilité, la voiture a prouvé qu’elle était capable de tenir 24 heures à Daytona. Des ajustements ont-ils été réalisés sur la voiture et sur quels aspects avez-vous travaillé avant Le Mans ?
« Oui, il y a des évolutions forcément qui arrivent au fur et à mesure. Tu identifies des petits problèmes, tu essaies d’y apporter des solutions et il y a beaucoup de monde qui travaille. Il y a l’intégration de ce système hybride, comment tu fais en sorte que ce soit le plus prévisible possible, qu’il y ait le moins de surprises et puis d’optimiser le tout. Donc oui, il y a un travail très conséquent. Il y a eu une nouvelle séance de validation à Portimao il y a quelques semaines maintenant, qui a été faite juste avant Laguna Seca. Il y a eu pas mal de kilomètres de faits en espérant justement maximiser nos chances d’avoir une épreuve sans accroc. Parce qu’au bout du compte, au Mans, comme on le sait, la façon dont la course se déroule, ce n’est pas comme aux États-Unis. Si tu as le moindre problème, il y a de fortes chances de voir tes espoirs de victoire s’envoler. Il faut vraiment être le plus fiable possible, mais même pas juste d’un point de vue de la fiabilité. Il faut faire la course parfaite. C’est sûr que quand on a un programme relativement jeune comme ça, de faire la course parfaite au Mans, ce n’est pas évident. On espère pouvoir s’en rapprocher le plus possible. »
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